Le Cinéma polonais

S’il y a un art dans lequel les Polonais ont su montrer leur personnalité, c’est bien dans le Septième Art. La plupart des cinéastes polonais dont les oeuvres ont acquis une renommée internationale – sont issus de la fameuse école de cinéma de LODZ. Outre le grand-maître Wajda, il y eut beaucoup d’autres dont nous présenterons ici une dizaine.

1. Wojciech HAS (1925- 2000)

Wojciech HAS est né et a grandi à Cracovie. Il y a suivi les cours à l’Académie des Beaux-Arts. Il commence sa carrière cinématographique au Studio du Film documentaire de Varsovie puis à Lodz dans les années 1950. A Lodz il travaillera comme professeur à l’Ecole de cinéma. Ses oeuvres majeures sont des adaptations d’oeuvres de littérature polonaise (« La poupée » de Boleslaw Prus, « Le Sanatorium au croque-mort » de Bruno Schultz et son chef-d’oeuvre, réalisé en 1965, adapté du roman fantastique écrit au début du 19ème siècle par l’écrivain-archéologue Jan POTOCKI :

« Le MANUSCRIT TROUVE A SARAGOSSE ».

Ce film-culte (trop oublié actuellement) provoqua l’admiration de Lynch, Bunuel, Scorcese, Almodovar… Has a su parfaitement dans son film recréer cette atmosphère onirique que Jan Potocki avait installé tout au long de son roman fantastique. Abandonnant les codes narratifs usuels, la localisation spatio-temporelle des évènements, la linéarité du récit, il enchâsse les multiples histoires les unes dans les autres. C’est un flot ininterrompu de narration fantasmagoriqu où l’esthétique est toujours présente. Le récit relate le périple chaotique du jeune Wallon Alphonse van Worden à travers l’Espagne de Philippe V, où, après avoir découvert un mystérieux manuscrit, il rencontre des personnages fort étranges. Malgré la sinistre réputation de la chaîne de la Sierra Morena, qui passe pour hantée, il s’y aventure ; Dans cet endroit désert, il est séduit par deux belles Mauresques, filles du sheik, qui se révèlent ses cousines. Après chaque nuit, il se réveille sous un gibet entre deux cadavres qui reprendront vie cependant pour lui raconter à leur tour leur histoire. Outre la dimension symbolique de ces personnages, le paysage – en noir et blanc – occupe dans le film de Wojciech Has, une place très importante. Il nous transporte dans un monde toujours à la lisière du rêve, du cauchemar et de la réalité. Wojciech Has meurt à Lodz en octobre 2000. Il est l’un des premiers représentants de cette école du cinéma de Lodz et sera suivi par beaucoup d’autres très connus.

2. Jerzy KAWALEROWICZ (1922-2007)

Jerzy KAWALEROWICZ, né en Pologne, ayant étudié lui aussi à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie, a réalisé dix-sept films au cours de sa carrière, commencée dans les années 1950. Passionné par le septième Art, il découvre la réalisation dans un premier film en 1952, à trente ans. Son film « Train de nuit » exporté dans les pays voisins, lui permet de se faire connaître autant en Pologne qu’à l’étranger. La consécration arrive avec « Mère Jeanne des Anges » présenté à Cannes en 1961. Ce film en noir et blanc, tiré d’un roman de l’écrivain polonais Iwaszkiewicz, met en scène la passion entre une religieuse présumée possédée et le prêtre venu l’exorciser, dans un couvent polonais. C’est le combat éternel du Bien (Esprit) et du Mal (Chair) ; le cinéaste compose un opus métaphysique fascinant sur la division de l’homme entre Clarté et Obscurité. Ce film a remporté à Cannes la Palme d’argent et le Prix spécial du jury. Kawalerowicz fut également nommé Docteur Honoris Causa de l’Université Paris-Sorbonne en 1998. Quelques années plus tard, il réalise « le Pharaon », adapté de la saga écrite par Bronislaw Prus. Cette fresque se déroule en Egypte antique où deux visions du pouvoir s’affrontent durement, l’une conquérante et l’autre éprise de paix. Les images chatoyantes, la richesse du décor et la sensualité des tableaux n’occultent jamais la dimension idéologique du récit. Rare exemple d’une alliance réussie entre le spectacle monumental et l’exigence artistique et intellectuelle, l’oeuvre de Kawalerowicz se situe à mille lieux des péplums hollywoodiens. Il sera nominé aux Oscars en 1966. Puis à Berlin, il reçoit un Ours d’argent récompensant l’ensemble de sa carrière. Son dernier film, tourné en 2001, est l’adaptation du roman « Quo Vadis » ? du Prix nobel de Littérature polonais Henryk Sienkiewicz, qui fait revivre les persécutions des premiers chrétiens dans l’antiquité romaine du siècle de Néron. Jerzy Kawalerowicz meurt à Cracovie à l’âge de 85 ans.

