la Poésie polonaise, 7 grands poètes

Ouvrons la page de la littérature polonaise, cette littérature qui, comme le déclarait Henryk Sienkiewicz en recevant son Prix Nobel en 1905 « est si ancienne, si riche et pourtant si méconnue ».
C’est particulièrement vrai pour la poésie. Les poètes polonais sont innombrables ; ils ont laissé des œuvres poignantes depuis le Moyen-Age jusqu’à nos jours.

N’ayant pas la prétention de tous les passer en revue, nous devrons – au moins pour commencer – nous contenter de présenter quelques extraits d’œuvres particulièrement remarquables.

Si on trouve déjà des poètes en Pologne au Moyen-Age, c’est à la Renaissance, pendant ce 16ème siècle où règnait le roi Zygmunt-August, faisant épanouir le « siècle d’or » de la culture polonaise qu’ils se mirent à versifier non plus en latin mais en langue polonaise.
Comme le disait à cette époque humoristiquement celui qui fut surnommé « le père de la poésie polonaise, Mikolaj Rej, « Polaki nie gesi, swoj jezyk maja » (« les Polonais ne sont pas des oies, ils ont leur propre langue »).
Mikolaj Rej composa lui-même quelques œuvres poétiques.

Cependant, c’est à son contemporain du 16ème siècle, JAN KOCHANOWSKI, que nous réserverons la toute première place.

1. JAN KOCHANOWSKI (1530-1585)

Humaniste de la Renaissance, poète et philosophe, Kochanowski a marqué son époque, innovant en composant des genres littéraires particuliers : les « Fraszki », petits poèmes de la vie quotidienne (de « frasca » en italien : branche ou détail) ; puis ses « Treny », poèmes mélancoliques inspirés à la suite de la mort de sa fillette Urszulka.
D’abord poète vivant à la Cour, il se retira dans son domaine de Czarnolas, célèbrant la vie à la campagne.

Fraszki

Na starosc

Biedna starosci, wszyscy cie zadamy
A kiedy przydziesz, to zas narzekany.

A la vieillesse

Pauvre vieillesse, nous t’exigeons
Et quand tu arrives, nous nous en plaignons.

Ku Musom

Panny, ktore na wielkim Pannazie mieskacie,
A ippokrenska rosa wlosy swe maczacie,
Jeslim sie wam zachowal jako zyw statecznie,
Ani mam wolej z wam roztaczac sie wieczne.
Jesli Krolow nie zgorze perel ani zlota,
A milsza mi daleko niz pieniadze cnota,
Jesli nie chce, zebyscie komu pochlebiaty
Albo na mie u ludzi niewiedzcznych zekaly ;
Prosze, niech ze mna za raz me rymy nie gina,
Ale kiedy ja umre, ony niechaj slyna.

Aux muses

Mesdames, qui habitez le Mont Parnasse,
Et qui enduisez vos chevelures de rosée d’hypocras
Si j’ai toute ma vie invoqué vos grâces,
Je ne veux pas me séparer de vous hélas.
Je n’envie pas aux rois ni les perles ni l’or,
Car bien plus que l’argent, je goûte la vertu
Je ne voudrais pas que par complaisance,
Vous me trahissiez avec des gens ingrats.
Faites que mes rimes ne disparaissent pas avec moi,
Mais qu’elles perdurent après que je sois mort.

Treny

Wielkies mi uczynila pustki w domu moim,
Moja droga Orzulko, tym zniknieniem swoim.
Pelno nas, a jakoby nikogo nie bylo :
Jedna maluczka dusza tak wiele ubylo.
Tys na wszystki mowila, za wszystki spiewala.
wszystkis w domu kaciki zwiezdy pobiegala. ,
Nie dopuscilas nigdy matce sie frasowac
Ani ojcu mysleniem zbytnim glowe psowac,
To tego, to owego wdzecznie ublapiajac
I onym swym uciesznym smiecemu zabawiajac.
Teraz wszystko umiklo ; szczere pustki w domu,
Nie masz zabawki, nie masz rosmiac sie nikomu ;
Z kazdego kata zalosc czlowieka ujmuje,
A serce swej pociechy darmo upatruje.

