2ème dîner autour du roi Poniatowski

Invité n° 1 : Franciszek Smuglewicz, peintre (1745-1807)

« Le serment de Kosciuszko »

Le premier invité qui s’installe à la table du roi est Franciszek Smuglewicz, un dessinateur et peintre.
Il est né en 1745 à Varsovie, a étudié à l’école des Beaux-Arts grâce à une bourse du roi Poniatowski. Il a pendant quelques années partagé son temps entre Varsovie et Rome. Revenu à Varsovie en 1784, il a fondé sa propre école d’art pictural, prédécesseur de l’Académie moderne des Beaux-Arts. Il a été invité à réaliser également à Saint-Petersbourg des peintures décoratives commanditées par le tsar Paul 1er en 1800.
Sa peinture correspond aux goûts du roi, selon le style néo-classique qui fait référence dans les académies des Beaux-Arts de Rome et de Paris. C’est l’époque où des monuments de l’Antiquité ont été mis au jour en Italie, admirés pour leur simplicité, la clarté des formes.
Stanislaw-August apprécie assez que ses peintres attitrés aient eux aussi recours à des sujets, des personnages tirés de l’Antiquité. Ainsi, il réserve un grand succès à l’ouvrage de Smuglewicz « l’ostracisme d’Aristide ».
Smuglewicz aime la diversité : son style classique est souvent teinté de baroque. Pour ses sujets, après les références antiques, il s’est lançé dans une série de croquis et lithographies inspirés de l’Histoire de la nation polonaise écrite par l’écrivain Adam Naruszewicz. Cette série, bien que jamais achevée, lui vaut une grande popularité. Il a une seconde résidence à Vilnius, où il a fondé l’institut du croquis et de la peinture à l’Académie.
Smuglewicz est mort en 1807. Il peut être considéré comme le représentant de la peinture historique polonaise, laquelle a dominé les Beaux-Arts de la Pologne durant tout le 19ème siècle.Parmi les tableaux ayant survécu aux évènements, les plus remarquables sont : « Sobieski victorieux à Chocim », « La réunion du Sénat en 1793 » et « Le serment de Kosciuszko à Kraków » de 1797.

Invité n° 2 : Jozef PESZKA, peintre (1767-1831)

Aquarelle de PESZKA

Le maître est quasi inséparable de l’élève. Jozef PESZKA est un jeune que Franciszek Smuglewicz a formé, qui est resté longtemps sous l’influence stylistique du maître à tel point que des critiques ont reproché à Peszka un quasi-mimétisme. Mais le maître a su épanouir le talent original de Peszka et le jeune artiste a finalement trouvé son style propre, privilégiant des sujets très variés. Les nombreux voyages qu’il a effectués à Moscou et à Vilnius l’ont mûri.
L’aquarelle qu’a réalisé Jozef PESZKA enthousiasme le roi et ses invités. Toutefois, le paysage n’est pas ce qu’il peint le plus souvent. Il excelle dans les portraits d’illustres personnages du siècle des Lumières. Dans son oeuvre, le néoclassicisme se mêle étrangement au style sarmate. Il rajoute, autour de ses personnages, des accessoires comme livres, plumes, épées. Son tableau représentant le politicien Hugo Kollataj a été remarqué. Derrière le portrait expressif de Kollataj est représenté en fond la déesse antique Temida, symbolisant l’esprit de justice et de morale.
L’artiste semble fasciné par l’art antique dont les réminiscences apparaissent dans ses oeuvres, comme le portrait de la comtesse Teofila Radziwillowa en déesse Hébé donnant à boire à l’aigle de Zeus.
Peszka s’est établi à Cracovie où il est devenu professeur de peinture à l’Ecole des Beaux-Arts. Il est aussi magistrat des Beaux-Arts de l’Université de Vilnius. Dans son œuvre, le romantisme pointe déjà dans le néoclassicisme

Invité n° 3 : Kazimierz WOJNIAKOWSKI, peintre (1772-1812)

