Rois de Pologne

Voici quelques exemples de rois particulièrement marquants dans l’histoire de la Pologne, illustrés par Matejko : Mieszko 1er et son fils Boleslaw le Vaillant, Casimir le Grand, Jagiello époux de Jadwiga, Zygmunt-August II, Henri de Valois, Jan-Kazimierz, Jean Sobieski, Stanislas Leszczynski et le dernier roi, Poniatowski.

MIESZKO 1er (963-992)

Il peut être considéré comme le premier roi de Pologne, bien que le premier roi couronné officiellement fût son fils Boleslaw le Vaillant. C’est Mieszko cependant qui fonda la nation polonaise.
Il était le descendant de la famille des Piast qui avaient le commandement de la grande tribu des Polanes. Les Polanes s’étaient réunis durant les 9ème et 10ème siècles avec d’autres tribus slaves installées entre l’Oder et la Vistule, marquant le commencement de la nation polonaise.
Vers 963, Mieszko épousa la princesse Dobrawa de la famille tchèque des Przemysl.
Il se fit baptiser en 966, instituant la religion chrétienne en Pologne qui devint alors un Etat.
Mieszko a instauré des liens amicaux avec les Hongrois et les Scandinaves, renforçant ainsi la position de l’Etat de Pologne. Il parvint à installer son peuple sur les bords de la Baltique, et bien que ces territoires septentrionaux restaient sous la suzeraineté de l’empereur d’Allemagne, il sut sauvegarder leur indépendance politique.
Il eut à cœur aussi d’obtenir le soutien de la Papauté romaine.
Peu avant sa mort, il parvint encore à intégrer la Silésie à l’Etat de Pologne, achevant ainsi son œuvre d’unification du territoire de la Pologne.

BOLESLAW LE VAILLANT (992-1025) « BOLESLAW CHROBRY »

Fils aîné de Mieszko 1er et Dobrawa, il est né vers 967.
Beaucoup le considèrent comme le premier roi officiel de la Pologne, son père Mieszko n’ayant pas été couronné officiellement.
C’était un chef à l’énergie exceptionnelle (d’où son surnom) et pourvu de talents politiques. Il obtint en l’an 1000 la garantie de l’empereur allemand Otton III de l’indépendance de l’Etat polonais. Il étendit également son pouvoir vers l’Est, par la conquête de Kiev et de ses environs.
Il fonda des archevêchés à Gniezno, Cracovie, Wroclaw et Kolobrzeg.
A sa mort, il laissait un état renforcé et agrandi.

KAZIMIERZ LE GRAND « WIELKI » (1333-1370)

Fils de Wladyslaw Lotkietka et de la Princesse Jadwiga, il est né en 1310.
Il fut couronné à la mort de son père. Au début de son règne, il chercha à éviter les guerres qui appauvrissaient le pays. Il fit la paix avec les Tchèques et étendit le royaume vers la Russie actuelle.
Sa plus grande réussite fut la prospérité qu’il installa en Pologne, encourageant le commerce, instituant l’Université de Cracovie, l’une des plus anciennes d’Europe centrale.
Son nom a été donné à un quartier de Cracovie, le quartier juif Kazimierz, rappelant que ce roi particulièrement ouvert et tolérant, avait encouragé un apport multiculturel en Pologne, notamment en accueillant de très nombreux Juifs chassés d’Europe occidentale.
Il fut le dernier descendant de la dynastie des Piast à régner.

LE ROI JAGIELLO ET LA REINE JADWIGA

La reine Jadwiga (1384-1399)

Née en 1373 ou 1374, elle était la fille de Ludwik, Roi de Pologne et de Hongrie .
Elle fut couronnée reine de Pologne à l’âge de dix ans. Son mariage avec le Grand-Duc de Lituanie Jagiello – qui se convertit au catholicisme avec ses sujets en devenant roi de Pologne – donna naissance à un immense Etat de Pologne-Lituanie.
Jadwiga et son époux menèrent tous deux les affaires de l’Etat. En 1387, elle obtint le retour à la Pologne du territoire de la Ruthénie rouge.
Elle s’occupa particulièrement durant son règne à des œuvres caritatives et culturelles et est, à ce titre, vénérée par les Polonais. Elle donna un nouvel élan à l’Académie de Cracovie qui dès lors devint la prestigieuse Université Jagiellon.
Elle mourut en 1399 en mettant au monde un enfant qui ne survécut pas. Elle est enterrée ainsi que son époux Jagiello dans la cathédrale du Wawel.

