la Musique Polonaise

Bien sûr, il y a lui, le génie de la musique, le roi du piano ; Chopin bien sûr , – à la fois si polonais et si universel – mais il y a d’autres musiciens de valeur dans la musique polonaise. Sans doute la renommée mondiale – bien méritée – du merveilleux Chopin a-t-elle entraîné un peu d’ombre sur les autres musiciens polonais.

Ne les oublions pas pour autant…

1.Frédéric CHOPIN (1810-1849)

En cette « année Chopin », célèbrant le bi-centenaire de la naissance du compositeur, pourrions-nous ne pas  rappeler brièvement sa vie et son oeuvre ?

Frédéric Chopin est né dans le village de Zelazowa Wola près de Varsovie, d’une mère polonaise et d’un père Français. Son père, Nicolas Chopin, était Lorrain. A cette époque, de jeunes volontaires Français s’engageaient avec enthousiasme aux côtés des Polonais dans les troupes napoléonniennes partant vers la Pologne,  Napoléon ayant promis de faire renaître ce pays dépecé par ses voisins.

C’est donc dans cet esprit que Nicolas Chopin, fils d’un simple charron, s’engage vers 1800, dans les troupes d’indépendance de l’armée napoléonienne et arrive en Pologne. Il y restera beaucoup plus longtemps que prévu car, l’épisode Napoléonien terminé, il vit près de Varsovie en donnant des cours de français. Il y fait la connaissance d’une jeune Polonaise, orpheline d’origine aristocratique, Justyna Krzyzanowska, et l’épouse. Le couple s’installe à Varsovie où Nicolas obtient un poste de directeur d’un lycée-pensionnat. Ils ont plusieurs enfants, trois filles et un fils, Frédéric.

L’entreprise Napoléonienne de création d’un nouvel Etat polonais indépendant, s’étant malheureusement terminée avec la chute de Napoléon, Varsovie rentre sous la férule de la Russie, gouvernée par le Tsar Alexandre 1er et son frère le Grand Duc Constantin.

Voilà dans quel contexte politico-historique naquit et grandit Frédéric Chopin, contexte qui devait marquer extraordinairement son œuvre inspirée par le patriotisme polonais.

Le petit Frédéric, enfant fluet, rêveur et affectueux, montra très tôt son amour pour le piano.

Son père lui fait alors donner des cours par le pianiste Zywny. Tous ceux qui entendaient Frédéric improviser, soit à sa fantaisie, soit sur un thème donné, se demandaient comment un enfant de six ans pouvait tirer ces expressions dramatiques, douloureuses ou joyeuses et composer polonaises, mazurkas et variations.

Après avoir étonné tout le pensionnat que dirigeait son père, le phénomène se répandit dans les salons aristocratiques de Varsovie (chez la comtesse Zamojska, le prince Radziwill) où on pria l’enfant de se produire.

Frédéric aimait aussi revenir dans sa bourgade natale, Zelazowa Wola près de Varsovie, dans le manoir où il était né. Là les habitants faisaient porter le piano sous le marronnier et ils l’écoutaient tous jouer avec ferveur. Il aimait à participer aux fêtes paysannes ; de leurs danses, de leurs chants, il gardera le souvenir retranscrit dans son œuvre en hommage à sa terre natale.

L’EXIL DE CHOPIN

En 1825, le tsar Alexandre mourut. Avec le tsar Nicolas 1er qui lui succèda, c’est une période de tyrannie, de rébellions et de répression qui s’ouvre pour la Pologne. Des régiments polonais, ayant refusé de prêter serment au nouveau tsar, furent tués, et le grand poète romantique Adam Mickiewicz, ardent défenseur de la liberté, fut envoyé en exil. L’agitation de la population devenait difficile à contenir.

Frédéric entre au Conservatoire de Varsovie. C’est le directeur, M. Elsner, qui devient son professeur et, considérant qu’il n’a plus beaucoup à lui apprendre comme pianiste, il se met en devoir de l’initier aux œuvres orchestrales, lyriques, aux opéras, pour ne pas s’en tenir uniquement à la musique de piano. Cependant, la finesse de Chopin, son peu de goût pour la grandiloquence, font qu’il demeure plus inspiré lorsqu’il fait jaillir spontanément du clavier des harmonies mélancoliques ou impétueuses, et toute sa vie, le piano devait rester son plus parfait moyen d’expression.

C’est une jeune soliste qui lui inspire son premier grand amour de jeunesse : Constancja Gladowska
Cependant, de l’avis unanime, il était temps pour Frédéric de se faire connaître à l’étranger pour être consacré. C’est d’abord à Vienne que ses parents l’envoient. Il y donna un concert où il séduisit le public et qui lui ouvrit les portes des salons de l’aristocratie viennoise.
Frédéric rentra à Varsovie, tandis que les journaux de Vienne l’encensaient. A Varsovie, le tsar Nicolas refusait d’inviter aux réceptions officielles ce brillant jeune pianiste, qui avait trop affiché ses sentiments patriotiques. Frédéric comprit que, pour acquérir la célébrité, il devait s’expatrier quelque temps, malgré son amour pour Constancja qui promettait de l’attendre. Il décida de partir pour Paris qui était devenu, plus encore que Vienne, la capitale européenne de la musique.
Il n’est pas encore arrivé à Paris lorsqu’il apprend par les journaux la révolution à Varsovie. Le soulèvement longtemps attendu a éclaté. Des révolutionnaires polonais ont tenté d’assassiner le grand-duc dans son palais. Ses compagnons de voyages dissuadent Frédéric de rentrer en Pologne retrouver sa famille pour laquelle il s’inquiète en lui faisant remarquer que, frêle et maladif comme il est, il sera bien plus utile en se faisant connaître par sa musique qu’en voulant se joindre aux combattants. Il renonce alors à revenir mais, fou de douleur, il compose un chef-d’œuvre, l’étude en do mineur, dite « la Révolution ».
En arrivant à Paris cependant, il ressent un grand réconfort, car il vient de recevoir des nouvelles rassurantes de ses parents et malgré la nouvelle cruelle du mariage de sa bien-aimée Constancja.  Cette ville animée le distrait. La Pologne est à l’honneur dans la France de Louis-Philippe ; les réfugiés, fuyant les bagnes russes, y sont accueillis comme des frères . Et il ne tarde pas à se mêler au groupe des réfugiés, de plus en plus nombreux, des artistes, des aristocrates polonais, comme le prince Czartoryski, qui a émigré sur l’île Saint-louis où il possède l’hôtel Lambert dont il fera le lieu de rencontres des réfugiés de Pologne.

Mais comment se faire un nom dans cette société parisienne qui pullule de talents divers, ce Paris sur lequel règnent les écrivains Victor Hugo, Châteaubriand, Vigny, Lamartine, le peintre Delacroix, les musiciens Berlioz, Meyerbeer et Liszt ?

C’est pourtant dans cette pléiade de génies qu’il va se faire très vite une place. Par un concert donné en 1832 dans la salle Pleyel, où Liszt et Mendelssohn occupaient le premier rang, Chopin, encore inconnu à Paris, fut propulsé parmi les célébrités. Les auditeurs étaient tenus en haleine par la beauté, la poésie de ses œuvres.

Liszt devint un ami fidèle. Chez le prince Czartoryski, Chopin était maintenant une célébrité reconnue.

Il se remet lentement de l’infidélité de Constancja en faisant la connaissance de celle qui devient à son tour chère à son cœur, la comtesse Delphine Potocka, jolie femme délaissée par son mari.

Le succès dépassait toutes les espérances de Chopin. Les aristocrates lui demandent de donner des cours particuliers à leurs enfants.

Chopin devient un dandy distingué. Mais s’il dépense beaucoup pour son élégance, il ne refuse jamais une aide à ses compatriotes dans le besoin.

