Les Scientifiques polonais

Nous avions évoqué complaisamment les nombreux écrivains et artistes polonais.

Vous pensiez que nous avions oublié les scientifiques ? Que nenni, on y pensait intensément ; seulement, les scientifiques étant des gens trop sérieux () pour qu’on se permette de leur consacrer un article vite fait, il nous fallait du temps. Et puis, là aussi, quel casse-tête ! Plus on en recensait, plus il s’en rajoutait. A croire que la liste des scientifiques polonais est infinie. Comment ? Vous ne connaissiez que les deux géants Kopernik et Marie Curie-Sklodowska ? Alors ce modeste article est pour vous. Les autres noms présentés ci-après  sont certes moins connus, mais parmi eux que de talents, de mérites… et pour quelques-uns même que de pittoresque !

A – L’ASTRONOMIE

C’est dans les étoiles que commence notre voyage à travers la science. Et à tout seigneur, tout honneur, c’est le plus célèbre qui ouvrira le bal, précédé cependant par un théologien et astronome du Moyen-Age, afin de respecter l’ordre chronologique :

1.    WITELO (1230-1314). Comme Kopernik qui fut homme d’église en même temps que savant, Witelo est une figure importante de la théologie et de la philosophie en Pologne.

Ses travaux sur l’optique « Prospectiva » ont été publiés vers 1270. Dans cette œuvre, il apparaît influencé par les théories de l’Arabe Alhacen, et à son tour, (la science étant une longue chaîne de cheminements),  l’ouvrage de Witelo influencera Kepler.

« Prospectiva » inclut également des discussions sur la métaphysique de Platon, dans lesquelles il s’étend sur la théorie de « la lumière divine ».

Sur la lune se trouve un cratère qui se nomme « Vitelo » en hommage à ce grand penseur de l’époque médiévale.

2.  Mikolaj KOPERNIK, astronome et mathématicien (1473-1543)

Kopernik (Nicolas COPERNIC en français) est né à Torun, ville du nord-ouest de la Pologne. Orphelin, il fut adopté par son oncle maternel, évêque de Cracovie qui veilla à lui donner une solide instruction.

Kopernik fait ses études à l’Université Jagiellon (alors appelée Académie de Cracovie) puis il va perfectionner ses connaissances en droit canonique et en médecine en Italie : à Padoue, Ferrare, Rome et Bologne, où l’esprit de la Renaissance italienne bat son plein.

A son retour définitif en Pologne, il s’installe à Frombork, ville au bord de la Baltique à l’extrême nord-est de la Pologne ; Il y fait construire un observatoire lui permettant d’entamer ses recherches en astronomie.

Cette région septentrionale de Pologne, envahie pendant deux siècles par les chevaliers teutoniques, commence, à l’époque où s’y installe Kopernik, à retrouver la paix, après la célèbre bataille de Grunwald où les Polonais alliés aux Lithuaniens, remportèrent une brillante victoire sur l’ordre teutonique, délivrant le pays de cette longue invasion.

La région pacifiée, Copernic peut se consacrer corps et âme à ses recherches en astronomie. Il publie son premier livre en latin, un traité d’astronomie connu sous le titre de « Commentariolus ». Puis vient son œuvre principale « De Revolutionibus Orbium Caelestium » (des révolutions des sphères célestes).

Copernic ne se satisfait pas de la théorie de l’univers géocentrique d’Aristote et de Ptolémée qui jusqu’alors était la règle : Selon cette ancienne théorie, la terre est au centre de l’univers et tout tourne autour d’elle.

Copernic affirme que c’est le soleil qui est au centre de l’univers, affirmation qui bouleverse la communauté scientifique de son temps. Le système de Copernic repose sur l’observation que la terre tourne sur elle-même et fait un tour sur son axe en une journée, ce qui explique dans un premier temps le mouvement diurne de la sphère céleste en un jour. Il déclare également que la terre fait le tour du soleil (héliocentrisme) et non l’inverse, en un an. Et que les autres planètes, comme la terre, tournent toutes autour du soleil.

Ebranlant la vision médiévale du monde, les théories de Copernic seront à la base d’un profond changement d’esprit, à tel point qu’on a parlé jusqu’à nos jours de « Révolution Copernicienne ».
Si Kopernik est le seul qui soit resté aussi illustre dans l’histoire de la Science, il ne fut cependant pas le seul savant polonais de son époque dans le même domaine !

3. Les astronomes ayant étudié en 1491 au sein de « l’Alma Mater Cracoviensis » étaient nombreux : Marcin Krol de Zurawicy, Andrzej Grzymala de Poznan, Piotr Gaszowiec de Lozmierzy, Wojciech d’Opatowa, Jakub de Zalesia, Marcin Bylica de Olkusz, Jan de Glogow.

(comme vous le constatez, certains d’entre eux ne sont restés connus que par leur prénom et leur ville d’origine).
Il est évident que la Faculté d’astronomie et d’astrologie de Cracovie – en cette fin de Moyen-Age suivie du siècle d’or de la Renaissance –  avait un rayonnement à l’échelle européenne.

4. Il y eut – cette fois tout au nord de la Pologne, un autre savant devenu célèbre : Jan Heweliusz (ou Johannes Hevelius), né à Gdansk en 1611, mort en 1687).

C’est un astronome appelé le « fondateur de la topographie lunaire ». Né dans une famille de brasseurs et négociants, Heveliusz a étudié et voyagé en Angleterre et en France. De retour à Gdansk, il y devint brasseur et conseiller municipal, tout en s’intéressant intensément à l’astronomie. Heveliusz a observé les taches solaires entre 1642 et 1645, réalisant une carte de la surface lunaire. Aidé par son épouse, il a fabriqué des instruments servant à déterminer la position des astres. Il a publié ses résultats en 1647. Il a découvert quatre comètes.

En 1679,  son observatoire (que le roi de Pologne lui-même avait visité) fut la proie d’un incendie, détruisant ses instruments et ses livres. Bien qu’il ait réparé les dommages et continué d’observer les étoiles, sa santé fut affectée. Il a classé et catalogué plus de 1500 étoiles. Son catalogue des étoiles a été publié à titre posthume en 1690. Jan Heveliusz est devenu membre de la Royal Society en 1664.

B- Je vous sens impatients de vous ébahir devant votre icône, Marie Curie, aussi je ne vous fais pas attendre pour passer au domaine de la physique-chimie.

Mais avant la grande Marie, dans le domaine de la chimie, il nous faut mentionner au moins deux autres glorieux noms dans ce domaine apparus bien avant elle.
Le premier était en fait un pionnier de la chimie du 16ème siècle resté dans l’histoire :

5.Michal SEDZIWOJ, (1566-1636)

qui fut l’auteur d’un ouvrage appelé : « Novum lumen chymicum ». Ce livre est écrit en langage codé, qui fut compris dans un premier temps seulement par le monde des alchimistes. Traduit par la suite, il fut lu par des physiciens célèbres comme Newton.

Michal Sedziwoj était en même temps philosophe et médecin. Invité à la cour du roi Zygmunt, (qui lui-même fut un amateur enthousiaste d’expériences chimiques),  Sedziwoj développa les recherches sur la purification et la création d’acides, de métaux et composants chimiques, découvrant que l’air n’est pas une substance simple et qu’il contient une substance nécessaire à la vie – appelée ensuite oxygène, bien avant Scheele et Priestley. Le local où il travaillait – au château royal du Wawel, est resté à ce jour tel quel.

