1er dîner du jeudi à la Halle aux Draps de Cracovie

Invité n° 1 : Peintre SIEMIRACKI Henryk (1843-1902)

C’est ce peintre qui fit don le premier d’une de ses œuvres les plus prestigieuses « Les torches de Néron » au futur musée de Cracovie, il mérite donc d’être le premier invité de M. le Maire.

Rideau du théâtre Slowacki de Cracovie réalisé par SIEMIRACKI sur toile.

Né en 1843 à Kharkov, il a étudié à l’Académie de Saint-Petersbourg où il a impressionné ses maîtres et reçu sans tarder nombre de médailles (il recevra au total 3 médailles d’or et 6 médailles d’argent). Son tableau « Alexandre le Grand » lui a valu en 1870 une médaille d’or. Après Saint-Petersbourg, il a étudié à Munich et à Paris où il a réalisé son tableau « Orgie romaine au temps de César ». En 1872. il a séjourné à Rome où il peint des toiles sur des sujets de l’antiquité dans des paysages baignés de soleil.
Le paysage tient une importance majeure dans ses compositions, mettant en valeur ses personnages, comme l’illustre sa meilleure représentation biblique « le Christ et la Samaritaine. Quant à son immense tableau « Les torches de Néron », il lui vaut le Grand Prix de l’exposition à Paris où il reçoit la Légion d’Honneur. Et c’est cette œuvre magnifique, dont il a fait don à la Ville de Cracovie, qui a été le premier élément du lancement de la collection du futur musée des Sukiennice.
Si Siemiradzki a été présenté durant une partie de sa vie à l’occasion d’expositions, comme représentant de la peinture russe de Saint-Petersbourg, il a eu à cœur de s’en démarquer, demandant à être rangé dans la famille des peintres polonais. Ainsi, il a réalisé une grande œuvre pour la société philarmonique de Varsovie, et également, très remarquée, la décoration d’un magnifique rideau pour le théâtre de Cracovie (portant le nom de « théâtre Slowacki »). Pour cette réalisation, il a refusé d’être indemnisé de ses frais. Cette allégorie représente Eros, Psyché, Terpsychor, la Musique et le Chant, la Trégédie et la Comédie.
Henryk Siemiradzki est mort en 1902 dans sa propriété près de Czestochowa en Pologne. Sa dépouille a été ramenée au Wawel de Cracovie, pour reposer parmi les Polonais qui s’étaient illustrés pour leur patrie.

Invité n° 2 : Peintre Jan MATEJKO (1838-1893)

Voici peut-être le plus illustre des peintres polonais. C’est un Cracovien de cœur qui voue sa vie et son talent à faire connaître l’histoire de la Pologne.

Matejko apporte ce curieux tableau appelé „Le stanczyk durant le bal à la cour de la reine Bona, au moment de la perte de Smolensk”, qu’il a peint en 1862 à l’âge de 24 ans, lui apportant la renommée. C’est un sujet historique par excellence : Il évoque la perte de Smolensk par la Pologne en 1514, sous le règne du roi Zygmunt. Le visage du Stanczyk, c’est celui de Matejko lui-même que le malicieux peintre a représenté. Le personnage apparaît très soucieux. En fond, la salle de bal du palais royal. Il se dégage du tableau une atmosphère de mélancolie.
Jan Matejko, le plus grand peintre historique de la Pologne, est né à Cracovie le 24 avril 1838, fils d’un professeur de musique d’origine tchèque. Sa mère est morte quand il avait sept ans.
De santé fragile, vivant à une période de révolutions en Pologne, Jan Matejko s’est intéressé passionnément à l’histoire de la Pologne dès son plus jeune âge, intérêt qu’accentuait le fait d’être élevé au milieu de cette ville de Cracovie pleine des monuments du passé. En 1848, âgé de 10 ans, il survécut au bombardement de Cracovie par les Autrichiens, ainsi qu’à l’insurrection de Janvier, qu’il aida en portant des armes aux insurgés.
Il s’est révélé dès l’enfance très doué pour les arts plastiques, dessinant partout où il le pouvait. Aussi à 14 ans, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie.
Il se spécialise très vite dans l’illustration des évènements du passé, comme la peinture des batailles (dont le tableau représentant la fameuse bataille de Grunwald où les Polonais vainquirent les chevaliers teutoniques), de rencontres royales ou de portraits d’illustres compatriotes, comme Kopernik ou Kosciuszko. Il a peint également des tableaux pour l’église Mariacki de Cracovie.
En 1867, son tableau « Rejtan » lors de son exposition à Paris, lui vaut une médaille d’or, distinction qu’il a précédemment reçue avec son tableau « Skarga ». Quant à son gigantesque tableau «La bataille de Grunwald », il fait un tour triomphal des villes d’Europe.
L’une de ses œuvres les plus magistrales est la galerie des portraits de tous les rois de Pologne, qu’il a réalisée à partir de 1890. On retiendra de lui qu’il a su, plus qu’aucun autre, prendre ses distances avec les modèles étrangers pour tenter de bâtir un art spécifiquement polonais, qui ne soit plus assujetti aux modèles venus de Paris ou de Munich.