3. Walerian BOROWCZYK (1923-2006)

Bien qu’entouré d’une réputation sulfureuse, Walerian Borowczyk mérite qu’on s’arrête un instant sur son parcours. Borowczyk est né en 1923 en Pologne près de Poznan. Il fut un réalisateur et plasticien influencé par le surréalisme. Il réalise d’abord des affiches de cinéma, puis des films expérimentaux. Ses premiers films lui valent un grand succès dans les festivals européens. Il quitte la Pologne sous régime communiste en 1958 pour s’installer à Paris. Il y retournera cependant en 1975 pour réaliser le long métrage : « Histoire d’un péché ». En France, Borowczyk réalise plusieurs long-métrages qui obtiennent des succès critiques : « L’ile d’amour ; Blanche ; Contes immoraux ; la marge ». Cependant, il se spécialise dans l’érotisme et sa carrière décline, malgré la production de deux bons films : « Docteur Jekill et les femmes «  et « Cérémonie d’amour ». Il fut également plasticien. Il est mort en 2006 en région parisienne. On retiendra de cet homme à multiples facettes, ce que le surréaliste André Breton en a dit : « artiste à l’imagination fulgurante ».

4. Krzystof KIESLOWSKI (1941-1996)

Etrange carrière que celle de Kieslowski. Inclassable comme l’étaient ses films si particuliers. Né à Varsovie, il fut admis, après deux tentatives infructueuses, à l’Ecole nationale de cinéma de Lodz dont il sort diplômé en 1969. Il va pendant quelques années se consacrer au film-documentaire. Il saura s’en servir pour faire transparaître la société enfermée dans un non-dit collectif, la bureaucratie décalée face aux forces vives d’un pays. La finesse et la force de son regard sont remarquées par les spectateurs comme par la critique. Il passe du documentaire au cinéma-fiction avec une oeuvre remarquée en 1970 « l’amateur ». La reconnaissance internationale viendra surtout avec sa série « LE DÉCALOGUE », réalisée pour la télévision polonaise, qui sont autant de variations personnelles sur le thème des Dix Commandements, transposé dans l’univers des banlieues moroses. L’épisode « Tu ne tueras point » est présenté en version cinématographique au Festival de Cannes, en 1988 et remporte le prix du jury. Le « Décalogue » apporte désormais à Kieslowski la célébrité mondiale. En outre, la fin du régime communiste en Pologne lui permet une plus grande liberté de création et de déplacement. C’est en France qu’il réalise « La Double Vie de Véronique » où il fera tourner Irène Jacob.et qui sera un succès commercial. La musique sublime qui accompagne le film, composée par Zbigniew Preisner, rehausse encore la qualité du film. Suivra un autre film franco-polonais « BLEU, BLANC, ROUGE » sur le thème de la devise française « Liberté, égalité, franternité » qui sera aussi couronné d’éloges. Il recevra le Lion d’Or au Festival de Venise, l’Ours d’argent à Berlin et bien d’autres distinctions. En 1990, il est nommé membre d’honneur de l’Institut du film britannique en reconnaissance de son « apport inestimable à la culture cinématographique » et en 1994 le prix danois Sonning en reconnaissance de son apport à la culture européenne. Mais de santé fragile, il connaîtra une retraite et un décès prématurés. Avant sa mort, il veut se tourner vers l’écriture avec la trilogie : « Le paradis, l’enfer et le purgatoire ». Seul le scénario de l’enfer sera mis en scène par la suite par Danis Tanovic en 2005. Kieslowski est mort en 1996 à Varsovie à l’âge de 55 ans. Stanley Kubrick disait de Kieslowski : « Avec une habileté éblouissante, il amène le public à découvrir de lui-même le message de ses films, et le spectateur réalise bien plus tard à quel point il a été profondément marqué dans son coeur par les images du film. » Ceux que nous présentons maintenant sont des réalisateurs qui continuent de donner au cinéma polonais ses heures de gloire. A tout seigneur tout honneur, en première place :

5. Andrzej WAJDA (né en 1926)

Ah ! Ce grand-maître du cinéma polonais, comme il a contribué et contribue toujours à faire connaître au monde entier l’âme polonaise, la Culture et l’histoire de la Pologne ! Lui aussi commença des études à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie. Après la guerre, il entra à l’Ecole du Cinéma de Lodz, où il terminera ses études en 1953. Sa vie se confond avec son oeuvre, tant le cinéma, depuis son adolescence, fait partie intégrante de sa personne. Le premier film qu’il réalisa fut « Pokolonie « (‘Génération). Depuis, rares sont ses films qui n’ont pas remporté un succès mondial et des distinctions particulières. Il a mis un point d’honneur à faire connaître par ses films, l’histoire mouvementée de la Pologne et sa littérature, dont il a souvent adapté les oeuvres. Comme « Pan Tadeusz », épopée lyrique du grand poète Adam Mickiewicz, « Wesele » (la noce) de Wyspianski, « Cendres et diamants » d’après le roman d’Andrzejewski, « les demoiselles de Wilko » d’après Iwaszkiewicz, etc… Il a été également metteur en scène de théâtre. Et il a réalisé de grandes fresques historiques comme le film « Danton » et Les Possédés ». Sa popularité en occident a été particulièrement importante lorsqu’il réalisa ses deux films à portée politique d’actualité « L’homme de marbre » en 1976 , puis « l’homme de fer » en 1981 qui relate les évènements survenus lors de l’épisode Solidarnosc. Innombrables sont les films sur lesquels on aimerait s’arrêter. Néanmoins, il y en a trois que j’ai aimés encore plus que les autres :