Les retombées pratiques de ses recherches furent utilisées dans les fonderies de métal et les mines. Très ouvert sur le monde, il fut même diplomate à partir de 1600. Sa vie fertile en évènements ressemble à un roman d’aventures : Figurez-vous qu’il fut kidnappé par un alchimiste allemand, nommé Muhlerfels qui voulait lui dérober son secret. Le vilain fut pendu et Sedziwoj – qui bénéficiait de l’estime et de l’appui du roi de Pologne Zygmunt Wasa comme de l’empereur Rudolf de Prague, continua ses expériences. On dit qu’il avait trouvé la pierre philosophale ; ainsi il utilisait une «  poudre noire » lui permettant de transformer le plomb en or…

5.    Josef BEM (1794 à Tarnow – 1850 à Alep). Général de l’Indépendance, il fut aussi physicien.

Il entreprit des recherches sur les machines à vapeur et leur application. Il en publia les résultats.

Josef BEM est connu plus encore comme activiste politique, jouant un grand rôle dans les mouvements indépendantistes en Europe centrale et balkanique :

De formation scientifique, il travaillait à un projet de machine à vapeur dans le sud de la Pologne lorsqu’éclata l’insurrection de novembre 1830. Josef BEM fut nommé commandant d’artillerie. Après l’échec de l’insurrection, il s’exila à Paris où il résida quelques années puis repartit vers Vienne et la Hongrie où il aura une intense activité politique. En Hongrie, le gouvernement de Kossuth lui confia le commandement des troupes de libération en Transylvanie. Josef Bem mena les combats hardiment ; après s’être emparé de Kronstadt, il repoussa les Autrichiens et les Russes jusqu’en Moldavie. Mais ses troupes numériquement inférieures à l’armée de coalition austro-russe, furent finalement vaincues. Il s’enfuit en Turquie. Il s’y convertit à l’Islam, prenant le nom d’Amurat Pacha. En même temps que lui, 72 officiers et de très nombreux  soldats hongrois et polonais se convertirent. Il eut le temps, avant de mourir, de dissuader les Arabes d’Alep de procéder à un massacre de chrétiens. Il mourut à Alep en 1850. Sa dépouille fut rapatriée en Pologne où il repose à Tarnow, sa ville natale.

Il reste un héros en Hongrie et en Turquie.

La physique mène à tout, pour un personnage de la trempe de Josef Bem.
A la charnière entre le 19ème et le 20ème siècles, apparaît celle qui est restée l’une des femmes les plus admirées jusqu’à nos jours, tant pour son courage que pour son intelligence  :

7. Marie SKLODOWSKA qui deviendra la célèbre Marie Curie, (1867-1934) est née à Varsovie. Elle montre très jeune des dispositions intellectuelles exceptionnelles.

Elle arrive à Paris à 24 ans, afin d’y continuer des études scientifiques à la Sorbonne.

Elle se révèlera extrêmement douée, obtenant une licence puis un doctorat ès sciences. Elle hésite à la fin de ses études entre revenir dans son pays natal auquel elle restera toujours tendrement attachée (la Pologne était, rappelons-le à cette époque encore rayée de la carte) ou rester en France. Sa rencontre avec le physicien Pierre Curie – qu’elle va épouser – détermine de son destin. Ensemble, ils se consacreront à des recherches incessantes sur la radio-activité, qui, malgré des conditions matérielles précaires, les mèneront à la découverte du polonium et du radium. Ils obtiendront ensemble le Prix Nobel de physique en 1903 ; puis, Marie devenue veuve à 38 ans, continuera brillamment ses recherches, ce qui lui vaudra alors le Prix Nobel de Chimie en 1911.

Elle se distinguera encore pendant la première guerre mondiale en mobilisant pour les radiographies une flotte de voitures (surnommées les « Petites Curie ») munies des appareils nécessaires pour les blessés. L’une de ses filles, Irène, obtiendra à son tour, avec son mari Joliot,  le Prix Nobel de Physique.

Marie Curie a inauguré une ère nouvelle pour les sciences exactes , révolutionnant les conceptions sur la structure de la matière et introduisant des méthodes nouvelles dans la thérapeutique moderne. En même temps, elle a ouvert la voie aux femmes dans le domaine des sciences jusque là réservé aux hommes.

Reconnue pour cette œuvre immense, elle est la première femme à être enterrée pour ses mérites au Panthéon.
D’autres physiciens polonais ont pris la relève après Marie Curie, parmi lesquels :

8.Zygmunt WROBLEWSKI (1845-1888), physicien-chimiste  mena des recherches aboutissant à obtenir pour la première fois les gaz à état fluide.

Ayant pris part à l’insurrection de 1863, il fut arrêté et envoyé en Sibérie, où il faillit devenir aveugle. Heureusement guéri, il entreprit des études à l’Université de Berlin et Heidelberg. Il fut invité à occuper la chaire de chimie au Japon, c’est dire si son renom était important.

9. Jan DANYSZ, (1897-1957)

Jan Danysz fut chimiste, micro-biologiste, sérologue, philosophe et professeur. Il fit ses études scientifiques en Pologne. Cependant, à la suite d’une dispute violente avec un enseignant allemand, il dut s’enfuir et émigra à Paris. Il s’était fixé pour but d’entrer à l’Institut Pasteur. Il travailla d’abord comme laborantin, puis reprit des études à l’Université de Caen dans le domaine de l’anatomie et la microbiologie. De retour à Paris, il compléta ses études à la Sorbonne. Comme il l’avait souhaité, il fut intégré à l’Institut Pasteur en 1893, recevant le poste de responsable du département microbiologie. Il fut appelé en 1899 à apporter ses connaissances en travaillant en Afrique du Sud afin de lutter contre les maladies du bétail ; au Transvaal, il travailla avec les tribus Zoulous.

En France, il fut connu également en qualité de sociologue et ardent défenseur de la cause polonaise. Il accueillait dans sa maison les émigrés polonais à qui il apportait son aide par une organisation « Spojnia, Polski Komitat Obywatelski ». Il fut décoré de la Légion d’Honneur et de la Croix de l’Ordre Polonia Restituta. A noter qu’il fut amené à travailler en collaboration avec Marie Curie lors de ses recherches sur l’immunologie, l’allergie et la toxicologie.
Son fils, Marian DANYSZ (1909-1983), professeur de l’Université de Varsovie , spécialiste de la physique du noyau de l’atome, fut l’un des inventeurs de l’isotope radioactif du fluor. Danysz, découvrit, en collaboration avec Jerzy PNIEWSKI, un noyau atomatique : le lambda-hyperon. Tous deux ont été candidats au prix Nobel.

10. Leur collègue, Jozef ROTBLAT(1908-2005)

Il a mené des recherches en physique nucléaire, tout en militant pour la limitation des armements atomiques. A ce titre, il a été récompensé du prix Nobel de la Paix en 1995. Né à Lodz, ce physicien a étudié la physique et obtenu un doctorat à l’Université de Varsovie.

Il a quitté la Pologne lors de l’invasion allemande de la Seconde Guerre mondiale pour s’exiler en Grande-Bretagne, travaillant à l’Université de Liverpool.

Anobli par la reine d’Angleterre, il est décédé en 2005. Il a été membre de la fondation PeaceJam.