La comtesse Delphine, bien que souvent délaissée par son mari, ne se résoud pas à le quitter. Aussi ses relations avec Chopin évoluent-elles vers une solide amitié.

D’ailleurs, Frédéric tombe amoureux fou d’une autre personne : la toute jeune Maria Wodzinska qu’il a revu à Dresde. Le refus des parents de Maria, (qui semble-t-il, sont effrayés par l’état de santé précaire de Chopin, phytisique)  malgré la renommée du jeune homme, le désespère. Pour elle, il compose « La valse de l’adieu ». Cet amour impossible le jette dans un état de prostration.

LIAISON AVEC GEORGE SAND

C’est à ce moment qu’intervient Frantz Liszt, devenu l’ami fidèle de Frédéric Chopin, qui s’était installé avec la comtesse d’Agoult tout près de la Chaussée d’Antin, où habitait Chopin. Le couple recevait beaucoup de personnalités en vogue : artistes et écrivains dont le poète  Adam Mickiewicz (qui se démenait pour ameuter les Parisiens sur le sort de la Pologne).

Là, Chopin fait la connaissance de la romancière George Sand. Personnalité peu banale, portant le pantalon et fumant le cigare, elle dérouta Chopin au premier abord. Cependant, George Sand était fort intéressée par Chopin et, lors de leur seconde rencontre,

Mais la tristesse où l’a plongé la rupture de son amour Maria Wodzinska, ne s’apaise pas : « C’est un ange bien triste, ce petit Chopin », remarque George Sand.

Pourtant, c’est cette dernière qui le sortira de son abattement ; il se sent de plus en plus attiré par cette femme hors du commun, dont le caractère est aux antipodes du sien. Cette romancière pleine de talent est exubérante, excentrique et cependant généreuse et bonne mère pour les deux enfants qu’elle a eus de son mariage avec le comte Dudevant dont elle a divorcé. Les deux enfants, Maurice et Solange, se lient d’amitié avec Frédéric.

Voyant l’état de santé précaire de Chopin, George Sand l’entraîne pour un séjour aux Baléares. S’ils arrivent à Majorque par un soleil radieux, le mauvais temps hélas vient gâcher le séjour.

Dans la chartreuse de Valdemosa, où ils sont hébergés, la maladie se trouve aggravée par l’humidité ambiante à mesure qu’arrive l’hiver. Ses idées deviennent morbides : « Ma cellule a la forme d’un grand cercueil », écrit-il à ses amis.  Elle le ramène en France, à Nohant dans son Berry natal.

Il y coule quelques semaines heureuses, mais il se trouve pris dans la  mésentente entre les deux enfants et leur mère, qui se transforme en conflit dévastateur et qui le fâche avec George Sand. Il doit quitter Nohant et regagne Paris.

Il croisera encore quelquefois la romancière dans les salons parisiens qu’ils fréquentent tous deux mais leurs relations ne seront plus jamais comme avant. George Sand faisait maintenant résolument de la politique, prenant parti pour les républicains et les socialistes.

Frédéric Chopin, de son côté, se voit reprocher par le poète Adam Mickiewicz, révolutionnaire engagé dans la cause polonaise, son manque d’action en faveur de leur pays.

Un jour , Mickiewicz lui dit : « Pourquoi ne composez-vous pas des chants de guerre, des hymnes à la liberté, des opéras glorifiant la Pologne » ? A cela, Chopin répondit en jouant la Polonaise en la majeur, écrite pour exprimer, à l’adresse des exilés, la colère, la douleur, les soubresauts héroïques de la patrie martyre, et aussi le charme de ses grandes plaines et de ses bois de bouleaux.

Sa santé déclinait toujours. On le disait pourtant attiré par une riche Ecossaise, Jane Stirling, qui elle-même lui vouait une véritable adoration. Elle comblait le vide laissé par George Sand.

Ses forces l’abandonnaient et pourtant, lorsqu’il apprit en 1848, en même temps que la nouvelle de la révolution parisienne destituant le roi Louis-Philippe, qu’une nouvelle insurrection se préparait en Pologne et que certains amis partaient s’engager dans la Légion Polonaise réunie en Italie par Adam Mickiewicz, Chopin songe encore une fois à y participer.

Mais il est trop tard pour lui. Il ne peut plus quitter son lit, veillé par ses deux amies, Jane Stirling et Delphine Potocka, et rend le dernier soupir, le 16 octobre 1849.

Paris rendit de somptueuses funérailles dans l’église de la Madeleine au génial musicien idole des salons parisiens pendant presque vingt ans.  Son cercueil fut transporté au son de la marche funèbre qu’il avait composée.

Il fut enterré au cimetière du Père-lachaise. Le prince Czartoryski, représentant la Pologne et Meyerbeer, représentant le monde de la musique, menaient le deuil. Ses fidèles amis comme Pleyel et Delacroix étaient présents pour répandre sur le cercueil un peu de terre polonaise emportée de Varsovie avant son départ.

Cependant, selon son vœu, le cœur de Frédéric fut ramené à Varsovie où il repose dans l’église Sainte-Croix, près de la rue où il habitait dans sa jeunesse.
Il nous reste de Chopin cette musique qui a su émouvoir l’humanité aux quatres coins du monde, quelques portraits dont certains réalisés par son ami Eugène Delacroix, et cette description qu’en a faite son autre ami Frantz Liszt : « La finesse et la transparence de son teint séduisaient l’oeil ; ses cheveux blonds étaient soyeux, son nez légèrement recourbé, ses allures distinguées et ses manières marquées de tant d’aristocratie qu’involontairement on le traitait en prince. »

Le peintre Delacroix, qui vouait une amitié sans bornes à Chopin, en parlait ainsi : « Dieu fit descendre la musique sur les « doigts divins » d’un génie. »

Même son de cloche de la bouche de sa grande amie, George Sand : « Le génie de Chopin est le plus profond et le plus plein d’émotions qui ait existé. »

Génie… génie… génie…

2. Michal-Kleofas OGINSKI (1765-1833)

Qui a composé la Polonaise la plus ensorcelante qui soit ?

Vous pensez aussitôt à Chopin bien sûr. Cependant, il y a une Polonaise qui donne au moins autant d’émotion que celles du grand Chopin : C’est la fameuse Polonaise appelée « Adieu à la Patrie », que l’on doit au compositeur Michal-Kleofas OGINSKI.

Oginski (1765-1833), qui a composé 23 Polonaises  ne fut pas uniquement un musicien. Il fut tout autant homme politique.

Né dans une riche famille de magnats, il a étudié le violon dans son enfance.

Devenu diplomate à vingt ans, il fut choisi comme conseiller par le roi de Pologne Stanislas Poniatowski. Cependant, après avoir participé à l’insurrection de Kosciuszko, il a composé pour ses camarades insurgés des marches militaires populaires.

Après le dernier partage de la Pologne, il s’exila et alla sensibiliser Napoléon Bonaparte au sort de son pays. La création par Napoléon du duché de Varsovie en 1807 se révélant sans lendemains, il se raccrocha au prince Adam Czartoryski qui faisait confiance au tsar Alexandre. Cela valut à Oginski un poste politique en Lituanie. Mais, déçu par le tsar, il s’exila en 1815, pour s’installer à Florence où il va rester jusqu’à sa mort. Il y est enterré à la basilique Santa Croce, aux côtés des éminents Italiens tels Dante et Michel-Ange.

Oginski, outre ses marches et Polonaises, a composé un opéra appelé :  « Bonaparte au Caire », dédié à Napoléon. Il a en outre écrit de remarquables mémoires sur les Polonais de la fin du 18ème siècle.