« La terre de la grande Promesse » (« ZIEMIA OBIECANA »)

Cette superbe fresque dramatique (qui dure trois heures) est une adaptation du livre de l’écrivain Ladislas Reymont qui reçut le prix Nobel de Littérature en 1924. L’action se passe au 19ème siècle à Lodz, ville nouvellement industrialisée, devenue centre de production du textile. Dans cette cité cosmopolite où les rêves de richesse se concentrent – tout comme la misère des ouvriers accourant de la campagne – , trois amis (un aristocrate polonais, un ami juif et un jeune Allemand) font le pari de réussir ensemble à devenir de puissants industriels et fondent à leur tour une usine de filature. Leur réussite matérielle et sociale ne va pas sans la destruction des valeurs familiales, des traditions de leur enfance, des sentiments ; dépassés par ce monde capitaliste, dévorés d’ambitions sans fin, ils y perdront leur âme. Wajda a su montrer dans ce film non seulement le phénomène social, l’urbanisation de Lodz contrastant avec la poétique vie campagnarde, mais également la déception des gens trahis par ces trois héros habités par leur quête de réussite et la fin d’un monde traditionnel. Les trois acteurs choisis par Wajda pour interpréter ces héros sont remarquables : Le beau Daniel Olbrzyski dans le rôle de l’aristocrate cynique, Pszoniak dans le rôle du malicieux jeune Juif, et Andrzej Seweryn dans le rôle de l’Allemand perdant peu à peu son romantisme.

«LES DEMOISELLES DE WILKO »

Faisant contraste avec le précédent film, tragique, parfois violent, le film « Les demoiselles de Wilko », tourné en 1979, est un délice de douceur, de finesse poétique. Ce film est une adaptation de l’oeuvre littéraire élégiaque d’Iwaszkiewicz. Wajda en a fait un mélange subtil de couleurs, une osmose avec la nature. Tout y est suggéré lentement et mélancoliquement : La fuite irrémédiable du temps, le sens de la vie et de la mort. La trame du film se passe en Pologne après la première guerre. Un jeune propriétaire terrien (interprété par l’acteur Daniel Olbryski) revient sur ses terres ; il y retrouve les demoiselles du domaine voisin, qui toutes avaient été amoureuses de lui. Rien ne sera plus comme avant cependant malgré les apparences. Le temps a passé, transformant imperceptiblement les âmes et les coeurs. Ce film est l’un des chefs-d’oeuvre de Wajda.

« KATYN »

Andrzej WAJDA a eu, récemment, à coeur de faire revivre la page de tragédie récente que représente le massacre par les Russes sur ordre de Staline de 25.000 officiers et élites polonais près de Smolensk dans la forêt de Katyn durant la seconde guerre mondiale. Réaliser ce film lui tenait d’autant plus à coeur que le père du cinéaste, officier, faisait partie de ces innombrables morts, victimes de la folie meurtrière de Staline. Le mensonge avait longtemps entouré ce massacre, les Russes ayant prétendu que les exactions avaient été perpétrées par les Allemands. Avec son immense talent, Wajda a réalisé un film plein de dignité, relatant les évènements à travers l’attente de plusieurs femmes ayant perdu leur proche et apprenant petit à petit la réalité. Pas de violence gratuite. Seule la scène finale, faisant revivre le massacre des officiers polonais, est particulièrement terrible, scène indispensable pour faire réaliser au spectacteur l’horreur du sort réservé à ces élites polonaises, par la seule volonté d’un demi-fou russe désireux de décapiter toute l’intelligentsia de la Pologne. Incroyable ironie de l’histoire. Wajda avait réalisé le film Katyn en 2008. Cette année 2010 en Avril, alors que la Pologne s’apprêtait à rendre hommage à ces morts lors de l’anniversaire de l’évènement, il est survenu cette catastrophe inouïe : Le président de la République polonaise, avec près de cent compagnons périrent, leur avion s’écrasant à cet endroit. Nous ne nous attarderons pas sur cette page douloureuse : Les médias français, quelques minutes après l’accident, clamaient déjà – sans rien en savoir – que c’était la faute du pilote polonais, qu’il n’y avait surtout rien à redire sur une quelconque faute du côté russe ! Un mot encore au sujet de Wajda et de son excellent film « Katyn ». Peu de Français ont pu voir ce chef d’oeuvre artistique et historique ; lorsqu’il est sorti en 2009 en France, il n’était même pas joué dans les grandes salles. Il fallait aller dans deux ou trois petites salles de Paris pour le voir ! Ceux qui ont pu voir ce film ont été bouleversés. Seuls quelques critiques, comme d’habitude, ont reproché à Wajda, d’être trop « nationaliste » dans ses oeuvres… Ainsi, dire la vérité sur un terrible événement occulté, c’est – quand il s’agit de la Pologne – déplacé, ridiculement patriotique, d’un nationalisme démodé, etc… N’étant moi-même qu’une modeste descendante de travailleurs immigrés, je me suis souvent ébahie devant le phénomène que représente l’élite polonaise (j’entends par là les artistes et penseurs). Si l’on considère le massacre systématique (dont on a un aperçu dans le film de Wajda) de ces élites par les Russes comme par les Allemands, il m’a toujours semblé admirable qu’il en reste encore à profusion dans la Pologne d’aujourd’hui comme d’hier. Apparemment, ce phénomène laisse de glace les « critiques » et « intellectuels » de la France d’aujourd’hui. Par contre, c’est devant la Culture russe (et c’est sans doute au détriment des autres Cultures, obstinément ignorées) qu ‘ils se pâment immuablement depuis cent ans, nous rabâchant le nom des trois ou quatre écrivains russes – toujours les mêmes .. Pas ringard du tout d’aller voir toujours les mêmes « trois soeurs » ou le même  « lac des cygnes » qu’on nous sert depuis un siècle ! (Seraient-ils aussi couverts de louanges s’ils n’étaient pas.. »russes? ») Cependant la Pologne – tout comme bien d’autres pays et particulièrement d’autres pays de l’Est tout aussi méritants – ne bénéficiant pas de ce… snobisme à son avantage, elle possède heureusement, pour faire connaître l’âme et la culture polonaises, de grands artistes comme Wajda accompagnant les très nombreux écrivains talentueux polonais. Merci, M. Wajda et chapeau bas !