11. Wladyslaw NATANSON (1864-1937), physicien polonais

Il fut le chef de la théorie physique à l’Université Jagiellon de Cracovie de 1899 à 1935. Il publiera des documents sur le processus irréversible de thermodynamique qui lui valut la reconnaissance scientifique.

12. Andrzej SOLTAN (1897-1957), physicien du domaine nucléaire

Il travailla sur la spectroscopie et les rayons ultra-violets. Il découvrit une méthode pour produire les rayons de neutron, en bombardant les noyaux de lithium ou beryllium avec des deuterons accélérés.

Il fut nommé professeur à l’Université de Varsovie en 1947 et premier directeur de l’Institut des Etudes nucléaires, maintenant appelé « Institut Andrzej Soltan ».

13. Jan RZEWUSKI (né à Lodz en 1916- mort à  WROCLAW en 1994), physicien

Il fut membre de la résistance pendant la seconde guerre. Il  étudia la chimie à Gdansk. Ayant participé activement à l’insurrection de Varsovie, il fut décoré de la Croix du Mérite. Après la guerre, il fut professeur à l’école polytechnique de Lublin puis à l’Université de Varsovie puis de Birmingham. Il fut lauréat de nombreuses distinctions dont la médaille de l’ordre Polonia Restituta et le prix Jurzykowski aux USA.

14. Alexander JABLONSKI (1898-1980)

Physicien polonais, créateur du concept « Luminescent Center » concernant la dépolarisation de la photoluminescence. Cela a conduit au développement de la théorie de la pression du quantum-mécanique.

Parallèlement à ses études de physique, il jouait du violon à l’Opéra de Varsovie, avant de décider de se concentrer sur les sciences.

Il affina la théorie de la luminescence, analysant les facteurs responsables de la dépolarisation de la luminescence (théorie connue maintenant comme « le diagramme de l’énergie de Jablonski).

15. Piotr KOWALSKI, incroyable personnalité à la fois artistique et scientifique

Il a apporté des contributions originales à nos connaissances sur la phosphorescence et la fluorescence.

A 18 ans, il quitte la Pologne pour voyager en Europe et en Amérique. Etudiant à Cambridge dans les années 1960, il rompt un moment avec la science pour des raisons d’éthiques dues aux risques du nucléaire. Il étudie alors l’architecture, cherchant des nouvelles formes plastiques, ayant cependant à l’esprit la prééminence de la culture scientifique sur les autres savoirs.

En 1957, il s’installe en France, à Montrouge où il devient artiste-plasticien. Il exposera au Centre Pompidou de Paris,  en Suisse, aux USA, au Japon, etc… Il se consacrera par ailleurs à des œuvres situées dans l’espace public, notamment à la Défense (place des Degrés). Il a été professeur aux Beaux-Arts de Paris et au MIT de Cambridge.

Kowalski est l’un des pionniers de l’art technologique.

16. Michal-Kazimierz HELLER (né en 1936 à Tarnow)

Comme Kopernik, voici à nouveau un homme d’église également scientifique accompli. Heller est professeur de philosophie à l’Académie de théologie de Cracovie et membre de l’Observatoire du Vatican. C’est un prêtre catholique, ordonné en 1959. Il fit ses études à l’Université catholique de Lublin où il obtint un master de philosophie en 1965 et en cosmologie en 1966. Il fut conférencier à l’Université de Louvain et de Liège en Belgique, à l’Université d’Oxford et Leicester, à l’Université de l’Arizona. Ses recherches récentes portent sur le problème de la singularité de la relativité générale et l’utilisation de la géométrie non-cummutative. Il a publié de très nombreux documents aussi bien en cosmologie qu’en philosophie et en histoire de la science. Son dernier ouvrage « La physique est-elle un Art ? » (en 1998) décrit les mathématiques comme langage des sciences et explore également les problèmes humains comme critères de vérité, créativité et transcendance.

En 2008, Michal HELLER fut récompensé du prix Templeton pour son apport philosophique et scientifique sur les questions essentielles, cherchant à réconcilier le monde connu de la science et les dimensions divines, inconnues. Il projette de fonder, grâce à ce prix, un établissement de recherche appelé « Nicolas Kopernik », ayant pour fonction de réconcilier science et théologie.

C – Entrons dans le domaine des MATHEMATIQUES.

Si tous les précédents noms cités – astronomes et physiciens – furent en même temps des mathématiciens, il y eut une continuité par des savants qui se consacrèrent corps et âmes aux mathématiques pures.
Il y eut un phénomène de mathématiciens polonais s’illustrant dans l’analyse fonctionnelle et la topologie, entre 1918-1939, venant de l’école de Varsovie et de Lwow.

Parmi les plus grands noms, citons :

17. Waclaw SIERPINSKI  (1882-1969)

Il étudie à l’Université de Varsovie où il reçoit en 1903 une médaille d’or pour son essai sur la théorie des nombres.

Après avoir enseigné à l’Université de Lwow, il est promu professeur à Varsovie où il passera le reste de sa vie. Il a travaillé sur la théorie des ensembles et sur la topologie. Sa théorie a donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui « la courbe de Sierpinski ».

Il a rédigé durant sa vie des centaines d’articles et 50 livres. Pour sa contribution au développement des mathématiques en Pologne, il a été élu à l’Académie Polonaise en 1921 et fut le doyen du corps enseignant à l’Université de Varsovie. Il fut aussi président de la Société scientifique de Varsovie. Trois fractales portent son nom : –      le triangle de Sierpinski

–    le tapis de Sierpinski

–    la courbe de Sierpinski

18. Stefan BANACH (1892-1945) resta célèbre pour son analyse fonctionnelle

Stefan Banach est né près de Cracovie où il fit ses études. En 1919, à Cracovie est créée la Société de mathématique. Banach y intervient brillamment. En 1929, avec Hugo Steinhaus, il lance la revue « Studia Mathematica » consacrée à l’analyse fonctionnelle.

Dans sa thèse en 1920, il donne la définition des espaces, appelés aujourd’hui « espaces de Banach ». Plusieurs de ses théorèmes portent son nom.

Son livre « Teoria operacji linianych » en 1932 expose une synthèse de son travail.
Cette connaissance mathématique développée dans les écoles de Pologne,  trouva son application pratique lors des menaces nazies de la seconde guerre mondiale.

19.  En 1932, une équipe des mathématiciens polonais exceptionnelle :

Marian REJEWSKI, (1905-1980),

Jerzy ROZYCKI, (1909-1942)

Henryk ZYGALSKI, (1906-1978)

travaillant au Bureau des déchiffrages parvinrent à déchiffrer les codes d’une station radio allemande. Ils continuèrent leur œuvre de décodage en déchiffrant les énigmes de plus en plus compliquées provenant de centrales allemandes.
Ces mathématiciens et électroniciens polonais réalisèrent une machine à décoder – appelée « Ultra » qu’ils transmirent aux forces anglaises et françaises pendant la guerre, qui permit de découvrir certains plans stratégiques  hitlériens.