Cet homme aux multiples talents nous a laissé cette œuvre inoubliable «Polonaise Adieu à la Patrie », si remarquable qu’il n’est pas étonnant que Chopin s’inspirera de lui pour ses premières compositions. Il est dommage que son nom soit si oublié en France.

3. Julian Fontana (1810-1869)

Julian FONTANA est né le 31 Juillet 1810 à Cracovie. Son nom reste inséparable de celui de Frédéric Chopin.

Fontana était un compositeur et pianiste en même temps que l’un des plus dévoués amis de Chopin qu’il rencontra aux cours de Jozef Elsner, leur professeur commun. Chopin lui a dédié deux de ses Polonaises dont « la Polonaise militaire ».

Cependant, ce musicien qui fut aussi auteur et traducteur (il a traduit Don Quichotte en langue polonaise et publié un livre d’astronomie) a vécu sans doute un peu trop dans l’ombre du célèbre Chopin pour devenir lui aussi fameux.

Fontana avait quitté Varsovie après l’insurrection de 1831 comme tant d’autres artistes polonais pour venir à Hambourg puis à Paris. Par la suite il eut une vie errante, le menant de France à Cuba puis à New-York. Il a publié un recueil d’œuvres inédites de Chopin, mort vingt années avant lui-même.

L’une des œuvres les plus remarquables de Julian Fontana est la rhapsodie « Alla Polka ».

Beaucoup moins reconnu que son ami Chopin, il finit dans la pauvreté et finit par se suicider à Paris en 1869. Il est enterré au cimetière de Montmartre.

 

 4. Juliusz ZAREBSKI (1854-1885)

Voici un compositeur et pianiste de grand talent qui eut hélas une vie trop courte. Mort à l’âge de 31 ans, il a laissé pourtant de véritables chefs-d’œuvre.

Il apprit le piano dans son enfance avec sa mère puis compléta son éducation musicale par des études de composition à Vienne. Il en ressortit bientôt avec deux médailles d’or. Il partit alors à Rome où il resta jusqu’en 1875. A Rome il étudia le piano avec Franz Liszt, avec lequel il se lia d’amitié. Le pianiste hongrois l’associa à ses concerts et le fit connaître au public. Il orchestra notamment ses « Danses Galiciennes » en 1881.

La musique de Zarebski évoque celles de Liszt et de Chopin.

Il composa des œuvres s’inspirant des poèmes d’Adam Mickiewicz.

Sa carrière de virtuose commença en 1874 par de multiples concerts à Kiev, Rome, Constantinople, Varsovie, Paris, Londres, tous couronnés de succès. Mais, atteint de tuberculose, il dut interrompre cette carrière de virtuose.

Il s’installa alors à Bruxelles, où il devint professeur au Conservatoire Royal en 1880, composant presque exclusivement pour le piano.

Sa composition « Les roses et les épines » fut particulièrement remarquée. De même son « Piano Quintet en G. mineur », considéré comme son chef-d’œuvre.

Il mourut en Pologne en 1885. En dépit de sa courte vie, les compositions qu’il a laissées sont nombreuses.  Citons, parmi les plus remarquables, « la Romance sans paroles », « Maria » pour piano à 4 mains, « la Grande Fantaisie », « Quatre mazurkas pour 4 mains, « Grande Polonaise en F. major, « Concert-mazurka en C. Mineur », « Fantaisie polonaise »,  une « Polonaise mélancolique »et une « Polonaise triomphale » composées en 1882, un « Divertissement à la polonaise pour piano à 4 mains », un « Impromptu caprice », une « Suite polonaise », une « Valse sentimentale » », une Berceuse, une tarentelle, une gavotte, un menuet et puis ce « Piano Quintet  en G. mineur pour deux violons, violoncelle et piano », composé en 1885.

On constate, comme dans les oeuvres de Chopin, à quel point la Pologne occupait son cœur.

5. Stanislas MONIUSZKO (1819-1872)

A peu près à la même époque que Chopin, apparut le musicien Moniuszko. Il était compositeur, pianiste et organiste, il fut également directeur de théâtre et pédagogue.

Il commence par occuper le poste d’organiste dans la paroisse où il vit en Pologne. Il se lie d’amitié avec l’écrivain Kraszewski, contact qui stimule son intérêt pour la musique lyrique. Vers 1840, il commence à composer intensément.

Il compose des partitions destinées au chant, de la musique vocale sacrée et profane, des centaines de mélodies. Il créé également des opéras et des opérettes. En ce qui concerne la musique instrumentale, il compose une « polonaise » pour orchestre, quelques pièces pour piano et deux quatuors à cordes.

Moniuszko est venu à Paris où ses opéras (particulièrement l’opéra « Halka ») et ses opérettes (dont « les Gitans ») avaient éveillé l’intérêt. Il se lia notamment d’amitié avec Rossini. Cependant, la lenteur des tracasseries administratives eurent raison de sa patience et, sans attendre le succès,  il repartit assez rapidement pour la Pologne où il avait laissé ses dix enfants.

Ses oeuvres lyriques se distinguent par une grande richesse mélodique inspirée de chansons populaires polonaises, biélorusses ou lituaniennes. Ses nombreuses mélodies ont également connu le succès. C’est surtout grâce à ses opéras qu’il fut réputé en Pologne. Son opéra le plus connu reste « LE MANOIR HANTE » (Straszny Dwor).

En tant que pédagogue, Moniuszko rédigea un traita d’harmonie, édité à Varsovie en 1871.
Son opéra « Le manoir hanté » est devenu emblématique pour le peuple polonais (comparé depuis à l’épopée du poète Mickiewicz « Pan Tadeusz » pour son impact sur les Polonais) :

A un moment où la Pologne – disparue de la carte – est bouleversée par des insurrections, l’auteur a fait revivre magnifiquement toutes les traditions de l’ancienne Pologne. L’action se passe dans un château , toute l’ambiance y rappelle l’aristocratie polonaise, tandis que la musique  porte toutes les couleurs du folklore et des rythmes populaires. (mazurkas, polonaise finale, kujawiak).

Ces accents patriotiques éveillèrent la ferveur du peuple polonais qui se pressa pour venir voir ce spectacle – qui est resté une « quasi-institution ».

 

 

6. Teodor LESZETYCKI (1830-1915)

 

Teodor LESZETYCKI est considéré comme le meilleur pédagogue qui soit. Il a formé de nombreux pianistes devenus fameux, dont le plus célèbre est Ignacy PADEREWSKI.

Il fut professeur, pianiste, compositeur et chef d’orchestre.

LESZETYCKI est né en 1830 à Lancut, ville du sud-est de la Pologne, alors fief de la famille de magnats Potocki ; Cette partie de la Pologne était sous domination autrichienne. Son père était maître de musique au château des Potocki. Il l’initia au piano avant qu’il ne suive les cours de Czerny. La famille a déménagé à Vienne. Lui-même est invité à se produire à Saint-Petersbourg où il se lie d’amitié avec Anton Rubinstein, directeur du conservatoire. Il restera vingt-cinq ans à Saint-Petersbourg avant de quitter la Russie pour s’installer définitivement à Vienne où il va donner des cours privés.

C’est Ignace Paderewski, en devenant élève de Leszetycki, en 1880, qui le rendra célèbre dans le monde entier. Le maître va assurer à Paderewski de solides bases techniques dont le pianiste, bien que brillant concertiste, avait encore besoin d’améliorer. A partir de ce moment, il est considéré comme le meilleur pédagogue, à qui certains parents envoient leurs enfants étudier de tous les coins du monde, notamment d’Amérique. Il effectue parallèlement des tournées de concerts comme chef d’orchestre.