Statue de Tancrède au Parc Lazienki

C’est un élève de Bacciarelli qui nous rejoint maintenant. Kazimierz WOJNIAKOWSKI, né à Cracovie où il a étudié d’abord, s’est installé ensuite à Varsovie, entrant à l’atelier de Bacciarelli. Travaillant pour la haute noblesse polonaise, notamment pour la famille Czartoryski à Pulawy pendant deux années, il a trouvé sa voie comme portraitiste, comme son collègue et concurrent Jozef Grassi. Ses tableaux, représentant le personnage au milieu de la nature, s’apparente au portrait à l’anglaise. Il a participé à l’insurrection de Kosciuszko contre les Russes et mémorise dans ses tableaux plusieurs scènes de batailles. Il aime également peindre des scènes religieuses.
Nombreuses surtout sont ses scènes de parc où se promènent élégamment des femmes en robes claires et des enfants. Il sait rendre une atmosphère de délicatesse.
Néanmoins, une atmosphère plus dramatique apparaît sur l’un de ses tableaux les plus remarqués : « l’Espoir ». Il y représente en clair-obscur une femme au crépuscule qui tend la main vers la seule lumière : une étoile dans le ciel, inaccessible.

Invité n° 4 : Jozef GRASSI, peintre (1757-1838)

Portrait du prince Jozef Poniatowski, Maréchal de France.

Voilà un invité qui sait ce qui fera plaisir au roi : Jozef Grassi apporte un portrait qu’il a réalisé d’un autre Jozef, le neveu du roi, Jozef Poniatowski. Le roi ne cache pas la tendre affection qu’il porte toujours à son neveu qu’il s’est chargé d’éduquer à la mort de son frère. Ce neveu, cependant, est né à Vienne où son père servait dans l’armée impériale et on l’a surnommé dans son enfance „Der Wiener Kind”. Aussi, le roi a veillé à ce que le jeune garçon ne perde pas tous sentiments patriotiques envers la Pologne. Il n’a pas de crainte à avoir : le jeune homme n’a pas tardé à montrer un patriotisme dépassant celui du roi puisqu’il va exhorter à maintes reprises son oncle à continuer les combats contre les envahisseurs et même lui reprochera sa mollesse face aux Russes.
Le peintre Grassi a fait un portrait particulièrement expressif du jeune homme en uniforme.
Józef Grassi, lui aussi est né à Vienne, il fut d’abord un peintre travaillant à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, avant de travailler sur invitation du roi Poniatowski, à Varsovie.
Il était le frère cadet du sculpteur Antoni Grassi, célèbre lui aussi.
Grassi a acquis sa renommée en qualité de portraitiste de l’aristocratie polonaise.

Invité n° 5 : Franciszek Karpinski, écrivain (1741-1825)

Franciszek Karpinski

Les invités peuvent se préparer à beaucoup débattre durant le dîner. Arrive un brillant causeur et penseur renommé, Franciszek Karpinski.
Né en 1741, ce poète a fréquenté l’Université de Lvov, obtenant le titre de docteur en philosophie. Parlant plusieurs langues, il a trouvé d’abord une fonction dans des familles de magnats.
Son premier volume de poèmes a attiré l’attention du prince Czartoryski dont il est devenu un moment le secrétaire ; puis il s’en est allé à Bialystok au domaine de la famille Branicki.
C’est l’évêque Naruszewicz qui l’a présenté au roi Poniatowski ; ce dernier, séduit par sa poésie, l’a installé à Varsovie en 1783, lui confiant la fonction de bibliothécaire et secrétaire aux affaires politiques.
Esprit original, Karpinski est, quant à lui, fasciné par la Culture populaire, se montrant particulièremenr réservé sur la poésie trop tournée vers la mythologie.

Il crée un mouvement sentimentaliste lyrique polonais où se distinguent ses élégiaques, ses vers patriotiques („Les regrets du Sarmate,” le Chant de l’aëul Sokalski), ses poèmes d’amour (nostalgie du printemps).