Leur don et leur dévouement méritent qu’on s’y attarde :

Marian REJEWSKI, mathématicien, est à l’origine de la première défense cryptanalytique à l’encontre de la machine allemande « Enigma » au début des années 1930. Le bureau de codes polonais recruta des mathématiciens afin de déchiffrer les nouveaux codes allemands, de plus en plus compliqués. Marian Rejewski fut l’un des plus doués avec Jerzy Rozycki et Henryk Zygalski. Le trio découvrit les premières failles du code allemand « Enigma » et perça ce code. Lorsqu’en 1939, la Pologne fut brutalement envahie par les nazis, les cryptologues polonais évacuent d’urgence leur matériel confidentiel et atteignent la France où ils se mettent au service de ce pays. Cependant, une fois la France occupée à son tour par les nazis, les risques qu’ils encourent sont très grands. Certains sont capturés mais, bien que torturés, ne dévoileront pas les secrets de leur cryptanalyse.

Rejewski et Zygalski, malgré un bref emprisonnement durant leur fuite à travers l’Espagne, parviendront à gagner l’Angleterre. Moins chanceux, leur camarade Jerzy Rozycki mourra noyé dans le naufrage en Méditerrannée du bateau « La Lamoricière » en 1942.

Après la guerre, Marian REJEWSKI regagna la Pologne. Sous le régime stalinien, il vécut silencieux, ne parlant jamais de son passé de cryptologue. Ce n’est qu’en 1969 qu’il écrivit son histoire. Henri Zygalski, quant à lui, resta en Grande-Bretagne où il travailla comme professeur de mathématiques.

D – La MEDECINE  n’est pas en reste

Après l’échec de l’insurrection polonaise de 1831 contre l’occupant russe et les représailles qui suivirent, de nombreux scientifiques polonais, tout comme les artistes – doivent s’exiler et trouvent refuge en France. Ceux d’entre eux qui sont médecins se dirigent de préférence vers les deux centres célèbres, Montpellier et Paris.

20. Adam RACIBORSKI (1809-1871)

Né en 1809 à Radom, il a commencé ses études médicales à Varsovie. Pour sa bravoure et son dévouement en qualité d’aide-chirurgien durant l’insurrection de 1831, il reçut la Croix du Mérite militaire. Exilé en France, il se fait d’abord connaître en soignant les malades atteints du choléra à Besançon en 1833. Peu après, il devient chef de clinique à la Charité et professeur de la clinique médicale. Citons parmi ses principales œuvres « Le nouveau manuel d’auscultation et de percussion ».

21. Karol MARCINKOWSKI (1800-1846)

Médecin polonais. Après l’échec de l’insurrection de 1830, il exerça la médecine à Poznan. Il obtint en 1833 la médaille d’or de l’Académie des Sciences de Paris pour ses découvertes sur le choléra. Initiative originale de Marcinkowski :  Il créa à Poznan un « bazar »,lieu de rencontres culturelles et d’échanges intellectuels.

22. Joseph BABINSKI (1857-1932) amena une révolution dans le domaine de la pathologie nerveuse

C’était le fils d’un ingénieur polonais qui avait émigré à Paris en 1848 à la suite des répressions consécutives à l’Insurrection polonaise contre les Russes.

Joseph Babinski grandit à Montparnasse.

En 1885, il fut docteur en médecine et chef de clinique chez Charcot dont il devint l’élève préféré. En 1895 il devint chef de service à l’Hôpital de la Pitié où il exerça jusqu’à sa retraite.

La physiologie et la pathologie du cervelet ont été rénovées par Babinski, dès l’année 1894.

Elu à l’unanimité membre de l’Académie de médecine. Le réflexe des orteils appelé « signe de Babinski » permet de dépister les perturbations du faisceau pyramidal. Il a indiqué comme symptôme révélateur de la syphillis le signe des réflexes pupillaires. Il a codifié la neurologie, distinguant les grandes affections organiques neurologiques des syndromes psychiatriques.

(A noter que son frère, Henri, fut ingénieur des mines, célèbre à l’époque sous le pseudonyme de « Ali-Bab » ayant publié des livres de gastronomie !)

E – Passons maintenant à L’INGENIERIE ET AUX TECHNIQUES,

avec quelques inventeurs remarquables, étonnamment tombés dans l’oubli. Ils ont vécu au 19ème siècle, alors que la Pologne subissait des occupations jalonnées d’insurrections auxquelles presque tous ont, en patriotes,  activement participé ; ce qui ne les a pas empêchés de faire avancer de leur côté les progrès techniques caractéristiques du 19ème siècle dans divers secteurs (industries, chemins de fer, aviation …)

23. Ignacy LUKASIEWICZ (1832-1882)

Il a pris part au soulèvement cracovien de 1846. C’est l’inventeur de la lampe à kérosène en 1853, il fut également le premier à trouver les techniques de forage et à exploiter un gisement en Pologne. Il acquit pour cela une fortune, qui lui permit de continuer une action sociale. Ce pionnier de l’industrie fut le premier, en 1856 à créer la première raffinerie de pétrole au monde. Il fut également l’inventeur de la lampe à kérosène en 1853, le premier également à installer les premières lampes de rue.

Ainsi, grâce à lui, c’est en Pologne, en 1854, que le premier puits de pétrole fut construit. (et qui le sait  de nos jours ?)

Grâce à ces découvertes de taille, Lukasiewicz acquit la fortune… et il la consacra à une immense œuvre philantropique dans sa Galicie natale. On dit que c’est grâce à ses dons que le développement économique de cette région permit de donner à la Galicie des routes praticables.

Lukasiewicz  est né près de la petite ville de Mielec, de parents ayant pris part à l’insurrection indépendantiste de Kosciuszko. Il interrompit ses études au lycée pour travailler comme assistant en pharmacie et s’impliquant dans des mouvements de restauration de la souveraineté polonaise, ce qui lui valut d’être arrêté par les autorités autrichiennes. Il fut emprisonné deux années à Lwow. Libéré, il se remit à étudier à l’Université de Cracovie. Ayant obtenu ses diplômes scientifiques, principalement en pharmacologie, il s’intéressa alors particulièrement au pétrole.

Il parvint à distiller du kérosène à partir du pétrole brut, permettant d’assurer l’éclairage de la salle d’opération de l’hôpital local. C’était le 31 juillet 1851, et cette date est considérée comme le point de départ de l’industrie moderne pétrolière.

Il fonda de nombreuses entreprises réunissant industriels et propriétaires terriens.

En 1854, il démarra le premier puits de pétrole à BOBRKA près de KROSNO à l’est de la Pologne (puits de forage qui resta opérationnel jusqu’en 2006 !)

En  1856, à Ulaszowice, il ouvrit une première distillerie de pétrole, considérée comme la première raffinerie de pétrole du monde.

Devenu un homme très fortuné, il consacra son argent au développement économique de sa région. Il est considéré comme le plus connu des businessmen de cette époque. Il fut élu député et organisa le premier congrès de l’industrie du pétrole

Il mourut en 1882 d’une pneumonie. Il est enterré en Galicie.

24. Ernest MALINOWSKI (1808-1890).

Il a pris part à l’insurrection de 1830.

Malinowski s’est rendu célèbre par son œuvre d’ingénieur au Pérou. Il est l’instigateur de la voie ferrée Trans-Andes que l’on considèrait comme l’une des sept merveilles techniques du 19ème siècle. Cette voie de chemin de fer reste la plus haute ligne du monde, traversant les trois chaînes des Andes, à une altitude de 4768 m, comportant plus de 80 ponts, viaducs et tunnels.

Après l’échec de l’insurrection de 1830, Malinowski s’exila en France, où il étudia à l’école des Ponts et Chaussées puis, en 1852, s’installa au Pérou en qualité d’expert dans le domaine de la construction des voies de communications. La voie ferrée qu’il réalisa avait pour but de faciliter le transport des minéraux et bois à travers les Andes jusqu’à Lima. En 1871, son projet fut adopté par la République du Pérou. La construction commença en 1872, à une altitude vertigineuse.