Il compose également diverses pièces pour piano, deux opéras et une douzaine de chants. . Sa devise était : « Pas de vie sans Art, pas d’Art sans vie ! »

Sa méthode apparaissait géniale et beaucoup de curieux souhaitaient savoir son secret. Cependant, il se défendait d’avoir une réelle méthode dogmatique, déclarant qu’un professeur doit adapter une méthode différente selon la personnalité de chaque élève. Il semble qu’il ait été un enseignant pouvant faire montre de beaucoup d’intransigeance et en même temps de paternalisme envers ses élèves, voulant tout connaître de leur vie privée.

Il enseigna la musique jusqu’à sa mort en 1915 à Dresde, à l’âge de 85 ans. Il reste une référence pour l’enseignement de la musique.

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7. Mieczyslaw KARLOWICZ (1876-1909)

Voici encore un musicien polonais, mort âgé seulement d’une trentaine d’années, comme Zarebski ou Chopin, en laissant cependant une œuvre remarquable.

Mieczyslaw Karlowicz est né en 1876 d’un père linguiste et musicien amateur. Ses parents tenaient à Varsovie un salon fréquenté par l’élite. Mieczyslaw  apprend d’abord le violon puis la composition avec d’éminents professeurs, ainsi que la direction d’orchestre. Il étudie en même temps les sciences à l’université de Varsovie.

Karlowicz fait partie du groupe artistique « Mloda Polska » (Jeune Pologne) en compagnie d’autres compositeurs polonais dont Karol Szymanowski, Ludomir Rozycki et Apolinary Szeluto.

On retient de sa musique, très imprégnée de métaphysique, une vingtaine de Lieder, composés sur des textes poétiques de Slowacki, Krasinski et Tetmajer, une sérénade pour orchestre à cordes, une symphonie appelée « Renaissance », un concerto pour violon.

Ses six poèmes symphoniques ont fait sa renommée, dont Les vagues revenantes, la Rhapsodie lituanienne,  Une Triste Histoire, et la série des « Chants éternels » (Chant de l’être universel, Chant de l’Amour et de la Mort, Chant de l’éternelle aspiration) composée peu avant sa mort.

Sa passion pour l’alpinisme et le ski, qu’il aimait pratiquer dans les Tatras, lui vaudra hélas une mort prématurée. Il est emporté par une avalanche alors qu’il fait du ski près de Zakopane en 1909 où son corps a été retrouvé et transféré au cimetière de Powazki à Varsovie.

8. IGNACY PADEREWSKI (1860-1941)

Cet homme extraordinaire – qui fut surnommé « Idole des années folles » a été connu tout autant comme responsable politique que comme pianiste.

Né en Pologne en 1860, admis à l’âge de 12 ans au Conservatoire de Varsovie, Ignace Paderewski devint très jeune un pianiste qui déchaîna les foules d’admirateurs et surtout d’admiratrices tant en Europe qu’en Amérique, par son immense talent de virtuose comme par son physique éblouissant. Paré d’une opulente chevelure d’une couleur blond vénitien, il charmait les yeux autant que l’oreille des spectateurs qui se pressaient à ses concerts.

Pourtant, la vie de ce pianiste qui joua dans les palaces, devant des stars et des têtes couronnées ne fut pas qu’une partie de plaisir.
Il commença sa carrière dans le plus grand dénuement. Mais l’enthousiasme de ceux qui l’entendaient le fit rapidement sortir de l’anonymat. Devenu professeur au Conservatoire de Varsovie, il savait fort bien communiquer sa passion pour la musique ; tout comme il savait glisser immanquablement de la musique à la politique, faisant de l’indépendance de sa terre natale – alors rayée de la carte – le combat de toute sa vie. Il était intimement persuadé que tout artiste est investi du rôle d’ambassadeur d’un pays qui a la passion la plus forte pour la liberté et qui pour cela, détient le record mondial d’occupations et de résurrections.

Ses élèves furent les premiers à partager cet avis : « Lorsque les démocraties occidentales ressentiront ce que le professeur Paderewski sait nous faire ressentir, notre pays aura une chance de renaître ».
C’est la musique interdite de Chopin qu’il aima particulièrement interpréter   durant toute sa carrière. « La musique de Chopin, disait-il, exprime cette vocation de l’âme polonaise qui ressemble à un océan : houleuse, il lui arrive de déborder. Inerte, elle se replie. Mais elle n’est jamais vaincue. »

Après s’être fait un nom en Pologne, il partit en 1885 à la conquête de l’étranger. Son passage à Vienne, où il donne des concerts et où il se lie d’amitié avec Brahms, est un triomphe. A Paris, où il est invité à l’Elysée par le Président Sadi Carnot, c’est la gloire qui l’attend. Il est invité à jouer dans les salons aristocratiques où il fait la connaissance du compositeur Camille Saint-Saens, de l’écrivain George-Bernard Shaw, de Pierre et Marie Curie, ainsi que de la nombreuse colonie polonaise qui habitait Paris en attendant que leur patrie redevienne un pays libre.

L’arrivée du jeune Paderewski, tout auréolé de sa gloire musicale, avait représenté pour eux un événement politique de premier plan. Car qui mieux qu’un artiste de renommée internationale pouvait plaider la cause de la Pologne à travers le monde ? D’autant plus que Ignace Paderewski se révèlait être un brillant orateur en plus d’être un pianiste qui galvanisait les salles.
Surnommé alors « le lion de Paris » en raison de sa force et de sa superbe crinière, il est invité pour finir sa conquête des capitales d’Europe à jouer à Londres devant la reine Victoria. Cette dernière, qui le décora quelques années plus tard, de la Victoria Cross, l’encouragea à son tour à militer et à user de son prestige et de son éloquence pour mobiliser le monde à la renaissance de la Pologne. Il répondit : « Notre culture est pour l’instant ce qu’il nous reste , mais c’est l’essentiel. »

Il entreprit un voyage vers les Etats-Unis sur un paquebot de luxe. C’est encore un public fou d’enthousiasme qui l’applaudit lors de ses concerts à New York. Selon le journal New York Tribune, la « Paderemania » est en marche.

Paderewski met de plus en plus sa renommée au service de sa patrie.  De New York à Los Angeles, en passant par Montreal, Toronto, New Orleans, Miami, Dallas, San Francisco et Las Vegas, il va faire des concerts dans 160 villes d’Amérique. Même triomphe en Amérique du Sud et en Australie.
Entre ses voyages, il résidait en Suisse, à Riond-Bosson. Son hospitalité était devenue légendaire. Il avait fait aménager une maison dans le parc, qui abritait des exilés polonais. Les cachets qu’il touchait étaient en grande partie consacrés à la reconstruction de la Pologne. Il avait créé une Association de secours aux exilés – en collaboration avec l’écrivain Sienkiewicz – ainsi qu’un hebdomadaire « Pologne libre » tiré à plus d’un million d’exemplaires en six langues différentes à travers le monde, d’innombrables expositions et salons d’art et de culture polonais, un monument à la gloire de Kosciuszko à Chicago, et il avait largement participé à la construction de la nouvelle Faculté de Cracovie pour laquelle il avait rassemblé des subsides du monde entier. Et pour finir, il fit construire un monument à la gloire du roi Jagiello, vainqueur en 1410 sur les chevaliers teutoniques, pour en faire cadeau à la ville de Cracovie, à l’occasion de son 500ème anniversaire.

Ce fut l’occasion pour lui de revenir en Pologne en 1910. Dès que les Cracoviens apprirent la nouvelle, la ville  devint le centre d’une activité patriotique intense, contre laquelle les occupants ne purent rien.