Wladyslaw Jagiello (1386-1434)

Il est né vers 1350 à Vilnius, fils du Grand-Duc de Lituanie Olgierd. En 1385, il se convertit à la religion chrétienne romaine Il épousa, après avoir consenti à se convertir à la religion catholique, la jeune reine de Pologne Jadwiga et fut couronné roi de Pologne. A la tête de l’immense Etat de Pologne-Lituanie, il dut  faire face à l’invasion des chevaliers teutoniques dans les régions septentrionales. Cette longue lutte se termina par la retentissante victoire des troupes polono-lituaniennes sur l’Ordre teutonique à Grunwald en 1410 (appelée également bataille de Tannenberg). Cette bataille décisive  valut au roi Jagiello une grande renommée. Durant le combat féroce, l’Ordre teutonique fut pratiquement anéanti, la plupart de ses principaux commandants – dont le Grand Maître de l’Ordre – furent tués au combat.
Le roi Jagiello devenu veuf, se remaria trois fois. Sans héritier de la reine Jadwiga, il laissa son trône en héritage au fils qu’il avait de sa quatrième épouse. Il règna sous le nom de  Wladyslaw Warnenczyk. La dynastie des Jagiellon, commencé avec le Grand-Duc Jagiello, put donc continuer jusqu’au brillant règne de Zygmunt-August où elle s’acheva.

ZYMUNT II AUGUST (1458-1572)

Fils de Zygmunt 1er et de Bona Sforza, il fut le dernier dirigeant de la dynastie des Jagiellon qui avaient succédé aux Piast.
Il s’appliqua à renforcer le pouvoir de la royauté et de renforcer les liens entre la Pologne et la Lituanie, ce qu’il réussit par l’Union de Lublin en 1569, ainsi la Pologne allait atteindre une superficie avoisinant le million de kilomètres carrés, constituant le plus large pays d’Europe.
Il renfloua les trésors de la couronne, renforça l’armée par une flotte sur la Baltique.
Il encouragea la tolérance, évitant les guerres de religions. Les arts et la littérature (avec des écrivains comme Jan Kochanowski, Rej, Gornicki, etc) s’épanouirent sous son règne, constituant « l’âge d’or » de la Culture polonaise.

HENRI DE VALOIS (1573-1574)

Bien qu’il ne soit resté sur le trône que très peu de temps, ce Français est un symbole car il fut le premier des rois de Pologne élu ; et à partir de ce moment tous les autres rois Polonais furent élus (par la noblesse).
Fils du roi de France Henri II et de la reine Catherine de Médicis, Henri de Valois fut élu à la Couronne de Pologne après des élections mouvementées. Il apparut dès ce moment combien la szlachta (noblesse) avait de pouvoir et pouvait se laisser corrompre par les puissances étrangères pour ces élections. Parmi les autres candidats, se trouvaient Ernst de Habsbourg, Ivan le Terrible, Jean Wasa roi de Suède.
Henri de Valois ne garda que quelques mois le trône de Pologne. Dès qu’il apprit que son frère le roi de France Charles IX était mort et que le trône de France lui revenait donc, il quitta la Pologne et régna en France sous le nom d’Henri III. Il fut assassiné en France (alors secouée par les guerres de religions) par un moine en 1589.
Cependant, sa présence sur le trône de Pologne, même si elle fut très courte, renforça les liens entre la France et la Pologne, l’intérêt des Français ayant été éveillé pour le peuple polonais qui leur était jusqu’ici assez peu connu, notamment lorsque les ambassadeurs de Pologne, richement vêtus sur des chevaux parés, apparurent à Paris pour offrir la couronne à Henri de Valois. Des poètes de l’époque parlèrent dans leurs récits de « Sarmates » en référence à une peuplade antique vivant autrefois sur le territoire de la Pologne. Ce terme de Polonais-Sarmates réapparaîtra plus tard, utilisée par les nobles polonais pour constituer le mouvement patriotique (et pittoresque) appelé « sarmatisme ».

JEAN II CASIMIR VASA (Jan Kazimierz Waza) (1648-1668)

Il est né en 1609, fils du roi Zygmunt III Wasa . Il fut roi de Pologne de1648 à 1668. Roi malchanceux, il règna durant une période de terribles invasions de la Pologne par ses voisins (notamment la déferlante suèdoise surnommée « Le Déluge » restée dans les annales pour avoir tout saccagé sur son passage),  il eut cependant une destinée originale, devenant abbé à Paris où il finit sa vie.
Ses premiers contacts avec la France eurent lieu en 1638, au moment de la guerre de trente ans où il combattit aux côtés des Habsbourg, ce qui lui valut d’être arrêté par les Français et emprisonné à la citadelle de Sisteron durant deux années. Libéré et sans grande ambition politique, il entra chez les Jésuites en 1646.
Cependant, à la mort de son frère le roi Ladislas IV Vasa, il fut élu roi de Pologne en 1648 et épousa sa veuve, Marie-Louise de Gonzague-Nevers.
Durant son règne, la Pologne perdit des grandes parties de son vaste territoire lors des combats contre les Russes, les Suèdois, les Tatars et les Ukrainiens, jusqu’à ce que le valeureux Jan Sobieski (qui devint ensuite roi à son tour) soit nommé par Jan-Kazimierz grand hetman commandant des armées, remportant alors des victoires significatives.
Mais le roi Jan-Kazimierz, devenu veuf en 1667 et affaibli par la révolte de la Diète, choisit d’abdiquer en 1668. Il se retira alors en France en 1670, devenant, à l’invitation du roi Louis XIV,  abbé titulaire de Saint-Germain-des-Prés.
Jan-Kazimierz WAZA est inhumé dans l’église abbatiale de Saint-Germain-des Prés. On peut y contempler son imposant mausolée . A noter que dernièrement en Janvier 2010, lors d’une cérémonie à laquelle participa un cortège d’universitaires de Wroclaw, une plaque commémorative a été déposée à côté de ce monument.