Ernest Malinowski est considéré comme un héros national au Pérou.

25. Ignacy PRADZYNSKI, 1792-1850). Un général-ingénieur !

C’est un important représentant de l’ingénierie de la Pologne du 19ème siècle :

Né près de Poznan, Pradzynski aida à la fondation par Napoléon 1er du Grand-Duché de Varsovie afin de faire renaître la Pologne rayée de la carte. Il continua le combat napoléonien en participant à la bataille de la Berezyna. Il fut, pour sa bravoure, décoré de la Croix d’or de l’ordre Virtuti Militari et pour sa défense de Paris en 1814, de la Légion d’honneur. Revenu en pologne, il devint ingénieur militaire, et réalisa alors le projet de construction du canal d’Augustow en Mazurie en 1822. Cet ouvrage d’art suscita longtemps l’admiration par son gabarit et le modernisme de sa technique.

26. Hipolit CEGIELSKI (1815-1868)

Philosophe, journaliste et homme politique., il fut aussi professeur, démis de ses fonctions par la Prusse en raison de ses positions patriotiques.

Il est né près de Gniezno à l’ouest de la Pologne. Son enfance fut perturbée par la mort de sa mère et la ruine de son père. Ayant obtenu son diplôme de docteur en philosophie, il s’installa à Poznan en qualité de professeur et sociologue. Il fonda le premier journal indépendant « Gazeta Polska » à Poznan en 1848. Par ailleurs, il est fondateur de fabriques d’acier et d’engins agricoles.

27. Benedykt DYBOWSKI (1833-1930)

Il a pris part à l’insurrection de 1863 contre les Russes. Il fut alors arrêté et condamné à 12 ans de captivité en Sibérie.

Cependant, là-bas il fut réquisitionné pour apporter ses connaissances dans un hôpital. Ses talents remarqués furent utilisés efficacement : Il se spécialisa dans les recherches sur la faune et la flore de Sibérie. Il fut connu également auprès des populations du Kamtchatka pour les soins et aides qu’il leur apporta par ses connaissances scientifiques.

Il fut nommé docteur Honoris par l’Université de Varsovie. Il mourut à l’âge de … 97 ans. Il est enterré au cimetière de Lwow, parmi d’autres participants de l’insurrection de 1863.

La plupart de ses collections zoologiques et botaniques sont conservées au Musée de Lwow. Voilà qui va vous amuser, chers lecteurs, découvrez le nom qu’il donna à un organisme vivant qu’il avait découvert : « gammaracanthuskytodermogammarus loricatobaicalensis (en deux mots SVP).

28. Ignacy DOMEYKO (1802-1889)

Ce géologue et minéralogiste qui fut très connu tant en France qu’en Amérique du Sud est né en Lithuanie, dans une famille à la fois polonaise et lithuanienne, à l’époque où  cette partie du grand royaume de Pologne-Lithuanie dépecé, était occupée par les Russes. Etudiant à l’Université de Vilnius – tout comme le poète Adam Mickiewicz qui fut son ami – Domejko se mêla aux mouvements insurrectionnels anti-russes, notamment en intégrant le groupe des Philomates, ce qui lui valut d’être emprisonné pendant quelques mois, avec Mickiewicz, puis il dut s’expatrier. Il avait étudié les mathématiques et la physique.

Il s’installa en France où il obtint un diplôme d’ingénieur de l’Ecole des Mines de Paris. Néanmoins, tandis qu’il s’était rendu célèbre par les riches collections de minéraux qu’il avait rassemblées lors de nombreux voyages, il fut invité à venir travailler au  Chili. Déclarant qu’ayant gardé une âme d’aventurier, cette possibilité de se réinstaller à l’autre bout du monde le séduisait.

Il y épousa une toute jeune Chilienne et y resta jusqu’à la fin de sa vie, travaillant en qualité de recteur à l’Université de Santiago de 1867 à 1883, se faisant apprécier tant pour ses contributions en minéralogie que pour son action en faveur des populations indigènes.

Il obtint la citoyenneté chilienne, sans oublier pour autant ses origines.

Il introduisit le système métrique en Amérique latine. En 1887, l’Université Jagiellon de Cracovie le nomma Honoris Causa.

La mémoire de ce grand homme a été honorée par une statue de bronze devant l’Université de Santiago, ainsi que par une plaque déposée en 1992 en son honneur à Varsovie. En 2002, l’UNESCO rendit hommage à Domejko pour le bicentenaire de sa naissance. Le Président polonais Alexander Kwiasniewski se joignit au Président chilien Lagos pour des cérémonies commémoratives et un timbre le représentant fut émis par ces deux pays.

F – L’AVIATION ET L’ESPACE

Le domaine de l’aviation mérite qu’on s’y attarde particulièrement car les Polonais s’y montrèrent exceptionnellement actifs :

29. Zygmunt PULAWSKI (1901 -1931), constructeur et pilote d’aircraft.

En 1920, durant l’offensive soviétique pour envahir Varsovie, il fut volontaire dans le bataillon des scouts. Il fit ensuite ses études à l’Université de Technologie de Varsovie. Il était membre du club de la section étudiante de mécanique quand il construisit ses premiers engins. Ayant obtenu son diplôme d’ingénieur, il se dirigea vers l’école d’aviation et devint pilote. Sur commande du département militaire, en 1928, Pulawski conçut un fighter sur lequel il inventa « une aile de mouette », qui permettait au pilote une excellente vision de son cockpit. Son invention éveilla l’intérêt de par le monde. Cette aile fut depuis connue comme « l’aile de Pulawski » ou « l’aile polonaise ». Ses engins qu’il avait fabriqués jouirent auprès de la presse militaire d’une réputation de « meilleurs fighters au monde ».

Il mourut à l’âge de 29 ans dans un crash à bord de son nouvel engin amphibie, lors d’une tempête. Il fut l’un des plus brillants  aviateurs-constructeurs polonais.

30 . Le duo inséparable des aviateurs ZWIRKO et WIGURA remportèrent le challenge en 1932 dans un RWD-6

–    Stanislaw WIGURA (1903-1932), constructeur, ingénieur et aviateur de l’école polytechnique de Varsovie.

Né à Varsovie, il s’intèressa très jeune aux techniques et à l’aviation. En 1920, durant la guerre de défense contre l’invasion russe, il servit dans le 8ème régiment d’artillerie. Puis il reprit ses études à l’école polytechnique de Varsovie. Il se consacra dès lors à la construction d’avions, réalisant l’avion de course RWD-2 et RWD-4, remportant de grands succès.

Il se passionna également pour le pilotage, en compagnie de son ami Franciszek ZWIRKO ; le duo de choc fit le tour de l’Europe, remportant en 1932 le challenge sur un RWD-6.

–    Franciszek ZWIRKO (1895-1932), étudia à l’école d’aviation de Bydgoszcz, d’où il sort diplômé en 1923. Il devient lieutenant-aviateur dans le 1er régiment de l’Air.

En 1929, il fut nommé officier de liaison dans l’aéro-club de l’Université de Varsovie. Il y perfectionna son activité sportive, rencontrant d’autres aviateurs enthousiastes. Avec Wigura, il porta les couleurs de la Pologne très haut (dans le ciel).