Mais c’est durant la première guerre mondiale, que son rôle devint déterminant : il n’eut de cesse de s’activer pour attirer l’attention de l’étranger sur le sort de la Pologne. Rien ne l’arrêtait :  Aux Etats-Unis, il rencontra le Président Woodrow Wilson et insista pour que l’Amérique entre dans la guerre.  Et lorsque la guerre s’acheva, il eut la suprême récompense de voir que ses efforts incessants n’avaient pas été vains. La Pologne avait retrouvé enfin son indépendance.
Ses compatriotes le choisirent pour prendre les fonctions de Président du Conseil du nouveau pays. Il accepta, donnant raison à la phrase de Bismark qui avait déclaré : « En Pologne, les poètes font de la politique et les politiciens font de la poésie ».

Même s’il ne resta pas longtemps au gouvernement et laissa les rênes du pouvoir à l’énergique maréchal Pilsudski, il avait pleinement réalisé la tâche d’aide à la résurrection de la Pologne qu’il s’était fixée. Il se consacra à nouveau à la musique, donnant des concerts éblouissants jusqu’à un âge avancé. Il avait quatre-vingts ans lorsqu’il eut la douleur d’apprendre que la seconde guerre mondiale avait commencé.

Il mourut lors d’un dernier concert. Ses dernières paroles furent : « Arrêtez Hitler avant qu’il ne soit trop tard ! »

Le pianiste et poète Henryk WITKOWSKI a composé ce poème en 2011 en hommage à Paderewski.

PADEREWSKI, LE HERAUT DE LA VIE

Poète au souffle créateur

Paderewski réalise indiciblement

L’exaltation universelle

De l’essence de la musique

Palpitante de vie

La beauté sonore de son art

Se répand dans l’espace

Et s’ouvre sur l’infini cosmique

En ses actes d’humanité

En son génie musical

Vibre la Pologne

Dans sa plus belle expression

Inspirée par le trésor populaire

Stylisée de façon naturelle

Son œuvre traduit toutes les fibres

De son engagement patriotique

Partisan actif et résolu

De la dignité humaine

Son cœur a toujours entonné

Le grand chant de la liberté

Sa générosité légendaire

Témoigne de manière exemplaire

La noblesse lumineuse

Du héraut de la vie

 

 

De  Henryk WITKOWSKI

22.II.2011

 

PADEREWSKI : The noblest spirit of them all

(Vladimir HOROWITZ)

9. Henri KOWALSKI (1841-1916)

Ce pianiste-compositeur, particulièrement tombé dans l’oubli, est l’un de ces musiciens à la fois dans le sillage de Chopin et de Paderewski. Fils d’un officier polonais émigré en Bretagne après l’échec de l’insurrection polonaise de 1830, et d’une mère irlandaise installée à Dinan depuis le 18ème siècle, Henri Kowalski fut élevé dans le culte du grand Chopin. A sa sortie du conservatoire en 1860, il devint concertiste international, se produisant à travers toute l’Europe, aux Etats-Unis et au Canada, ainsi qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Il a laissé un livre de souvenirs de son premier voyage en Amérique en 1870, intitulé « A travers l’Amérique, impressions d’un musicien ».

Entre ses voyages, il se repose en Bretagne, dans le Château des Vaux Carheil à Plouer-sur-Rance, qui appartient à son épouse, la danseuse d’Opéra, Marie-Louise ELOY, dite la FERRARIS. Elle avait reçu cette propriété du prince russe Alexandre Basilewsky avant son mariage avec Henri Kowalski.

C’est en partant à New-York pour une série de concerts organisée par Ignacy PADEREWSKI, en soutien à la cause polonaise au début de la première guerre mondiale, qu’il tombe malade. Débarqué d’urgence à Bordeaux, il meurt le 6 Juillet 1916.

 

10. Karol SZYMANOWSKI (1882-1937)

Karol SZYMANOWSKI est né dans un environnement familial où l’Art tenait une grande place. Ses frères et soeurs faisaient tous de la musique, de la peinture ou de la poésie.

Il fut initié au piano dès l’âge de 7 ans et entra au Conservatoire de Varsovie. Il y rencontre notamment Arthur Rubinstein et également des musiciens qui formeront avec lui le groupe « Jeune Pologne» : Karlowitz, Apolinary Szeluto, Grzegorz Fitelberg et Ludomir Rozycki.

Encouragée par le prince Lubomirski, l’oeuvre des artistes de ce groupe se dirige vers un courant avant-gardiste, s’écartant des idéaux traditionnels de compositeurs tels que Elsner, Chopin ou Moniuszko. Karol Szymanowski veut créer une musique résolument contemporaine européenne.

Il effectue de longs séjours en Autriche et en Allemagne, où il est couronné de succès avec sa « Symphonie n° 2 » et sa Sonate n° 2.

Par la suite, dans ses nombreux voyages en Italie, en Afrique du Nord, il trouve l’inspiration pour son opéra « Le Roi Roger » (Krol Roger) qui lui apportera une certaine renommée. Il laisse deviner, dans cette oeuvre, son attirance pour les amours masculines. Cependant,l’homosexualité étant à son époque taboue, il aura quelque peine à l’assumer.

Il donne des concerts aux Etats-Unis puis à Paris où il rencontre les célébrités musicales Maurice Ravel, Alfred Cortot. Ayant rassassié sa soif de voyages et de découvertes multi-culturelles, il va rentrer en Pologne – devenue pays indépendant après la première guerre mondiale.

Dès lors c’est le folklore local qui va inspirer ses nombreuses oeuvres.

Charmé par l’atmosphère si particulière de Zakopane, petite station de la chaîne des Tatras, il sera inspiré par le folklore très particulier des montagnards pour créer un ballet-pantomime plein de féérie : « HARNASIE » ; où il met en scène la légende des brigands de la montagne, dont le chef – le « Harnas » – va venir enlever le jour de ses noces une jeune villageoise et l’emmener vivre au milieu des lacs et forêts.

Zakopane sera un de ses lieux de villégiature prévilégié, où se réunissent à cette époque, ses amis les artistes et écrivains d’avant-garde comme Gombrowicz, Bruno Schultz, Witkiewicz.

Il obtint le poste de directeur du Conservatoire de Varsovie. Il délaissera momentanément sa carrière de compositeur pour se consacrer à l’enseignement. C’est lorsqu’il quitte cette fonction qu’il peut à nouveau se consacrer à la composition, avec la création de sa 4ème symphonie et du concerto pour violon.
Atteint de la tuberculose, il meurt à Lausanne à l’âge de 55 ans.
On a coutume de distinguer trois périodes créatrices dans son oeuvre : Sa première période sera marquée par le romantisme et l’influence de Frédéric Chopin dont il se revendiquera toute sa vie ; une seconde époque éclectique où il fut en contact durant ses voyages avec l’exotique oriental et puis avec des compositeurs comme Debussy et Ravel et une troisième période où il renoue avec ses racines polonaises et sa musique populaire.

A  noter que son opéra « Le Roi Roger » – qui raconte les affres d’un roi de Sicile amoureux d’un berger de passage – a été remis au goût du jour par une série de représentations en 2009 à l’Opéra de Paris, avec une mise en scène moderniste faite par le Polonais Warlikowski (connu également pour ses spectacles donnés ces dernières années à Avignon, dont la pièce « Apolonia »).

On peut adorer ou détester la mise en scène ultra-audacieuse qu’en fit Warlikowski. Cependant, elle eut l’immense mérite de drainer une foule de spectateurs curieux – qui à cette occasion, découvrirent et apprécièrent la très belle musique de Szymanowski trop méconnue jusque là.

11. Witold LUTOSLAWSKI (1913-1994)

Ce compositeur et chef d’orchestre polonais est né à Varsovie en 1913.

Il étudia la musique au Conservatoire de Varsovie. Il commença à gagner sa vie comme pianiste dans les bars.

Dans ses compositions, il fut d’abord influencé par Karol Szymanowski pour ses variations symphoniques en 1939 et il s’inspire de la musique populaire de la région mazovienne pour son « concerto pour orchestre ».