JEAN III SOBIESKI (1674-1696)

Fils du Castellan de Cracovie Jakob Sobieski et de Teofila Danillowicz, il fut élu roi pour sa vaillance précoce qui ne se démentira point.
Il épousa la Française Marie-Kazimiera d’Arquien (surnommée « Marysienka »). Il était grand hetman de la couronne et fut élu roi après sa première victoire sur les Turcs.
Il s’illustra ensuite par une seconde victoire retentissante arrêtant les Turcs à Vienne, ce qui lui valut un grand renom en Europe. Il assura de plus durant son règne une période de prospérité et de grandeur pour la Pologne.
Il ne put malheureusement pas assurer le trône à ses descendants, à cause des conflits entre les membres de la noblesse qui, après des élections mouvementés, choisirent parmi les candidats étrangers, ce qui imposa sur le trône deux rois désastreux, les Saxons Auguste le Fort puis son fils, empêchant le patriote Stanislas Leczczynski de régner et le contraignant à l’exil en Lorraine. Il fallut attendre le règne de Poniatowski pour qu’enfin un roi polonais revienne sur le trône à Varsovie.

STANISLAS 1er LESZCZYNSKI (1704-1710 et 1733-1736)

Fils de Rafael Leszczynski, voïvode de Poznan et d’Anna Jablonowska.
Il fut proclamé roi de Pologne une première fois en 1704, quand Charles XII de Suède éjecta du trône l’usurpateur Auguste le Saxon. Mais l’intervention de la Russie contraignit Stanislas Leszczynski à fuir en Occident avec sa femme et ses deux enfants.
Après la mort d’Auguste II en 1733, ses amis puis tout le peuple polonais le prièrent de revenir prendre la couronne. Il revint mais à nouveau les armées russes l’empêchèrent de rester en Pologne. Il dut fuir à nouveau et revenir en France, tandis que les Russes, alliés aux Saxons, mirent sur le trône un second Saxon.
Stanislas maria sa fille Marie au roi de France Louis XV et il se vit accorder le titre de Duc de Lorraine. Epanoui dans son rôle, tenant en son château de Lunéville une des plus brillantes Cour d’Europe, il fut surnommé par les Lorrains « Stanislas le Bienfaisant » ou « Le roi-philosophe ». Epris d’architecture comme d’idées généreuses, il laissa à Nancy une place monumentale , classée maintenant au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cependant, il regretta toute sa vie de n’avoir pu faire le bien de la Pologne en gardant son trône.

STANISLAS-AUGUST PONIATOWSKI (1764-1795)

Fils du général Poniatowski et de la comtesse Constancja Czartoryska, il fut le dernier roi de Pologne.
Il fut porté sur le trône grâce au soutien de la tsarine Catherine II de Russie (son ancienne maîtresse) et des baïonnettes russes.
C’était un homme très cultivé mais sans grand courage (ou tout au moins lui aurait-il fallu un courage plus exceptionnel pour tenir tête aux puissances voisines menaçant la Pologne). Il épanouit cependant les arts et la littérature pendant ses premières années de règne, donnant lieu à une véritable renaissance de la Culture polonaise. Cela déplut à Catherine de Russie qui fit envahir Varsovie et, aidée par la Prusse et l’Autriche, commença le premier partage de la Pologne en 1772. Il fut suivi de deux autres partages en 1793 et 1796 à l’issue desquels le pays fut rayé de la carte.
Poniatowski avait tenté cependant de redresser le pays par des réformes administratives, concrétisées par la création d’une Constitution (la première constitution d’Europe), le 3 mai 1791. Mais Catherine de Russie ne pouvant tolérer une si dangereuse démocratie à sa porte, envoya ses troupes pour écraser une résistance acharnée, menée principalement par Kosciuszko et par le propre neveu du roi, Jozef Poniatowski, futur maréchal de France combattant pour Napoléon.

Stanislas-August Poniatowski abdiqua. Il mourut à Saint-Petersbourg en 1798.
Il n’y eut plus de roi sur le trône de Pologne. Quant la Pologne retrouva enfin son indépendance, en 1918, l’époque des rois était terminée.

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