 

HELAS ! En ce jour d’Octobre 2016, Hermine se sent bien triste. Parce qu’Andrzej Wajda vient de mourir. Et qu’elle aurait voulu qu’il soit immortel… Wajda, l’âme de la Pologne. Chacun de ses films, si variés dans leur thème, était un hommage à son pays. Il faisait comprendre les évènements dramatiques ou le quotidien des Polonais, à des Occidentaux qui comprenaient ou connaissaient mal cette complexité teintée d’exotisme de la Pologne. Tout ce que ce cinéaste montrait avec son immense talent devenait aussi clair qu’intense.  Rien de tordu chez lui, il était aux antipodes des modes, des films commerciaux. Puissent ses chefs-d’oeuvres cinématographiques demeurer immortels !

 

 

6. JERZY HOFFMAN (né en 2016).

 

Voici un remarquable cinéaste qui a, comme Wajda, réussi à faire revivre, par de somptueuses fresques, de grands moments de l’histoire de la Pologne.

 

Bien qu’il ait réalisé de multiples films, ses chefs-d’œuvre resteront à jamais liés à l’œuvre de Sienkiewicz, le prix Nobel de littérature, auteur de la  fresque historique « Par le fer et par le feu » (Ogniem i Mieczem ».

Jerzy HOFFMAN a su adapter magnifiquement cette trilogie au cinéma.

 

Le cinéaste a réalisé ses premiers films en 1965 par le film « Three steps on earth » qui lui a valu une médaille d’argent.
Dès 1969, il se lance dans la trilogie écrite par Sienkiewicz en réalisant une première partie intitulée « Messire Wolodyjowski », qui relate les combats, dans l’immense République de Pologne du 17ème siècle, entre hussards polonais et rebelles cosaques et tartares. La seconde partie de cette fresque historique, intitulée « Potop » sera tournée en 1974. Elle relate cette fois les invasions sanglantes des Suédois en Pologne, au 17ème siècle.

Enfin, la troisième et dernière partie, (qui aurait dû, selon l’ordre chronologique de l’œuvre de Sienkiewicz, être la première), intitulée « Par le fer et par le feu » retrace les luttes menées par les hussards polonais pour calmer la rebellion du cosaque Bogun Chmelinski, avec en fond l’histoire d’amour entre le valeureux Jan Kretuski et la ravissante Helena. C’est seulement en 1999 que Jerzy Hoffman a pu  réaliser ce volet, particulièrement abouti.

Dans les trois parties, on peut admirer les magnifiques paysages de steppes, la reconstitution parfaite des batailles, les uniformes, les combattants, dont la cavalerie polonaise constituée des fameux hussards aux ailes de métal qui impressionnaient tant l’ennemi. Toutes ces scènes sont saisissantes.

 

Même si certains passages, imposés par la cruauté des envahisseurs mongols, sont particulièrement violents (notamment les scènes d’empalement que pratiquaient les Tatars sur leurs prisonniers), ces trois films de la trilogie se regardent avec plaisir. Ils nous instruisent, avec maints détails réalistes, sur les évènements vécus par les Polonais dans le passé. On sait que l’invasion suédoise du 17ème siècle avait été particulièrement destructrice, réduisant villes et villages en cendres. De là vient le surnom de cette invasion « Le Déluge » (Potop).

 

 

Jerzy HOFFMAN a reçu maintes distinctions, pour cette trilogie comme pour ses nombreux autres films. Sa dernière réalisation, en 2010, intitulée « La guerre de Varsovie en 1920 » relate la fameuse victoire des armées polonaises commandées par le maréchal Pilsudski sur l’Armée Rouge de Staline, victoire si inattendue qu’on l’a  surnommée « le miracle sur la Vistule ».