Il s’essaya au surréalisme dans les années 1950 en composant sa « musique funèbre » puis à la musique sérielle avec « les jeux vénitiens ». Il devint alors chef d’orchestre.

Lutoslawski a écrit aussi des oeuvres vocales à partir de poèmes français de Henri Michaux et de Robert Desnos.

12. Tadeusz BAIRD (1928-1981)

Tadeusz BAIRD est un compositeur polonais né en 1928. Il fait ses études musicales pendant la seconde guerre mondiale, avant de rejoindre le conservatoire de Varsovie.

Il fonde en 1956 le festival de musique contemporaine qui prend le nom d’ »Automne de Varsovie » (Warszawska Jesien).

Il prit un poste de professeur à l’Académie de Musique de Varsovie, devenant le directeur du département de composition en 1977.

En 1979, reconnu également hors des frontières, il devint membre de l’Académie des Arts de Berlin.

Baird reçut de très nombreuses distinctions pour ses réalisations, en Pologne comme à l’étranger.

Il fut à trois reprises lauréat du premier prix décerné par le Conseil International des compositeurs de l’UNESCO à Paris ; une première fois en 1958 avec  ses « essais pour orchestre »,  en 1963 pour « Variations for no Theme » pour orchestre symphonique, en 1964 pour « dialogues pour hautbois et orchestre de chambre ».

De même en Pologne, il reçut un prix en 1951 pour  le « Concerto lugubre » et d’autres distinctions tout au long de sa carrière.

Parmi les compositeurs de musique contemporaine, il apparaît comme particulièrement respectueux des formes de musique ancienne d’esprit conservateur. Il s’explique ainsi dans une interview donnée en 1981 : « Je n’appartiens pas au nombre de ceux qui aiment détruire et ruiner. Je souhaite, autant que mes capacités le permettent, me situer dans le courant d’une tradition nationale. Les critiques m’appellent « romantique » et je me définis moi-même comme un romantique ».

Il rajoutait : « La meilleure garantie d’un réel progrès, c’est la connection si rare de talent, de sérénité artistique  et d’honnêteté intellectuelle, alliée au savoir et au respect de la tradition. L’absence d’un de ces éléments conduit souvent à la recherche des effets et de l’attention, cela conduit à une avant-garde prétendue, préoccupée seulement des modes. »
Dans une autre interview en 1979, il racontait ainsi son besoin de création :

« Que signifie composer pour moi ? Différentes choses ; c’est un besoin de m’exprimer, parfois avec une force presque physique. Cela, ce sont les meilleurs moments, on l’on devient capable d’imaginer, au moins dans les grandes lignes, un nouveau morceau de musique.

Durant ces moments,  on a le sentiment étrange, presque surnaturel que l’on est capable de créer quelque chose à partir de rien. Mais composer signifie aussi des mois, souvent des années, de travail épuisant, perturbant, afin de capturer, de matérialiser quelque chose qui est, par essence, l’inverse de la « matière ». Finalement, composer signifie aussi se sentir fatigué et découragé, avoir le sentiment de vide mental et d’anxiété. »

Ses oeuvres sont très nombreuses (symphonies, concertos, suites lyriques). A noter qu’il a aimé composer des chants à partir de poèmes, (trois chants sur des vieux textes italiens en 1953,

« quatre sonnets d’amour » d’après Shakespeare et aussi sur des textes de poètes polonais :

« Suite lyrique sur un poème de Julian Tuwim » en 1953, « Voix du lointain » pour orchestre d’après  un poème de Jaroslaw Iwaszkiewicz en 1981).

Tadeusz BAIRD est mort à Varsovie en septembre 1981.

13. Krzysztof KOMEDA (1931-1969)

Komeda est né près de Poznan en 1931. Durant sa brève existence, il se révéla un excellent artiste. Il fut pianiste, compositeur de jazz, il laissa notamment de remarquables musiques de films.
C’est lui qui composa la musique de deux films de Roman Polanski : « Rosemary’s baby » et « le bal des vampires », tous deux remplis d’une atmosphère étrange voire d’épouvante. La musique de Komeda y apporte des choeurs envoûtants pour nous faire voyager dans un monde où la mort côtoie  le burlesque.

Avant ces deux films mondialement connus, Roman Polanski a eu recours au talent de Komeda déjà connu comme remarquable pianiste de jazz. Il écrit la musique de son premier court-métrage « Deux hommes et une armoire ». On y retrouve l’ambiance jazz et music-hall des années 1950.

vient ensuite la musique du film « les mammifères » où Komeda compose un thème interprété par un piano mécanique et des petits grelots. Puis une très belle musique accompagnant le film « Quand les anges tombent » en 1962.

Le film connu de Polanski « le couteau dans l’eau » est également accompagné par la musique de Komeda, constituée principalement par des morceaux de jazz.

Connu également des professionnels français, en 1965, il écrit la musique de court-métrages de Chabrol et de Godard.

Ce jeune compositeur talentueux meurt hélas à l’âge de 38 ans dans un accident à Los Angeles.

14. Arthur RUBINSTEIN (1887-1982).

Ce grand pianiste est né à Lodz. Voyez sa statue de bronze édifié en plein centre de Lodz en mémoire de cet artiste qui sut si bien interpréter la musique de Chopin.

Arthur Rubinstein étudia le piano à Lodz, sa ville natale. Il donna son premier concert en public à l’âge de sept ans, interprétant des oeuvres de Mozart, Schubert et Mendelssohn.

Il poursuivit son éducation musicale avec le professeur Aleksander Rozycki à Varsovie, et continua à Berlin en 1897 à l’Ecole Supérieure de Musique.

En avril 1902, il vint jouer le Concerto de Saint-Saens avec l’orchestre philharmonique de Varsovie.
En 1903, le pianiste-homme politique Ignacy Paderewski l’invita dans sa villa en Suisse, à Riond-Bosson ( où il excerçait une intense activité patriotique).

Pendant un séjour  à Paris en 1904, il rencontra l’impresario Gabriel Astruc avec lequel il signa un contrat, qui fut le lancement d’une immense carrière internationale, le conduisant tout autour du monde : Aux Etats-Unis en 1906, à Vienne, à Rome, en Angleterre (où il joua en duo avec Pablo Casals), en Russie, en espagne. Il n’oublia pas Varsovie où il revenait donner des récitals, des concerts de musique de chambre (jouant en duo avec le violoniste Pawel Kochanski ou le violoncelliste Jan Sebelik) ou jouant avec l’orchestre philharmonique de Varsovie. Puis il fit une tournée en Amérique du Sud en 1918, se produisant à Buenos-Aires, Rio,  Santiago du Chili.

Rubinstein – né dans une famille juive de Pologne – fut touché par l’anti-sémitisme apparaissant et s’installant en Italie et en Allemagne et sut y  répondre avec dignité : Lorsque Mussolini établit des lois anti-Juives, Rubinstein annula aussitôt ses concerts prévus en Italie, et renvoya les décorations qu’il avait reçues précédemment  des autorités italiennes ; en Octobre 1939, il quitta l’Europe avec sa famille pour les Etats-Unis. Il devint citoyen américain en 1946 ; depuis cette époque, il refusa définitivement de jouer en Allemagne, en protestation contre les crimes nazis.
Sa première visite après-guerre en Pologne eut lieu en 1958, par des concerts à Cracovie et à Varsovie. En 1960, il fut Président d’honneur du jury du 6ème Concours International Chopin à Varsovie. Il ouvrit même cet événement en jouant lui-même – accompagné par l’orchestre Philharmonique national – , le Concerto pour piano en F mineur de Chopin.

En 1966, il ouvrit le 10ème festival de musique contemporaine « Automne de Varsovie », interprétant la symphonie n° 4 que Karol Szymanowski lui avait dédié.