Il bénéficie d’une grande popularité mais, déçu par les conflits qu’il observe dans la capitale, il vit davantage en province. Il a reçu don du village de Krasnik, (qu’il a renommé Karpin) où il séjourne volontiers. Ce qui ne l’empêche pas de revenir souvent à Varsovie… notamment pour y participer aux jeudis culturels du roi Poniatowski et y discuter brillamment !
De son recueil de poèmes d’amour, il va nous réciter un ode à l’amour perdu :

SOUVENIR D’UN AMOUR ANCIEN

Le ruisseau coule dans la vallée,
Au bord du ruisseau, des sycomores,
Et là-bas, toi et moi, Justina,
Nous passions de douces soirées.
La nuit nous a semblé courte,
Nous nous séparons à l’aube,
L’amour nous a pris nos rêves,
L’amour vit d’insomnies.
Aujourd’hui, alors que le destin cruel
Nous a séparés,
Le berger indifférent
a abîmé nos marques sur l’arbre;
Et les traces se sont effacées,
La végétation envahit les bois,
Le ruisseau, les arbres sont restés ;
Tu n’es plus là, Justina !

PRZYPOMNIENIE DAWNEJ MILOSCI

Potok plynie dolina,
Nad potokiem jawory,
Tam ja z toba, Justyno,
Slodkie pedzil wieczory.
Noc sie krótka zdawala,
Zegnamy sie z switaniem,
Milosc sen nam zabrala,
Milosc zyje niespaniem.
Dzis, kiedy nas w swym gniewie
Los rozdzielil opaczny,
Znaki nasze po drzewie
Popsul pasterz niebaczny.
I slady sie zmazaly!
Las zarasta krzewina!
Potok, drzewa zostaly;
Ciebie nie masz, Justyno!

En 1818, Franciszek Karpinski acheta une propriété à Wolkowyska où il continua d’écrire jusqu’à la fin de sa vie. Ce sentimental qui écrivait si bien des poèmes d’amours, ne se maria jamais. Karpinski est mort en 1825.A noter que ses chants religieux, devenus très populaires, sont chantés jusqu’à aujourd’hui („Kiedy ranne wstaja zorze” – „Wsystkie nasze dzienne sprawy” – „Pan idzie z nieba” – „Piesn o narodzeniu Panskim”).

Invité n° 6 : Adam Naruszewicz, écrivain et rédacteur du « Monitor » (1733-1796)

Près du roi prend place maintenant à la table Adam Naruszewicz. Il est le conseiller de sa Majesté.
Ce personnage influent est un jésuite. Il a étudié à l’académie de Vilnius. Il y a ensuite enseigné la rhétorique.
Esprit polyvalent, il est à la fois poète, historien et rédacteur en chef du journal « Monitor », où il propage les nouvelles idées et tendances apparues en Europe. Son talent a attiré l’attention du roi Poniatowski qui, après la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773, l’a nommé évêque de Smolensk puis évêque de Luck.
Il a beaucoup aidé le roi de son soutien pour faire adopter la constitution de 1791 qu’il a lui-même présenté avec brio à la Diète.
Si le roi apprécie ses fables divertissantes, il estime surtout Naruszewicz pour l’oeuvre qu’il a réalisé sur sa demande à partir de 1775 : Une histoire de la nation polonaise. C’est une oeuvre considérable en 17 volumes, relative surtout au Moyen-Age.
Il a également produit une traduction de Tacite et une histoire des Tartares de Crimée, écrite en 1797.
Nombreux sont ses poésies et fables, ses épigrammes, ses satires, ses tragédies, ses odes. Il est un représentant important du classicisme stanislawien même s’il ne suit pas toujours le règlement et se permet des critiques.
Dans son oeuvre fantaisiste « Balon », il critique indirectement la situation politique de la Pologne, critique le pouvoir des Sarmates, et, plein d’espoir, vante finalement le rationalisme qui pourra sauver le royaume.
Naruszewicz est décédé en 1796 à Janow Podlaski (Pologne). Il a plus tard été remis à l’honneur par le mouvement positiviste.