Matejko est mort en 1893.Il est enterré à Cracovie.

Invité n° 3 : Peintre Wladyslaw LUSZCZKIEWICZ (1828-1900)

Casimir le Grand chez Esther

Suivant l’exemple de Henryk Siemiracki, d’autres peintres voulurent participer à donner au nouveau musée de Cracovie, leurs oeuvres principales, parmi lesquels LUSZCZKIEWICZ.
Wladyslaw Luszczkiewicz, né en 1828 à Cracovie, est un peintre polonais qui fut aussi conservateur de bâtiments et historien de l’art. Il a étudié à l’Université Jagiellon la philosophie et l’histoire, en même temps qu’il suivait des cours de peinture à l’école des Beaux-Arts sous la conduite de Wojciech Stattler. Il a voyagé à Dresde, Berlin et pour finir Paris où il a perfectionné son art en 1849 et il s’est lié d’amitié avec Henryk Rodakowski.
Dès son retour à Cracovie en 1850 jusqu’à sa mort, il est exceptionnellement actif dans le domaine artistique et pédagogique.
Précurseur de l’historisme dans la peinture polonaise, il a réalisé aussi des tableaux à thème religieux et des portraits (Défense de Czestochowa, le roi Zygmunt et Barbara, Jan Kochanowski et sa petite Urszulka, Cazimir le Grand chez Esther).
Le peintre Matejko a souvent exprimé son admiration pour la création de Luszczkiewicz.
Lukaszczkiewicz est en effet un remarquable pédagogue, enseignant gratuitement la perspective à l’école des Beaux-Arts de Cracovie. Il a pris la place de Wojciech Stattler lorsque celui-ci est parti à la retraite. Outre Jan Matejko, il conseille de futurs grands artistes comme Artur Grottger, Aleksander Kotsis, Jacek Malczewski, Stanislaw Wyspianski, Jozef Mehoffer, et d’autres.
Il dispense entre autres des cours au sein de l’Ecole industrielle de Dietl, devenant le premier historien de l’Art. A la lumière de ses voyages, notamment dans la France méridionale à la rencontre de l’art roman, il s’intéresse aussi particulièrement à l’art polonais médiéval et Renaissance.
Modeste, il dit à son entourage : „Il y a beaucoup d’autres qui peignent mieux que moi, mais il y en a peu qui veulent bien s’occuper des monuments de notre pays”.
Il est en effet le protecteur des monuments en Pologne, qu’il visite aux quatre coins du pays et dont il fait des représentations graphiques. (il publie en 1885 une série „le monde polonais par les monuments’). A la suite, il prit les fonctions de secrétaire du département d’archéologie de l’association des sciences. On le connait dans toute la Galicie, comme en Poznanie et d’autres régions de la Pologne, qu’il arpente à travers d’innombrables excursions afin de redécouvrir et remettre en valeur des vestiges artistiques picturaux ou architecturaux.
En 1854, il organise à Cracovie une exposition des anciens maîtres. Outre le regroupement de gravures et d’icones provenant de cerkiew entre le 15ème et le 18ème siècles, il a à coeur de retrouver des souvenirs de Mickiewicz, des collections de médailles et monnaies, répétant que : „le musée national ne doit pas être un endroit pour quelques élites, artistes et érudits, mais un lieu où le peuple devrait trouver bon accueil et éducation”. Il s’est occupé également du bon entretien de l’autel de WitStworz dans l’Eglise Mariacki et de la Halle aux Draps de Cracovie. Il a donc sa place par excellence dans ce dîner autour du Maire de Cracovie.
Luszczkiewicz est mort en 1900.

Invité n° 4 : Peintre KOSSAK Juliusz (1824-1899)

« Compagnon fidèle »

Voici un peintre qui donnera une lignée d’artistes dans sa descendance : les Kossak.
Juliusz KOSSAK, né en 1824 à Nowy Wisnicz est un peintre historique polonais qui s’est spécialisé dans les scènes de batailles et tableaux de chevaux, privilégiant l’aquarelle, réalisant une douzaine de tableaux panoramiques représentant la cavalerie polonaise.

Il a étudié la peinture avec Piotr Michalowski. En 1855, il est parti avec son épouse pour la France où ils ont passé cinq années. Ses enfants y sont nés. Le premier de ses fils, Wojciech, deviendra lui aussi un grand peintre. La famille est revenue cependant à Varsovie en 1860 où Juliusz Kossak prend le poste d’illustrateur pour le magazine « Tygodnik ». Puis ils s’installent à Cracovie où Kossak a acheté une petite propriété, connue sous le nom de « Kossakowka », réputée en qualité de salon artistique que fréquentent l’écrivain Henryk Sienkiewicz, Stanislaw Witkiewicz, le peintre Jozef Chelmonski et bien d’autres.
Juliusz Kossak y a vécu et y peint jusqu’à la fin de sa vie. Il a été honoré de la Croix du Mérite par l’empereur François-Jozef d’Autriche pour toutes ses remarquables réalisations artistiques.
Parallèlement à ses grandioses scènes de batailles, il a à cœur de peindre des scènes de la vie rustique et pastorale, des noces de campagne, des chasses.
Il a produit également une série d’illustrations pour la littérature comme « Pan Tadeusz » de Mickiewicz, des œuvres de Sienkiewicz et de Wincenty Pol, de Pasek et d’autres.
Lui aussi, comme Siemiradzki et Luszczkiewicz, n’a pas hésité à donner quelques-uns de ses tableaux pour lancer la collection de Cracovie.
Juliusz KOSSAK est mort en 1899 à Cracovie. Aussi illustres peintres que lui seront ses descendants, Wojciek Kossak et son petit-fils Jerzy.