A Lodz en 1975, il donna également un concert. Son dernier concert public eut lieu à Londres en 1976. Cependant, il fit encore une dernière visite en Pologne dans sa ville natale de Lodz en 1979. Il mourut en 1981 à Genève. Son nom reste célèbre dans le monde entier.

Les musiciens ci-après, bien vivants, continuent de perpétuer la musique polonaise.

 

15.Marcel LANDOWSKI (1915-1999)

Ce compositeur français est d’origine polonaise, puisqu’il est le fils du célèbre sculpteur Paul LANDOWSKI (le créateur du Christ Rédempteur dominant la baie de Rio, de la statue de Sainte-Geneviève sur le Pont des Tournelles à Paris et de bien d’autres sculptures).

Marcel LANDOWSKI est né à Pont-l’Abbé. Il a été non seulement compositeur mais aussi Directeur de la Musique et de la Danse, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts et Inspecteur général de la Musique en 1975 à Paris.

Doué pour la musique dès l’enfance, il entre au Conservatoire de Paris en 1935.

Il a écrit des symphonies (dont « Jean de la Peur’), des concertos pour piano, un opéra « Le Fou ».

Parallèlement, il remplit les fonctions de directeur de la musique à la Comédie Française, et fut nommé par André Malraux en 1966 directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse au Ministère des Affaires Culturelles jusqu’en 1975. Il a mis en place un renouveau des structures musicales en France, particulièrement en province afin d’organiser les milieux musicaux de musique classique. Son plan décennal prévoyait de doter en une dizaine d’années, chaque région française au moins d’un orchestre, un opéra et un conservatoire national de région. Il créa également l’orchestre de Paris en 1967 et s’ingénia à moderniser – en collaboration avec les collectivités locales –  l’enseignement dans les conservatoires à l’aide de moyens financiers consentis par André Malraux et à améliorer les équipements.

Il fut conseiller municipal de Boulogne-Billancourt, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts et chancelier de l’Institut de France.

Sa musique, empreinte de mélancolie, comprend des opéras « Montségur », « Opéra de poussière » et « Le Fou », des concertos et des symphonies, un oratorio « Messe de l’Aurore » et des œuvres très originales telles « Le triomphe du Petit Poucet » pour accordéon, « Un enfant appelle » composé pour le violoncelliste Rostropovitch, le quatuor « Interrogation », le poème symphonique « L’Horloge » ou « La Sorcière du placard aux balais » enregistré avec le chœur des enfants du conservatoire de Boulogne-Billancourt.

Il a également composé la musique de nombreux films de 1935 à 1960 (dont « Gigi », et « Chéri » films d’après des nouvelles de Colette, « La Femme sans passé » en 1948, « La Lanterne des morts » en 1949, « La vie de Jésus » en 1951, « Boulevard du crime » en 1955).

16. Mieczysław HORSZOWSKI (1892-1993)

Mieczysław Horszowski , pianiste polono-américain prodige, détient le record de la plus longue carrière d’artiste. Et pour cause…

Il est mort à 101 ans et donnait encore des concerts à l’âge de cent ans. Il donnait en outre encore des leçons de musique une semaine avant sa mort…

Mieczyslaw Horszowski est en né à Lwow d’une mère pianiste. Dès l’âge de sept ans, il fut l’élève du fameux pédagogue Théodore Lesczetycki à Vienne.

Enfant prodige, il donna un concert à Varsovie à neuf ans et commença alors des tournées en Europe et en Amérique. Il fit la connaissance des deux musiciens français Camille Fauré et Camille aint-Saens à Nice en 1905.

Voulant interrompre sa carrière de pianiste pour se consacrer quelque temps à d’autres passions comme la littérature, il fut cependant encouragé à y revenir par son ami Pablo Casals. Après la première guerre mondiale, il s’installa à Milan jusqu’à l’éclatement de la seconde guerre, pour s’installer dès lors à New York puis à Philadelphie. Il y obtint la nationalité américaine en 1948.

Il se lia d’amité avec Toscanini tandis qu’il entreprenait une tournée de concerts mémorables consacrés aux oeuvres de Beethoven. Il joua à la Maison Blanche avec Pablo Casals en 1961 pour le président John Kennedy.

Il épousa une pianiste italienne en 1981, alors âgé de 89 ans. Il mourut en 1991 à Philadelphie, un mois avant son 101ème anniversaire.

Le portrait de ce personnage extraordinaire ne serait pas complet si l’on oubliait de préciser qu’il mesurait 1,50 m, et possédait de petits doigts – inhabituel chez les pianistes – , ce qui ne l’empêcha pas de mener cette prodigieuse carrière de concertiste.

Une preuve que ce n’est pas le nombre de centimètres qui fait un “grand homme”.

Ce génial musicien que la Pologne a produit est lui aussi beaucoup trop méconnu aujourd’hui.

 

 

17. Henryk GORECKI (1933-2010)

Henryk GORECKI est un compositeur de musique contemporaine, né dans le sud de la Pologne. Il a étudié la musique à l’Académie de Katowice. Il va dès lors se consacrer à enseigner la musique et à composer une oeuvre avant-gardiste, cependant  profondément marquée par la culture et l’âme de son pays.

Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l’Université Jagellon de Cracovie en 2000.

Il se fit connaître par sa « Synphonie n° 3 » pour orchestre et soprano en 1976 dite « des chants plaintifs ». Cette oeuvre se compose de trois mouvements. Le premier est un chant de lamentation du XVème siècle, le second chante les inscriptions retrouvées sur le mur d’une prison de la Gestapo à Zakopane et le troisième mouvement reprend une chanson traditionnelle.

L’enregistrement de la 3ème Symphonie par la London Sinfonietta en 1992 apporta de manière inattendue une notoriété à Gorecki qui ne semble rechercher en aucune façon le succès commercial.

Gorecki est décédé en novembre 2010.

18. Krzysztof PENDERECKI (né en 1933)

(Surtout ne confondons pas Penderecki avec Ignacy Paderewski, ils ne sont ni de la même époque ni de la même école).

Né près de Cracovie, Penderecki est un compositeur et chef d’orchestre. Il a fait ses études au Conservatoire de Cracovie dont il devint le recteur en 1972.

C’est en 1972 qu’il remporte le premier prix du concours de composition à Varsovie.

Depuis, il a produit des oeuvres qui lui assura une renommée internationale :

  • « Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima » en 1960
  • « La Passion selon Saint-luc » en 1966.
  • « De natura sonoris » en 1966
  • « Le rêve de Jacob » en 1974

Les oeuvres « Stabat Mater », « Dies Irae », témoigne de la foi chrétienne du compositeur, que n’a pas altérée le régime communiste sous lequel il vivait.
Son « Requiem polonais » écrit entre 1980 et 1984, est particulièrement impressionnant :

C’est sur la commande du syndicat Solidarnosc qu’il le débuta avec « Lacrimosa » en hommage aux morts de la grande grève de Gdansk. Il y rajouta diverses pièces qu’il écrivit en l’honneur de différents évènements patriotiques.

Ce requiem a été d’abord joué en 1984, sous sa première version, par l’orchestre symphonique de Stuttgart sous la direction de Rostropovitch.

Sa version définitive – qui dure environ 90 minutes – a été créée par Penderecki lui-même en 1993 à Stockholm. Le texte est en latin, entrecoupé cependant d’un hymne traditionnel en polonais : « Swiety Boze » (Dieu Saint).

Il composa également un opéra « le masque noir » en 1986 et sept symphonies.

A noter qu’il composa la musique de plusieurs films dramatiques, notamment la musique du film récent « Katyn » d’Andrzej Wajda.

19. Krzesimir DEBSKI (né en 1953).

Ce violoniste de jazz, né en Pologne, est aussi compositeur et chef d’orchestre.