31.  Edward MAKULA (1930-1996), ingénieur et pilote

Il gagna en 1963 en Argentine le championnat mondial et établit 7 records mondiaux. De la même famille surgirent les aviateurs Jerzy MAKULA et son fils Stanislas MAKULA.
Cependant, c’est pendant la seconde guerre mondiale que les aviateurs polonais firent preuve d’une efficacité remarquable – par des exploits qu’il convient de rappeler car hélas ils sont trop occultés.
Récemment, la Fondation des Aviateurs Polonais de Grande-Bretagne ont tenu à commémorer particulièrement le 70ème anniversaire de la célèbre « England’s battle » qui a eu lieu en 1940 dans les airs contre les forces allemandes, bataille à laquelle les aviateurs polonais s’illustrèrent par leur exceptionnelle efficacité. Ainsi, grâce aux alliés – et particulièrement aux Polonais – cette bataille d’Angleterre dans le ciel fut la première défaite des Allemands.

Les Polonais mirent au service des alliés des avions-chasseurs et des équipages très vaillants.

Citons les noms de quelques-uns de ces aviateurs remarquables (il y en eut des centaines) : Stefan PAWLIKOWSKI, Marian DONAGALA, Tadeusz NOWICKI, Antoni GLOWACKI, Piotr LAGUNA, Marian WEDLIK, Jan Malinski, Marian RYKA, Zdzislaw KRASNODEBSKI, Ludwik PASKIEWICZ, Miroslaw FERIK, Witold URBANOWICZ, Julian KOWALSKI, Zdzislaw HENNBERG, Jan ZUMBACH,  Witold GLOWACKI, Tadeusz NOWAK, etc… etc…

Une mention spéciale pour le pilote Antoni GLOWACKI. Le 24 septembre 1940, il a abattu 7 avions allemands en un seul jour. Il fut décoré de la Croix Virtuti Militari et de la médaille britannique « Distinguished Flying ».

Paroles du général de la Royal Air Force, Hugh Dowding : « Au cours d’un seul mois, les Polonais ont mis hors combat plus d’Allemands que n’importe laquelle des  unités britanniques ».

Que rajouter ? Les exploits de ces vaillants pilotes sont-ils suffisamment (re)connus ?

34. Stefan DRZEWIECKI , ingénieur-constructeur de sous-marin (1844-1938)

Encore un qui a failli être oublié : Un grand savant, ingénieur et inventeur exceptionnel, que bien peu de gens – en dehors du monde des ingénieurs et techniciens – connaissent aujourd’hui.
Cependant, un monument à sa mémoire a été inauguré en 2004 à Odessa à l’occasion du 41ème congrès international des sous-mariniers. La Pologne a participé à cette cérémonie. Ce monument représente le buste du savant au milieu des vagues, symbolisant un sous-marin.
Si plusieurs pays comme la France, la Pologne, l’Ukraine, la Russie ont pris part à cette commémoration, c’est que Drzewiecki avait travaillé dans plusieurs pays.
Stefan DRZEWIECKI est né en 1844 en Podolie. Son père était un officier polonais, actif lors de l’insurrection contre l’occupant russe en 1830-1831, et auteur dramatique. Après l’échec de l’insurrection et la russification de cette région, le père de Stefan s’est exilé en France avec son fils qui a fréquenté alors le lycée Sainte-Barbe à Auteuil. Puis il entra en 1861 à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, se distinguant très jeune par des qualités exceptionnelles dans le domaine de l’ingénierie. En 1867, il put breveter sa première invention : un compteur pour les fiacres. Suivirent d’autres inventions comme un enregistreur de vitesse des trains, un régulateur des machines à vapeur, un dromographe (enregistreur automatique de trajet) pour la marine.
Remarqué alors par le grand-duc Constantin, frère du tsar Alexandre II, il accepta l’offre qui lui est offerte, afin de pouvoir réaliser ses nombreux projets et se retrouva à Saint-Petersbourg. Il construisit une canonnière qui fut utilisée lors du conflit entre la Russie et la Turquie, ce qui lui valut une distinction par le tsar.
Il commença ensuite à s’intéresser à la navigation sous-marine. Il construisit à Odessa le premier sous-marin monoplace mû par un système de pédales. Il faillit lors de ces expériences, se retrouver noyé.

Il revint à Paris. Le bilan de ses inventions est imposant : plus de 50 submersibles de types différents. Il fut l’auteur de plusieurs œuvres sur les méthodes de calcul et le travail de l’hélice, acquérant une renommée de spécialiste dans le domaine de la technique maritime.
Il fut distingué par un prix au concours du ministère de la Marine nationale. Et en 1908 un titre britannique honorifique. Il se concentra finalement sur le domaine de l’aviation, devenant le promoteur de la recherche scientifique aéronautique, collaborant avec Gustave Eiffel.
Cependant, ce Polonais qui avait tant aidé aux recherches dont profitèrent la Russie et la France, ne cessa pas pour autant de souligner sa nationalité polonaise. Il portait un vif intérêt au développement de l’aviation en Pologne. Après la première guerre, la Pologne redevenue enfin indépendante, il collabora avec le professeur Czeslaw Witoszynski.
Avant de mourir, il avait légué toute sa documentation scientifique et son immense bibliothèque à la Pologne. Cette documentation fut hélas détruite pendant la guerre.
Là encore, on ne peut que s’étonner qu’un tel esprit universel soit oublié…
La boucle est bouclée. Nous revoici dans les étoiles, dans cette exploration de l’espace qui commençait avec Kopernik et Witelo.

Cette fois, la théorie a été remplacée par l’exploration réelle de l’espace au 20ème siècle.
Cependant dès le 17ème siècle, il y eut un visionnaire en matière de vol cosmique ;

32.  Il s’appelait Kazimierz SIEMIENOWICZ

En 1650, il fit paraître un ouvrage très pointu dans ce domaine, qui fut à l’époque traduit en anglais, en français et en allemand. C’était un ingénieur militaire de l’artillerie polonaise.

33. Peter BIELKOWICZ (1909-1993)

Il était docteur en mathématique quand les Allemands envahirent la Pologne. Il put leur échapper pour venir en France puis en Espagne où il fut fait prisonnier par le régime franquiste jusqu’à la fin de la guerre. Il fut alors recruté par le programme spatial, rejoignant l’Air Force Institute Americain. Devenu professeur, il enseigna la ballistique, l’aérodynamique et l’astrodynamique, introduisant les cours de mécanique spatiale. Ces cours intégraient la connaissance des trajectoires et orbites des missiles, ainsi que les solutions ballistiques de vol.

Tiens, pour terminer, savez-vous qu’il y a eu un Polonais lancé dans l’espace ?
C’est en 1978 qu’un astronaute polonais s’envola en compagnie de Russes dans le vaisseau spatial « Salut-6-Sojuz ». (il s’appelle Miroslaw HERMASZEWSKI)

Mais… N’avons-nous pas oublié un personnage de la plus haute importance, un Cracovien qui, avant les astronautes, a été entraîné dans l’espace et y est resté (attendant patiemment sur la lune) ?