Ce film est le premier film polonais réalisé en 3 D !

 

Souhaitons à Jerzy Hoffman encore beaucoup de ces excellents films. Et n’hésitez pas à offrir le DVD de la trilogie « Par le fer et par le feu » à vos amis. Ils apprendront ainsi bien des choses sur cette époque et cette partie de la Pologne quasi-exotique des confins de l’Ukraine. Vous pouvez trouver ces DVD à la Librairie Polonaise Bd Saint-Germain à Paris ou les commander sur Internet.

 

Hermine

 

7. Jerzy SKOLIMOWSKI (né en 1938 à LODZ)

Formé lui aussi à l’Ecole de Lodz, il aida Roman Polanski, alors dans la même école, à la réalisation de son film « Le couteau dans l’eau ». En 1964, il réalise les films « Signe particulier : néant » , « Akt », le départ ». Il a réalisé ensuite des films en Grande-bretagne : «Deep end », « le bateau-phare ». C’est en 1991 qu’il se lance dans l’adaptation du roman connu de cet écrivain polonais particulier que fut Witold Gombrowicz : « Ferdydurke » qui décrit de manière sarcastique le conditionnement des êtres par la société. Skolimowski, artiste aux talents variés, se consacra pendant 17 ans à la peinture. Il revint à la réalisation cinématographique avec un film en 2008 : « Quatre nuits avec Anna ».  Tout récemment, il a également réalisé le film « Essential Killing » relatant les tribulations d’un Afghan muet poursuivi.

8. Roman POLANSKI (né en 1933)

Roman Polanski est comédien, metteur en scène de théâtre et de cinéma, producteur, scénariste et réalisateur franco-polonais. Pendant la seconde guerre mondiale, enfant du ghetto juif, il réussit à s’échapper et est recueilli par une famille de fermiers. Il revient à Cracovie après la guerre. En 1955, Polanski est reçu à l’école de cinéma de Lodz et ce sera le début d’une prestigieuse carrière de réalisation cinématographique. En 1958, il gagne des récompenses pour « Deux hommes et une armoire ». Mais c’est son premier long-métrage en 1962 qui le lance définitivement : LE COUTEAU DANS L’EAU. Ce film co-écrit avec Skolimowski, bénéficia de l’accompagnement musical excellent de Krzysztof KOMEDA. Après un succès international et un prix obtenu à la Mostra de venise, le film est projeté au Festival de new-york. Sollicité de toutes parts, Roman Polanski s’installe à Londres où il réalise un thriller : « Répulsion » avec Catherine Deneuve, puis la comédie « Cul-de-sac ». Pour ces oeuvres, il remporte un Ours d’Argent et un Ours d’Or au Festival de Berlin en 1964 et 1965. En 1966, à nouveau avec un accompagnement musical de Komeda, il produit « le Bal des vampires », parodie de film d’horreur. Il y tient un rôle en tant qu’acteur, avec sa nouvelle femme, la comédienne américaine Sharon Tate. Viendra ensuite le thriller fantastique « ROSEMARY’S BABY » qui relate les angoisses d’une jeune femme (Mia Farrow) victime d’une secte de sorciers adorateurs de Satan. Il lance ainsi la mode des thrillers sataniques. Ce film reçoit deux nominations aux Oscars 1968. Alors qu’il est au sommet de sa gloire, Roman Polanski est frappé par un drame personnel : Sa femme Sharon Tate, enceinte de huit mois, est assassinée avec quelques amis dans leur villa à Los Angeles, par les adeptes de la secte de Charles Manson. Après quelques années d’errement, il trouve à nouveau le succès avec son film « CHINATOWN », drame policier. Le film reçoit onze nominations aux Oscars. Son film suivant « le locataire » avec Isabelle Adjani, proche du délire hallucinatoire est considéré par les critiques comme l’une de ses oeuvre les plus abouties. Devant alors quitter les Etats-Unis à cause d’un procès où il est accusé de viol sur mineure (affaire qui bouleversera à nouveau sa vie trente années plus tard), Polanski s’installe à Paris. Il réalise le film « TESS » qui reçoit une avalanche de prix en 1980. La réalisation de son spectacle « Pirates » par contre, se solde par un gouffre financier. Suivront néanmoins d’autres succès : « Frantic », « La jeune fille et la mort » et « la neuvième porte », bien salués par la critique. En 1989, il épouse en troisième noces l’actrice Emmanuelle Seigner dont il a deux enfants. En 1998, il est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts de France pour sa création artistique. Et il revient sur le devant de la scène en 2002 avec son excellent film « LE PIANISTE», adapté de l’autobiographie du pianiste polonais Wladyslaw Szpilman. Il y évoque l’occupation de la Pologne pendant la seconde guerre mondiale. Le film remporte la Palme d’or à Cannes, sept Césars dont celui du meilleur acteur pour Adrien Brody. Il évite d’aller chercher sa récompense à Los Angeles, où son film est pourtant acclamé. Le procès très ancien en effet court toujours et c’est en 2009, alors qu’il se rend à un festival de cinéma en suisse qu’il est arrêté par la police à Zurich, rattrapé par l’affaire de 1978. Après des mois d’assignation à résidence dans son chalet de Gstaad, il est libéré en juillet 2010 par les autorités suisses refusant de l’extrader vers les Etats-unis. Pendant cette période, il a achevé la réalisation de son dernier film, « THE GHOST WRITER » pour lequel il a reçu l’Ours d’argent au festival de Berlin. L’un de ses plus récents films, « Carnage », est excellent.