Invité n° 7. Stanislaw TREMBECKI, poète (1737-1812)

Encore un invité du jeudi qui va sans doute distraire tous les convives : le poète et fabuliste Trembecki. Le roi le connaît bien.
TREMBECKI est né en 1737 près de Sandomierz en Pologne. C’est un grand poète des Lumières polonaises et lui aussi remplit les fonctions de secrétaire du roi, même s’il ne cache pas parfois quelques désaccords avec sa Majesté.
Trembecki a étudié à Cracovie la rhétorique. Il a interrompu ses études pour voyager, notamment en France. Ses voyages aventureux causèrent la dilapidation de son héritage paternel. Heureusement que son talent remarqué par le roi Poniatowski l’a mis provisoirement à l’abri du besoin.
Il s’amuse à publier ses ouvrages sous divers pseudonymes ou dans l’anonymat. Même s’il apparaît influencé par le classicisme français, il s’écarte cependant des standards classiques pour privilégier une certaine liberté, de la délicatesse et de la légèreté. Il a réalisé une traduction d’oeuvres de Voltaire et il compose en abondance des vers politiques, des fables et des poèmes, (dont le plus célèbre recueil est „Sofiowka”.)
C’est un esprit très moderne, il se montre ouvert sans préjugés à toutes sortes de tendances de l’époque : Hédonisme, libertinage, anticléricalisme, érotisme…
Trembicki va agrémenter le repas en nous lisant deux de ses fables : Attention ! Comme dans les fables de La Fontaine, il pourrait bien y avoir quelques critiques dans ces fables distrayantes. Et le roi le sait bien mais il en rit de bon coeur avec ses invités.

1. Le lion et la mouche.
« Le lion chasse une mouche, l’accusant de sentir mauvais. La mouche lui déclare la guerre, considérant qu’elle, bien que petite, saurait tenir tête même à un bison. Elle commence donc à attaquer le lion. Celui-ci recule, gronde, attaque. Le lion se fatigue tellement qu’il en tombe. La mouche, couverte de gloire, aveuglée par cette victoire, tombe dans la toile d’une araignée.
Moralité : Ne sous-estimons pas l’adversaire. Parfois l’ennemi qui apparaît faible, peut nous faire beaucoup de mal, Et un tel qui a réussi à traverser l’océan, peut périr dans le Dunaj. »

Lew i mucha.
« Lew wyganial muche, wyzywajac ja od smierdziuch w kale urodzonych. Much wydala mu wojne , twierdzac, ze ona, choc mala , to potrafi nawet zubrowi dokazac. Zaczyna wiec gryzc i atakowac lwa. Ten sie rzuca, wije, drapie. Lew tak sie zmeczyl, ze az sie przewrócil. Mucha okryla sie slawa i zaslepiona zwyciestwem wpadla w sieci pajaka . Moral: Czasem nieprzyjaciel, co sie slabym zdaje,/ Moze nam wiele dokuczyc,/Ze komu sie zdarzylo ocean przeplynac,/Moze na Dunaju zginac, tzn. nie wolno nie doceniac przeciwnika. »

2. La souris, le chat et le coq.
« Une mouche rencontre deux animaux : L’un paraît amical, inoffensif, l’autre est agité, menaçant, avec une crête – et cet animal-là a effrayé la souris qui s’est enfuie dans son trou. S’il n’y avait pas eu cet animal, la souris aurait fait connaissance avec l’autre, celui qui paraissait si charmant, amical. La souris voulait l’approcher, mais l’autre, cet être effrayant ne lui a pas permis et l’a chassée. La maman de la souris lui dit que le charmant animal, c’est un chat, leur pire ennemi, et l’autre, c’est un coq, que peut-être un jour eux-mêmes mangeront.
La maman a mis en garde sa petite souris : « Ne juge pas quelqu’un sur sa mine. Car dans ton jugement, tu risques de te tromper. »

Myszka, kot i kogut.
« Myszka spotkala 2 zwierzatka: jedno wygladalo na lagodne , unizone, drugie bylo butne, nastroszone, wrzaskliwe, z grzebieniem- to zwierze wystraszylo myszke i uciekla do jamy. Gdyby nie to zwierze, to myszka poznalaby tamto , które bylo takie mile, lagodne .Myszka chciala je poiskac, ale to wrzaskliwe stworzenie jej nie pozwolilo i ja przegonilo. Mama myszki mówi jej ,ze to mile zwierze to kot , ich najwiekszy wróg, a to drugie to kogut, które kiedys moze same zjedza. Mama przestrzega dziecko przed skromnisiem. Moral: Nie sadz nikogo po minie,/ Bo sie w sadzeniu poszkapisz. »