Invité n° 5 : Peintre GERSON Wojciech (1831-1901)

« Courant asséché dans les montagnes Tatras »

Né en 1831 à Varsovie, Wojciech Gerson est un excellent représentant de la peinture réaliste. Adepte également de l’historicisme, il est souvent comparé à Matejko. Son premier grand tableau historique « Slowianie » (Les Slaves) a été exposé à Paris.
Gerson a fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Varsovie puis à Paris en 1856 dans l’atelier de Léon Cognier. Revenu à Varsovie en 1858, il s’y est établi.
Il y a créé la Société d’encouragement aux Beaux-Arts à Varsovie.
Enseignant le dessin et la peinture dans son atelier à Varsovie, il recommande à ses élèves l’étude de la nature en direct.
Peignant des paysages réalistes, comme des vues pittoresques des Tatras ou bien des Pieniny, où il a séjourné lors d’une cure à la station climatique de Krynica, il a à cœur, sur ces tableaux, de rendre les lumières changeantes aux différentes heures de la journée.
Il tient également la fonction de critique d’art dans une revue varsovienne et a écrit, à l’attention de ses élèves, un manuel d’anatomie ainsi qu’une biographie du défunt peintre Jozef Simmler.
Bien des artistes de la jeune génération polonaise montante – de tendance déjà impressionniste – feront leur apprentissage à la lumière des conseils de Gerson (tels Jozef Chelmonski, Podkowinski, Pankiewicz, Chodkowski, etc..).
Ses œuvres les plus fameuses figurent dans sa lithographie : Vues de Varsovie, Costumes traditionnels, Le Hetman polonais.

Mort en 1901, cet actif paroissien a été enterré au cimetière évangélique de Varsovie.

Invité n° 6 : Peintre Jozef BRANDT (1841-1915)

Né en 1841, Jozef Brandt, a d’abord entrepris des études d’ingénieur à Paris, puis il s’est tourné vers la peinture, fréquentant lui aussi l’atelier de Cognier. En 1860 il rentre en Pologne, bénéficiant des conseils de peintres chevronnés comme Juliusz Kossak et de Rodakowski.A partir de 1875, il dirige sa propre école privée pour les peintres polonais.
Ce peintre aime représenter des scènes à partir d’œuvres poétiques qui l’ont inspiré : Poèmes de Juliusz Slowacki, d’Adam Mickiewicz ou Wincenty Pol. Plusieurs de ses tableaux ont comme sujets l’histoire du 17ème siècle, avec ses batailles épiques entre Polonais et Tatares, où il excelle à rendre la dynamique des mouvements dans les batailles et les lieux remplis de foules. Il a utilisé sa connaissance personnelle des confins orientaux pour certains tableaux. Brandt excelle aussi dans les scènes de genre ayant trait à la vie contemporaine paysanne et villageoise rendue avec beaucoup de réalisme. Si les scènes de chasse sont aussi présentes dans l’œuvre de Brandt, il y met l’accent non sur le côté sanguinaire de la chasse mais sur la tradition, le courage, la beauté des chevaux et des chiens.

Jozef Brandt est mort en 1915 à Radom.

Invité n° 7 : Peintre Hipolit LIPINSKI (1846-1884)

Hipolit Lipinski est né en 1846 à Nowy Targ au Sud de la Pologne. Il a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie et à Munich. Devenu professeur d’art plastique, il a participé activement à l’organisation du Musée national de Cracovie.
C’est un peintre de la nature et de la vie rurale, il a peint de nombreux paysages exposés aux musées historiques de Cracovie, de Varsovie et de Wroclaw.
Il a apporté, pour divertir les invités de M. Le Maire, un de ses tableaux parmi les plus originaux représentant la cérémonie du Lajkonik à Cracovie (remémorant la tradition cracovienne se rapportant à l’invasion de la ville par les Turcs, cérémonie au cours de laquelle une créature mi-homme mi-cheval, richement décorée, est fêtée par les habitants).
A noter qu’Hipolit Lipinski fait partie de cette série de peintres qui firent cadeau à Cracovie, à l’exemple de Semiradzki, de quelques-uns de leurs tableaux pour l’essor du musée créé par Dietl.

Hipolit Lipinski est mort en 1884.

A jeudi prochain pour le second dîner à Cracovie autour de Dietl !

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