9. Andrzej ZULAWSKI (1940-2016)

Celui qui est peut-être plus connu en France comme « l’ex-mari de Sophie Marceau », Zulawski est un réalisateur de cinéma, scénariste et écrivain polonais. Il fut quelques années assistant d’Andrzej Wajda entre 1960 et 1966. Puis il débute en 1967 avec un film pour la télévision « le chant de l’amour triomphant » (Piesn triumfjacej milosci) pour lequel il a reçu le diplôme d’honneur de la Los Angeles Academy of Television. Il décida de travailler en France lorsque son film suivant « Le Diable » fut interdit en Pologne par la censure en raison de la violence de certaines scènes. En 1974, il réalise « l’important c’est d’aimer » avec Romy Schneider, qui remporta un grand succès en Occident. Son film suivant « Possession », en 1978, relate la crise conjugale entre un agent secret et une femme possédée par une force mystérieuse. Ce sera le commencement de sa liaison avec l’actrice Sophie Marceau avec laquelle il restera marié pendant une quinzaine d’ années. Ils auront un fils, né en 1995. Il fera tourner Sophie Marceau dans les films qu’il réalise : « Mes nuits sont plus belles que vos jours » ; « L’amour braque », et en 2000, « La Fidélité » inspiré du livre « La princesse de Clèves ». Le couple est maintenant séparé. Retiré en Pologne, Andrzej ZULAWSKI s’est consacré davantage à l’écriture. Il est mort en 2016.

10. Krzystof ZANUSSI (né en 1939)

Né à Varsovie, Zanussi a commencé par la réalisation de films documentaires. Il fit ses études à Varsovie puis à l’Université de Cracovie. Diplômé de l’Ecole du cinéma de Lodz en 1966, son film réalisé pour ce diplôme « Mort d’un Provincial » (Smierc prowincjala), remporta un prix à Venise, à Valladolid et à Moscou. Puis il reçut le Grand prix de San Remo avec « Hypothesis » en 1973. Il fut encore récompensé à Chicago pour « Vie de famille » en 1971. Son film « Illumination » en 1973 reçut le Grand prix de Locarno et une récompense à Gdansk.

11. Agnieszka HOLLAND (née en 1948)

Agnieszka HOLLAND est né à Varsovie; contrairement aux précédents cinéastes, ce n’est pas à l’Ecole de Lodz qu’elle reçut sa formation cinématographique mais à l’ école de Prague. Elle débuta sa carrière en Pologne avec Zanussi avant de réaliser elle-même ses films qui obtinrent bientôt des distinctions lors des festivals : A Cannes en 1980, à Berlin en 1981, à Montreal en 1987 et le Golden Globe Award en 1991. Considérée comme une importante représentante de la « Nouvelle Vague polonaise », elle se fit connaître aux Etats-unis pour ses films « Europa Europa » , « Olivier Olivier » et « Le jardin secret » C’est aux Etats-Unis qu’elle réalisa en 1994 « Red Wind », un thriller pour la télévision, produit par Sydney Pollack, puis « Washington Square ». n peut rajouter, dans la continuité de ces créateurs chevronnés, deux cinéastes polonais dont on a parlé récemment sur le plan international :

12. Andrzej JAKIMOWSKI

En 2007, il a réalisé un film appelé « Un conte d’été polonais » (Sztuczki) qui a été trois fois primé à la Mostra de Venise ainsi qu’au Festival du film de Gdynia. Jakimowski a su relater avec poésie l’histoire simple et émouvante d’un petit garçon : Au cours de l’été de ses 10 ans, Stefek observe les trains défiler dans la petite gare de son village polonais. Elevé par sa mère qui tient une modeste épicerie, il ne perd pas espoir que son père revienne. Plein de confiance en l’avenir, il passe son temps assis sur le banc de la gare. Un jour, il voit un homme monter dans un des trains : un étrange sentiment lui fait croire qu’il s’agit de son père qu’il n’a jamais vu… On s’interroge à travers les péripéties du film, jusqu’à la fin inattendue. Tout le film baigne dans la tendresse et la poésie. Le décor où vit le jeune garçon, bien que monotone, ne tombe pourtant jamais dans le misérabilisme. D’autre part, un cinéaste au nom polonais a réalisé un film sorti tout récemment, dont on a beaucoup parlé :