Il étudia la composition et la direction d’orchestre à l’Académie Paderewski de Musique de Poznan. Fort attiré par la musique de jazz, il devint un violoniste du groupe de jazz « String Connection » ;

Depuis, il  s’est produit aux Etats-unis, au Canada et dans plus de vingt-cinq pays en Europe.  Debski a été le lauréat de nombreux prix : Premier Prix au Concours mondial d’ensembles de Jazz en Belgique, le Prix Wyspianski du Ministre de la Culture à varsovie. Les magazines spécialisés de jazz ont classé Debski dans les dix plus grands violonistes du monde.

Il a ralenti cependant ses concerts depuis 1986 pour se consacrer davantage à la composition. Il a composé plus de 60 pièces symphoniques et de musique de chambre, ainsi qu’un opéra et 9 concertos. Il a reçu également nombre de distinctions pour son oeuvre de composition : En 1988, il reçut le prix spécial de l’Académie du Film du Canada.
Il a composé la musique de très nombreux films (dont le film historique polonais « Par le Feu et l’Epée », réalisé par Wajda, et tiré du roman épique du prix Nobel de Littérature Sienkiewicz (« Ogniem i Mieczem »).

Il reçut des mains d’Ennio Morricone le Prix décerné par « l’Internationall Film Music Academy ».

20. Zbigniew PREISNER (né en 1955)

Preisner est né à Bielsko-Biala à l’Est de la Pologne. C’est un compositeur de musique de films polonais, maintenant bien connu en occident.

Il a fait des études d’histoire à Cracovie. Il est autodidacte dans le domaine de la musique, n’ayant jamais reçu de formation scolaire dans ce domaine.

Il a acquis sa notoriété par la musique de films. En effet il travailla en étroite collaboration avec le cinéaste polonais Krzysztof Kieslowski. Celui-ci deviendra son ami ; à la mort prématurée de ce dernier, Preisner composera à sa mémoire le très beau « «Requiem for my friend », méditation sur la mort et l’espérance chrétienne.

Il reçut un César en France pour sa musique du film de Kieslowski « Bleu, Blanc, Rouge » en 1995 et L’Ours d’argent du festival du film de Berlin en 1997 pour « Island on Bird Street ». Il a travaillé avec divers producteurs de films comme Louis Malle et Agnieszka Holland et réalisa également des documentaires pour la télévision BBC en Angleterre et aux Etats-Unis. La musique qu’il a composé pour l’autre film de Kieslowski « La Double vie de Véronique » est tout simplement magique.
Voici achevé ce petit tour des plus importants musiciens compositeurs et interprètes Polonais.

_____________________________________________________________________________________

Et les femmes dans la musique polonaise, les aurions-nous oubliées ?

Rappelons qu’il y eut au 19ème siècle une musicienne compositrice exceptionnelle :

21. Maria-Agata SZYMANOWSKA (1789-1831)

Née à Varsovie en 1789, Maria Szymanowska fut une compositrice et l’une des premières pianistes virtuoses professionnelles.


Elle a réalisé de nombreuses tournées dans toute l’Europe, dans les années 1820, avant de s’installer à Saint-Pétersbourg où elle a composé pour la cour, donné des concerts, et enseigné la musique.
Ses pièces pour piano, ses chansons, sa musique de chambre préfigurent le style polonais brillant de Frédéric Chopin. Comme lui (et avant lui), elle composa de nombreuses mazurkas.
Le grand poète romantique Adam Mickiewicz épousa la fille de Maria Szymanowska, Celina.

Au 19ème siècle également, une Polonaise, aussi célèbre par sa beauté rayonnante que par son talent musical, laissa son nom en Pologne et dans d’autres pays d’Europe :

22. Maria KALERGIS (1822-1874)

Marie KALERGIS, aristocrate fortunée en même temps que pianiste, fut célèbre pour sa grande beauté, rayonnant dans les salons de Varsovie comme de Paris.


Sa famille la maria à l’âge de 17 ans. Elle se sépara au bout d’un an de son mari très jaloux. Depuis son enfance, elle se consacra passionnément au piano, ayant pour professeur Frédéric Chopin qui vantait ses dispositions musicales. Elle parlait en outre couramment six langues.
Ses dons comme sa beauté lui ouvrirent les portes des salons où elle déchaîna bien des passions. Particulièrement, le poète Cyprian Norwid se consuma d’amour pour elle.
Elle fut aussi mécène, invitant dans ses salons des artistes comme Liszt, Wagner, Musset, Chopin, Moniuszko, Gautier, Heine (qui lui dédia un poème).
Norwid à qui elle inspira plusieurs poèmes, l’avait surnommée « la sirène blanche ». L’admirant passionnément, il la suivit quelque temps dans ses voyages, cependant, elle était trop courtisée pour prêter attention au pauvre Norwid qui malgré son immense talent, fut de son vivant, plutôt ignoré et peu fortuné.
Marie Kalergis apporta beaucoup au développement de la musique à Varsovie, en ouvrant un Institut qui devint Conservatoire. Elle se produisait elle-même en concerts entre les années 1857-1871 en tant que pianiste.
Sa fortune lui permit jusqu’à la fin de sa vie de voyager entre Varsovie, Paris, Saint-Petersburg- Baden-Baden.
Elle mourut à Varsovie où elle est enterrée.

Mais nous terminerons en beauté par deux cancatrices polonaises, mondialement réputées – bien que peu connues du grand public en France. Ce sera l’occasion de les découvrir si nous ne les connaissons pas encore. L’une est soprano, l’autre contralto.

23. Ewa PODLES (née en 1952)

Cette chanteuse lyrique – contralto célèbre – est née en 1952 à Varsovie. Elle a fait ses études à l’Académie de Musique de Varsovie. Son premier rôle fut « Rosine » dans « le Barbier de Séville » de Rossini en 1975.

Elle fit ses débuts au Métropolitan Opera (le fameux « Met ») en 1984, interprétant le rôle du Rinaldo » de Handel. Elle poursuivit sa carrière par des représentations dans de nombreux pays d’Europe ainsi qu’en Russie. Elle y interprèta le « Tancrède » de Rossini, le « Jules César » de Handel, « Erda » dans l’opéra wagnérien. Mariée au pianiste Jerzy Marchiwinski, elle vit à Varsovie.

Elle a enregistré des disques où elle chante avec talent des mélodies composées tant par Chopin que par  Chostakovitch.

25. Elzbieta TOWARNICKA

Elzbieta Towarnicka – soprano à la voix d’ange – fait partie de l’Opéra de Cracovie où elle a interprété plusieurs grands titres de musique classique comme « La Bohême », « La Traviata », « La Tosca », « Orphée et Eurydice ».

Elle a participé à de nombreux festivals de musique classique – notamment « l’automne de Varsovie » et s’est produite dans de nombreux pays d’Europe et également aux Etats-Unis, au Canada et en Argentine.

Cependant, elle est particulièrement connue pour avoir donné sa voix à la musique magnifique que composa Zbigniew Preisner dans les films de son ami Kieslowski.Quand elle chante « Le Requiem for a friend » composé par Preisner à la mort du cinéaste,. c’est un pur enchantement.

Elle donne également sa voix au  thème musical du film « Avalon ».
C’est tout pour cette fois-ci.

Une autre fois nous nous arrêterons sur des genres de musique polonaise autres que la musique classique.

Par exemple, la musique, les chants  et la danse folklorique méritent particulièrement qu’on s’y arrête. Cette musique vient du tréfonds de l’âme du peuple polonais, par elle s’ exprime en chants et danses  la vie rurale, pleine d’originalité ; de plus, sensiblement différente dans chaque région, c’est un tour de la Pologne que nous serons invités à faire par ce folklore.

A PLUS TARD  (si vous le voulez bien) !

HERMINE

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