Mais oui, il s’agit bien de Pan Twardowski, cet alchimiste de la fin du Moyen-Age qui vivait à Cracovie (voir le récit détaillé de ses aventures dans « les Légendes de Pologne »). Il a réellement existé, il était en même temps médecin. Que la réalité de sa vie ait été déformée par la légende, vous seuls êtes juges… si vous ne voulez pas croire qu’à la suite de ses expériences chimiques, il ait rencontré le diable, qu’il lui ait vendu son âme, qu’il ait été emporté dans les airs par Satan et qu’il soit resté accroché sur la lune où il attend le jugement dernier…

Cependant, de la science au rêve, il n’y a qu’un pas, n’est-ce pas ?

Ainsi se termine ce survol des principaux scientifiques polonais, modeste résumé qui n’a pas d’autre but que d’encourager nos lecteurs à ne pas oublier ces chercheurs méritants.

En établissant ce condensé, j’ai été frappée, comme pour la présentation des écrivains et artistes polonais, par deux constantes :

La première, c’est à quel point la France est présente dans la vie de ces personnages, à quel point elle était la terre d’asile leur permettant de poursuivre leur œuvre après avoir dû s’exiler de leur Pologne natale envahie et opprimée. Ce n’est plus de l’amitié, c’est de la fraternité entre ces deux peuples, donnant et recevant l’un de l’autre sans compter. Admirable collaboration.

La seconde constatation c’est hélas que, par un phénomène inexplicable, à l’heure actuelle presque tous les grands noms polonais sont oubliés, occultés, méconnus. L’apport de la Culture polonaise apparaît comme l’un des derniers soucis du Français, l’image de la Pologne volontiers ignorée par les médias (au profit des puissances économiques ?).

Si ce phénomène semble récent, on en voit cependant déjà les prémices à l’aube du 20ème siècle. Il me vient une anecdote significative à ce sujet :

Il y a quelque temps, me trouvant par hasard de passage à Nantes, j’allai visiter le musée Jules Verne, cet illustre personnage natif de Nantes, pour lequel je nourris une admiration forcenée depuis mon enfance. En entrant dans ce musée, j’étais à mille lieues (non, pas à vingt-mille lieux sous les mers !), à mille lieues de m’imaginer que la visite me renverrait à l’histoire de la Pologne. Lisant l’intéressante exposition illustrée que présente ce musée retraçant toute la vie et l’œuvre de Jules Verne, je tombai sur la narration de détails de réalisation du livre fameux « Vingt mille lieues sous les mers ». Vous en connaissez tous le héros, le capitaine Nemo. Et bien, figurez-vous que ce héros, selon le manuscrit de l’écrivain, devait porter un nom polonais. Le héros voulu par Jules Verne était un aristocrate polonais spolié de ses biens par l’occupant russe et qui termine sa vie, amer et solitaire, dans le fameux sous-marin. Mais là, réaction immédiate de l’éditeur qui réplique que la Russie est devenue une clientèle potentielle (L’ « amitié franco-russe »venait d’être officialisée par le gouvernement en place) et qu’il n’est pas question de prendre le risque de la vexer. Donc pas de Polonais dépossédé. Le capitaine s’appellera Nemo… il a failli avoir un nom polonais…

Et si vous passez par Nantes, n’oubliez pas de vous arrêter au charmant musée Jules Verne. Mais non, pas pour vérifier que je ne vous raconte pas de bobards (sont-ils taquins, ces lecteurs !) mais pour bien connaître cet écrivain formidable.

Ce n’est pas parce que notre priorité est de faire connaître l’âme et la Culture de la Pologne que nous nous désintéressons des écrivains de talent bien français.

Et la visite des musées offre des découvertes parfois inattendues : Par exemple, c’est en visitant le musée de minéralogie de l’Ecole des Mines de Paris que j’ai découvert un jour Ignacy DOMEJKO, avec des détails amusants.

Ainsi, Domejko, dans une lettre adressée à un ami parisien depuis le Chili où il s’était installé,  relatait ceci au sujet de la toute jeune Chilienne qu’il avait épousée : « Je suis de plus en plus content de mon épouse. Elle devient chaque jour plus polonaise. D’ailleurs, elle me cuisine des plats polonais que je lui ai appris ».

Qui aurait dit que le patriotisme se nichait aussi dans les papilles ?

 

Chers lecteurs, je vous quitte en vous recommandant comme d’habitude de parler autour de vous de la riche Culture polonaise.

HERMINE

G – LES ARCHEOLOGUES POLONAIS

AGAINST THE SAND OF TIME

A l’UNESCO

 

 

L’expérience tragique que fut la destruction du patrimoine historique polonaise (par les Allemands durant la dernière guerre, et bien des fois auparavant par les invasions russes, tartares et suédoises au 17ème siècle notamment), patrimoine que les habitants ont savamment ressuscité dans bien des villes et des sites de Pologne, a eu pour effet de sensibiliser les scientifiques polonais au sauvetage et à la sauvegarde du patrimoine un peu partout dans le monde. Il semble qu’ils soient passés maîtres dans cet art.

 

Récemment s’est tenu à l’UNESCO une fort intéressante exposition-rétrospective rendant hommage à ces archéologues polonais – peu connus du grand public bien qu’ils aient réalisé et continuent de réaliser des œuvres exceptionnelles dans différents pays.

 

On apprend par cette exposition la contribution essentielle apportée par l’archéologue polonais Kazimierz Michalowski aux sauvegardes de Palmyre. Palmyre occupe une place à part dans l’histoire de la recherche polonaise sur les cultures antiques du Proche-Orient. Les travaux des chercheurs polonais sur ce site ont été initiés en 1959 par le professeur Michalowski et poursuivis pendant un demi-siècle avec d’autres chefs d’équipe.  C’est le professeur Michal Gawlikowski de l’Université de Varsovie qui a tenu ce poste le plus longtemps, à savoir pendant plus de 30 ans. Palmyre a récompensé ces efforts constants en dévoilant des découvertes spectaculaires.

La richesse de la cité provenait de sa fonction de plaque tournante commerciale pour les caravanes. Ses origines remontent aux premiers siècles, au deuxième millénaire avant Jésus-Christ. A l’époque hellénistique, Palmyre connut un grand essor. A l’époque romaine, son influence se développa pour atteindre son apogée au 3ème siècle après Jésus-Christ. Tout en conservant beaucoup de son ancien héritage oriental, Palmyre subit une hellénisation progressive et se romanisa ensuite. De nombreux édifices publics ont été érigés alors : des temples, un théâtre, une agora. Les ruines de Palmyre éveillaient l’admiration des touristes, notamment une sculpture de Phidias représentant Athéna Parthénos.

Vers la fin du siècle dernier, les archéologues polonais sont allés, à l’issue de l’exploration du camp de Dioclétien, vers une cité de l’époque byzantine où ils ont déterré une partie d’un grand ensemble de 4 basiliques chrétiennes.

 

On a pu admirer lors de cette exposition à l’UNESCO un symbole important : une imposante sculpture de lion. Le lion est le symbole d’Allat, déesse arabe de la paix au temps pré-islamique. Entre les griffes du lion repose une gazelle. L’inscription porte : « Qu’Allat bénisse celui qui ne verse pas le sang dans ce temple ». Impressionnant, n’est-ce pas ? En 2015, la sculpture du lion a été brisée en morceaux. Les spécialistes polonais de secours archéologiques ont ressemblé les morceaux et sécurisé la pièce ainsi reconstituée. On connait quels furent les évènements  tragiques en 2015, l’un des responsables locaux, le professeur Khaled al-Asaad, qui avait refusé de quitter les lieux devant les intégristes, a été décapité.