13. Lech MAJEWSKI

Son film, une production polono-suédoise sortie en 2011, se nomme « BRUEGEL, le moulin et la croix ». Lech Majewski, a osé l’exercice périlleux d’adapter une œuvre picturale à l’écran, en entrant dans l’univers d’un célèbre tableau de Bruegel. Rappelons les circonstances de ce tableau : En 1564, alors que les Flandres subissent l’occupation brutale des Espagnols, Pieter Bruegel l’Ancien, achève son chef d’œuvre « Le Portement de la croix » et c’est le message du peintre que l’on va décrypter pas à pas. Le film plonge littéralement le spectateur dans le tableau et suit le parcours d’une douzaine de personnages au temps des guerres de religions. Leurs histoires s’entrelacent dans le vaste paysage flamand où les villageois poursuivent leur vie simple, avec parfois la rencontre d’ennemis féroces. Bruegel lui-même s’y promène au milieu d’hommes et de femmes en costume. Comme un leit-motiv, apparaît par intermittences une mère, (interprétée par l’actrice Charlotte Rampling), personnage de douleur identifié à la Vierge Marie, dont le fils est emmené par les soldats espagnols. Les personnages parlent rarement. La plus grande partie du film se déroule dans le silence et dans la lenteur, la caméra errant dans un décor de personnages vivants immobiles, s’articulant autour de deux éléments essentiels : Un moulin où l’on voit vivre une famille de villageois et une croix, symbole de la souffrance. S’ajoute à ces deux éléments, une toile d’araignée qui prend valeur de symbole à la fin du film. Le cinéaste ne raconte pas d’histoire, mais le spectateur est amené à voir le tableau d’un autre œil. Derrière le silence et l’immobilité de la toile, apparaît l’évidence des évènements dramatiques, la cruauté de l’envahisseur apparaissant dans la vie tranquille des habitants, la souffrance de celui qui voudrait se révolter. Contrastant brutalement avec cette quasi-immobilité, la scène d’une cruauté intolérable, l’agonie et la mort d’un jeune villageois que l’ennemi met en croix, déchiqueté par les corbeaux, et la douleur de la mère. Outre cette compréhension du tableau que Majewski propose tout en douceur au spectateur, le film se caractérise par une impressionnante esthétique. Les paysages par moments s’éclairant d’une lumineuse beauté qui ne peut laisser indifférent, même si les critiques ont été mitigées sur ce film.

A l’issue de ce bref aperçu du cinéma polonais, où l’on voit que nombre de réalisateurs eurent et ont toujours un rôle reconnu, vous vous posez cependant une question : Mais pourquoi connait-on si peu de noms polonais de l’autre côté de la caméra, c’est-à-dire des acteurs et des actrices ? Pour les acteurs, il y a en a trois cependant qui bénéficient d’un certain renom, au moins dans le milieu des cinéphiles avertis :

14. Andrzej SEWERYN, né en 1946

Cet acteur a suivi une formation à l’Ecole Supérieure de théâtre de Varsovie. Pour commencer, c’est le cinéma qui le fera connaître, principalement par les films d’Andrzej Wajda : « La terre de la grande Promesse (Ziemia Obiecana) », « Le chef d’Orchestre », pour lequel il obtint le prix d’interprétation du festival de Berlin en 1987. Viendront ensuite , toujours réalisés par Wajda : « Danton », L’homme de fer », « Pan Tadeusz », « La Vengeance ». Au début des années 1980, membre du syndicat Solidarité, après le coup d’Etat en Pologne, il décide de rester en France où il acquiert la nationalité française. Depuis, il a joué sous la direction de Patrice Chéreau « Peer Gynt », de Peter Brook, il a interprété le « Tartuffe » et « le Misanthrope », « Dom Juan » de Molière, « la maison de Poupée » d’Ibsen, etc… Il entre à la Comédie-Française en 1993 et devient sociétaire en 1995. Il y a joué « Hamlet » et « Le Marchand de Venise » de Shakespeare, « Les fausses confidences » de Marivaux. Outre son rôle d’acteur, il a souvent assuré la mise en scène au théâtre. En 2005, après une remarquable mise en scène de « La nuit des rois » de Shakespeare à la Comédie Française, il a été fait chevalier de la Légion d’Honneur, ainsi que chevalier dans l’Ordre du Mérite et chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

(Photo des 3 amis héros du film de Wajda « La terre de la grande promesse ». Andrzej Seweryn est à gauche. Daniel Olbryschy est au milieu et à gauche Pzoniak)

. Cet acteur franco-polonais qui a tellement tourné et joué à Paris n’est cependant pas vraiment connus par les Français. L’autre acteur polonais que nous présentons ci-après l’est encore moins.

15. Daniel OLBRYCHSKI, né en 1945

Ce beau blond au physique très « canon », qui a commencé, à l’instar de Seweryn, comme acteur-fétiche dans les films d’Andrzej Wajda, a eu un certain succès dans nombre de pays étrangers. En France, étonnamment, son nom est presque inconnu du grand public.