Invité Surprise

Qu’est-ce donc ? Le valet entre la mine surexcitée, se dirige vers le roi Poniatowski et lui chuchote quelque chose à l’oreille. Le roi se lève précipitamment et fait signe à tous les convives d’en faire autant. Il a l’air très ému. Les conversations s’interrompent, le silence est total, tous les yeux sont tournés vers la grande porte.
Alors entre un homme fluet, à l’air modeste, un peu courbé sous le poids des ans, portant une perruque blanche et un habit noir.
« Mes amis, dit le roi en levant son verre, vous avez devant vous l’un des personnages que j’admire le plus au monde. Un sage, un érudit, comme le monde en produit rarement. Un illustre visiteur qui nous vient de Paris : Le philosophe Jean-Jacques ROUSSEAU. Accueillez-le comme il se doit. »

Les invités accueillent le nouveau-venu avec enthousiasme. Ils savent ce que la Pologne doit à Jean-Jacques ROUSSEAU. La première constitution polonaise et première en Europe– si moderne dans son esprit – a été établi d’après un projet “Considérations concernant le Gouvernement de la Pologne” sorti de l’esprit de ce philosophe français qui a toujours montré intérêt et sympathie pour la Pologne.

Le roi lui a fait une place à sa droite. Il n’attendait plus la visite de ce personnage qu’il a maintes fois invité. Mais il sait que Rousseau est un personnage imprévisible. Il a la réputation d’être un brin misanthrope, fuyant les honneurs et les courtisans à l’inverse de son collègue Voltaire.
On dit qu’ il aime par-dessus tout se déplacer à pied, par de longues promenades dans la nature qu’il met à profit pour herboriser.
Il s’est rendu célèbre dans toute l’Europe par son “Contrat social” et le roi Poniatowski aime ses idées si nouvelles.
Poniatowski parle longuement avec lui, de politique, de musique et ils évoquent la défunte reine de France Maria Leszczynska, épouse de Louis XV, que Rousseau a très bien connue et appréciée pour ses qualités de coeur et d’esprit. Elle était la fille du Duc de Lorraine Stanislas, ancien roi de Pologne que les Russes avaient chassé de son trône et obligé à s’exiler. Rousseau s’attendrit en évoquant les bons moments passés au château de Lunéville, où il a été invité par le duc, mort un an avant sa fille.
Rousseau présage de grands bouleversements en Europe. Selon lui, en France, la révolution est en marche. Louis XV est mort depuis peu. Le nouveau roi Louis XVI est un faible, son épouse l’Autrichienne Marie-Antoinette est déjà détestée par le peuple en raison de ses dépenses inconsidérées. Pour la Pologne, il n’ose alarmer Poniatowski en lui exprimant ses craintes. Un premier partage partiel a déjà eu lieu. Il faut espérer que cela suffira à calmer la convoitise des états voisins, sinon, des évènements terribles se préparent pour le pays.
Pour le présent, Rousseau se laisse bercer par la quiétude du lieu. Varsovie, qu’il a traversé en diligence, lui a paru étonnement sereine. Elle offre une belle architecture qui n’est pas sans ressembler aux quartiers de Paris bâtis dans le nouveau style classique. Il sait que son hôte a gardé de ses séjours en France le goût pour l’architecture des Lumières et a paré la capitale de la Pologne d’élégantes constructions lui valant le surnom de “Paris du Nord”.
Ce palais Lazienki sur l’eau, notamment, est un véritable hâvre de paix. Par la fenêtre ouverte, il voit un petit temple de Sibylle et un lac sur lequel glissent majestueusement des cygnes blancs. Sur les pelouses de nombreux paons font la roue. Et le philosophe, béatement, se laisse griser par le parfum des lilas que le roi a fait planter à profusion…

A JEUDI PROCHAIN AU PALAIS LAZIENKI !

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