 

Autre pays du Moyen-Orient, l’Egypte, où les archéologues polonais se sont révélés très efficaces, participant  à une grande initiative internationale organisée par l’UNESCO, dans le but de sauver les vestiges des cultures antiques de la Vallée du Nil, voués à être submergés lors de la construction du barrage d’Assouan.

La galerie Faras porte à présent le nom du professeur Kazimierz Michalowski. Les fouilles menées dans la cité antique de Faras, proche de la frontière soudano-égyptienne, ont révélé les ruines d’une cathédrale datant du 8ème siècle, aux murs décorés de peintures magnifiques. Depuis,  67 fresques témoignant d’une civilisation datant de plus de 1.500 ans se trouvent au Musée National de Varsovie, selon un accord de partage signé entre le Gouvernement du Soudan et la Pologne. Les vestiges exposés s’accompagnent de présentations multimédia, dont un film en 3D.  Exceptionnelle à l’échelle mondiale, c’est la seule exposition en Europe qui présente des exemples de la Culture de l’Art datant de la période chrétienne de Nabie.

L’exposition de l’UNESCO n’a pas oublié de mentionner l’œuvre de l’archéologue Karol Mysliwiec, égyptologue-archéologue polonais, directeur du centre de recherche en archéologie méditerranéenne de l’Académie polonaise des Sciences. Il fut directeur des fouilles polonaises de Saqqarah depuis 1987. Avec son équipe, il a découvert en 2003 à Saqqarah une tombe datant d’environ 4.500 ans.

 

 

Encore un autre endroit du globe où les archéologues polonais furent très présents  : au Vietnam.

L’archéologue Kazimierz Kwiatkowski a mené des travaux de restauration autour des temples conservés datant de la période entre le 7ème et le 11ème siècle, dans les provinces du Vietnam. Kwiatkowski arriva au Vietnam en 1981, nommé chef de mission de conservation. Dès lors, il poursuivit inlassablement, dans des conditions très difficiles, son travail de sauvetage des vestiges de la civilisation du Champa, jusqu’en 1997, campant dans la jungle, dormant dans des cabanes de bambou. Il érigea le musée du My So, inauguré en Mars 1994.

Kwiatkowski participa également à la conservation et à la restauration de l’enceinte de la ville impériale de HUE, dernière capitale de la dynastie vietnamienne Nguyen, rasée pendant la guerre de 1947. Les autorités vietnamiennes ont honoré sa mémoire par des plaques commémoratives à son nom à Hué et au My So, lui érigeant une statue à Hoi-An en reconnaissance des efforts qu’il avait déployés pour éviter le délabrement de la ville.

 

Ce tour de l’exposition ne serait pas complet si l’on ne rajoutait pas également l’action des archéologues polonais au Pérou.

Depuis le 19ème siècle, les équipes de chercheurs polonais ont travaillé sur le patrimoine culturel de l’Amérique pré-colombienne. Ils ont apporté leur aide particulièrement aux équipes péruviennes, forts de leur expérience pour faire revivre les sites détruits. Un grand projet péruano-polonais prévoit le soutien d’un programme comprenant le balayage Laser 3 D de l’ensemble archéologique de Macchu Picchu.

 

L’exposition a pris soin de montrer, en parallèle avec ces découvertes dans des pays lointains, l’expérience acquise par les Polonais lors des multiples reconstructions de sites et de cités qu’ils ont réalisées en Pologne même : Les vieilles villes de Varsovie et de Gdansk, la forteresse de Malbork, de nombreux châteaux, etc…

En conclusion, on voit que dans le domaine de l’archéologie, des Polonais ont beaucoup apporté. Et, comme d’habitude, comme dans tous les domaines où ils ont travaillé d’arrache-pied, dans la plus grande discrétion… Car, qui les connaît, qui, en France, connaît leur contribution, leurs travaux couronnés de succès ? Il faut rendre hommage à l’UNESCO d’avoir mis en lumière toutes ces actions par cette magnifique exposition.

Et puisque nous sommes dans l’archéologie, encore quelques mots sur les trésors du musée archéologique de CRACOVIE. (ulica Senacka 3). On y trouve une collection de 500.000 objets anciens. Parmi les plus étonnants, la momie Aset-iri-khet-es. Elle fait partie d’une collection égyptienne constituée de quatre sarcophages originaires des fouilles d’el-Gambud, réalisées dans les années 1907-1908 par un archéologue polonais, Tadeusz SMOLENSKI, le premier égyptologue et coptologue polonais. L’un des sarcophages appartient à la prêtresse d’Isis du nom de Aset-iri-Khet-es.

Outre ces vestiges de l’Egypte antique, le musée archéologique de Cracovie contient des trésors de la culture slave préchrétienne, notamment la statue en pierre de SWITOWIT de Zbruz (datant du 9ème siècle). Il est considéré comme la représentation d’une divinité liée au culte religieux des Slaves, représentant Svantowit – le dieu du soleil, du feu, de la guerre et de la moisson. Cette statue quadrilatère de 2,57 m de haut est couronnée de la représentation coiffé d’un couvre-chef.

H – ETHNOLOGUES-ANTHROPOLOGUES POLONAIS.

BRONISLAW PILSUDSKI, anthropologue.

 

Chacun connaît le nom de PILSUDSKI, associé à Jozef, le fameux combattant et homme politique polonais qui devint chef d’Etat entre les deux guerres (et s’illustra particulièrement en refoulant l’Armée Rouge sur la Vistule en 1920).

Mais Bronislaw, le connaissiez-vous ? Il s’agit du frère du célèbre Jozef. Il a pris une tout autre direction, devenant un remarquable ethnologue-anthropologue.

Une passionnante  rétrospective de l’action de Bronislaw Pilsudski, suivie d’un office à Notre-Dame de Paris, a eu lieu tout récemment à l’Académie Polonaise des Sciences de Paris, commémorant le centenaire de la mort de ce scientifique, en Mai 1918 à Paris.

La destinée des deux frères, pourtant, commençait de manière assez semblable. Bronislaw fut, ainsi que son frère, accusé d’avoir participé au complot visant à assassiner le tsar russe Alexandre III. (A ce complot participait le frère de Lénine, qui, découvert, fut aussitôt exécuté). Bronislaw et Jozef échappèrent heureusement à la mort. Ils furent arrêtés et envoyés vers la Sibérie. Jozef en revint pour devenir un très efficace activiste politique. Bronislaw choisit une autre voie. Exilé dans l’île de Sakhaline et interdit par la Russie de quitter l’Extrême-Orient, il entreprit des recherches, s’intéressant aux ethnies qui y vivaient, notamment aux Aïnous. Il épousa une femme Aïnou et devint un anthropologue, connu et estimé au Japon comme en Europe. Les témoignages le décrivent comme un homme au grand cœur.

Revenu en Europe, il séjourna à Cracovie et Zakopane, puis quand la première guerre mondiale commença, il s’installa à Paris où il travailla pour le Comité Polonais.

Il se noya dans la Seine, près du Pont-Neuf, en Mai 1918. On ne sut s’il s’agissait d’un suicide. Hélas, il ne put voir la résurrection de la Pologne, survenu à la fin de la guerre en Novembre 1918, avec son frère le maréchal comme chef d’Etat.

Ses descendants vivent au Japon.

Que de talents, que de fantastiques scientifiques la Pologne a produits, souvent dans la plus grande modestie !

Hermine.

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