(Autre photo tirée du film de Wajda « terre de la grande promesse ». Daniel Olbrychski est à gauche, Andrzej Seweryn à droite, au centre Pszoniak)

Daniel Olbrychski est né à Lowicz en Pologne. L’un de ses premiers grands rôles fut dans le film « Le tambour » adapté du livre de Gunter Grass, dont l’action se passe à Gdansk. Wajda lui confie ensuite la vedette de nombreux de ses films : « Cendres » « Pan Tadeusz ». Il fut réputé pour sa capacité à remplir parfaitement les rôles dans des films d’aventures, où, atlète et cavalier accompli, ses performances ne nécessitaient pas le doublage par un cascadeur. Il apparaît ensuite dans une partie du « Décalogue » de Kieslowski. Mais ses rôles les plus remarquables, il les trouvent dans les deux films de Wajda « les demoiselles de Wilko, puis « Terre de la Grande Promesse » (Ziemia Obiecana) où il campe, aux côtés de Seweryn, l’un des trois héros ambitieux, le séduisant et cynique jeune aristocrate polonais de Lodz. En 1986, Daniel Olbrychski reçoit la Légion d’honneur en France. En 2007, lui est décerné le Prix Stanislavsky au Festival international du film de Moscou, pour l’ensemble de sa carrière.

– Le troisième de la bande des acteurs des films de Wajda : Wojciech PSZONIAK.

Rendons lui également hommage. Acteur incroyablement expressif, il fut l’un des trois larrons de « la terre promise ». Puis interpréta avec maestria, de nouveau dans un film d’Andrzej WAJDA, le rôle de Robespierre dans son « Danton ».

Et les femmes, nous demandons-nous ? Pourquoi n’y a-t-il pas et n’y a-t-il jamais eu une Sophia Loren ou une Monica Bellucci polonaise ? Mystère. Les très belles femmes manqueraient-elles en Pologne ? Certes non. Il y a eu pourtant une exception, dont les jeunes n’ont peut-être pas entendu parler mais qui a eu une réelle gloire.

16. Pola NEGRI, vedette internationale du cinéma muet (1894-1987)

Pola Negri (de son vrai nom Barbara Apolonia Chalupiec) est née en 1894 à Lipno en Pologne.

D’abord danseuse au sein du ballet de Saint-Petersbourg, elle passa de la danse au cinéma. Elle tourna plusieurs films à Varsovie, prenant le pseudonyme de Pola Negri en hommage à une poétesse italienne. Ernst Lubitsch la propulse rapidement au rang de star. A Hollywood, elle tourne avec Charlie Chaplin et Rudolph Valentino. Cependant, l’arrivée du cinéma parlant porte un coup fatal à sa carrière hollywoodienne. Elle ne tournera plus que dans quelques films secondaires. Pola Negri est morte d’une pneumonie à l’âge de 92 ans et est enterrée à Los Angeles. Voici les principaux films où on a pu admirer son joli minois : – « Niewolnica zmyslow » de Jan Pawlowski en 1914. – « Les yeux de la momie » de Lubitsch en 1918. – « Carmen » de Lubitsch en 1918. – « forbidden paradise » de Lubitsch en 1924. – « Mazurka » de Willi Forst en 1935. Puisque nous sommes dans les comédiennes polonaises de renom, en voici une autre, mais pas dans le cinéma, dans le domaine du théâtre, quant à elle. (A son époque, le cinéma n’existait même pas). C’est une comédienne-tragédienne de théâtre qui eut un renom considérable aux Etats-Unis autant qu’en Pologne :

17. Helena MODRZEJEWSKA (1840-1909)

Helena Opid – qui deviendra la célèbre Helena Modrzejewska – commence à vingt ans à travailler dans une compagnie de théâtre. Elle épouse l’acteur Konstanty Lobojko-Modrzejewski avec lequel elle aura deux enfants. Elle devint vite une comédienne de grand renom, connaissant un succès foudroyant en interprétant des rôles de Shakespeare. Elle se produit à Cracovie, Vienne, puis à Poznan où elle fait la connaissance de Karol Chlapowski avec lequel elle se remarie. Grâce aux relations de son mari, elle fréquente des intellectuels déjà bien connus comme le pianiste Ignacy Paderewski, les écrivains Sienkiewicz et Witkiewicz. Après s’être fait un nom en Pologne, elle va faire la conquête alors de l’Amérique, se produisant au théâtre de Californie puis dans de nombreuses villes des Etats-Unis (après avoir simplifié son nom en « Modjeska »). Elle prend la nationalité américaine, ce qui ne l’empêche pas de soutenir activement son grand ami, le célèbre pianiste Paderewski dans ses actions patriotiques en faveur de la résurrection de la Pologne. Elle revint parfois passer des vacances dans la station thermale de Krynica dans les Beskides, lieu de villégiature et de mondanités pour les personnages connus, où elle retrouvait ses amis. « La » Modzejewska s’est éteinte en 1909 à Newport-Beach. Selon son vœu, elle est enterrée à Cracovie. Aucune Polonaise, dans le monde du spectacle, n’a eu depuis un tel renom international.

Voilà… Ce petit tour du cinéma polonais est terminé. Si vous n’avez pas la possibilité de voir en salle ces films excellents dont certains sont anciens, sachez que beaucoup sont en version DVD. (on peut trouver ces DVD, par exemple, à la Librairie Polonaise du bd Saint-Germain à Paris).

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