Lamentation à Ursulka

Tu as laissé un bien grand vide dans ma maison
Ma chère petite Ursula, par ta disparition.
Nous sommes nombreux et c’est comme s’il n’y avait personne
Une seule petite âme a laissé tant de vide.
Tu parlais pour tous, tu chantais pour tous,
Tu courais sans cesse dans tous les coins
Tu ne laissais jamais ta mère s’attrister,
Ni ton père dans l’inquiétude.
Tu t’affairais partout, à ceci, ,à cela
Et tu nous distrayais de ton rire joyeux.
Maintenant tout s’est tu ; c’est le vide à la maison,
Plus de distraction, personne avec qui rire.
De tous les recoins, le regret envahit notre être
Et le cœur guette en vain une consolation.

2. Julian-Urszyn NIEMCEWICZ (1758-1841)

Le second poète par ordre chronologique vous surprendra sans doute. Il s’agit de Julian-Urszyn NIEMCEWICZ. C’est l’originalité de sa vie, plus encore que son œuvre, qui est étonnante.
Un militaire composant des poèmes, le croirez-vous ? Et quel militaire ! Compagnon du général héros de l’indépendance Kosciuszko, il se battit à ses côtés lors de ses vaillants combats pour sauver l’indépendance de la Pologne, notamment à la bataille de Maciejowice ; Avec Kosciuszko, il fut emmené prisonnier à Saint-Petersbourg sur ordre de Catherine de Russie et y fut retenu pendant deux années.
Libéré, il poursuivit une double-carrière d’écrivain-poète et d’homme politique, d’abord aux Etats-Unis où il fut invité par le président Georges Washington. Il devint alors son premier biographe. Il fit partie en même temps de la Société de philosophie de Philadelphie. Il revint cependant en Pologne où il eut un rôle politique pendant des années à Varsovie (où il connut Chopin alors tout jeune).
A nouveau forcé à l’exil, Niemcewicz mourut à Paris en 1841.
Ses poèmes (appelés « Chants historiques ») furent principalement inspirés par la célébration des vaillants rois de Pologne.
Rares sont les rois dont il n’ait pas décrit les combats par des vers. A titre d’exemple, un extrait de son ode à Boleslaw le Vaillant, premier roi couronné de Pologne, un ode à la Reine Jadwiga patronne de la Pologne et un autre au grand roi-guerrier Jan Sobieski, vainqueur sur les Turcs au 17ème siècle.

Boleslaw Chrobry

Ten, co najpierwszy ujrzal swiatlo wiary,
Niosac zbawienie ludowi i sobie,
Syt lat i chwaly, juz Mieczyslaw Stary
Legl w Piastow grobie.

Wychowan w dzielnych wojownikow gronie,
Straszny sasiadom, dla poddanych dobry,
Korona przodkow okryl mlode skronie
Boleslaw Chrobry.

Nie dziw, ze kiedy polegl w ojcow grobie,
Zdzialawszy tyle dla szczescia i chwaly,
Nieutulony i w ciezkiej zalobie,
Plakal lud caly.

Boleslaw le Vaillant

Celui qui le premier a vu la lumière de la foi,
Qui allait sauver le peuple et lui-même,
Rassasié d’ans et de gloire, Mieszko
Rejoignit le tombeau des Piast.

Elevé dans le cercle de guerriers valeureux,
Redoutable pour ses voisins, bon pour ses sujets,
La Couronne des ancêtres a coiffé le jeune front
De Boleslaw le Vaillant.

Pas étonnant que quand il rejoignit la tombe de ses pères
Ayant tant accompli pour le bonheur et la gloire,
Inconsolable et en deuil profond,
Tout le peuple a pleuré.

Hedwiga, Krolowa Polska

Kiedy dni Piastow przecinal sie watek,
A prawo berla w Hedwidze zlozone,
Na ten jedynie krwi nam lubej sczczatek
Oczy Polakow byly obrocone.

Nie dziw, ze tknieci jej cnota i wdzieki,
Liczne ksiazeta i rycerze mezne
Chcieli pozyskac z darem takiej reki
Piekna niewiaste i panstwo potezne.

Jadwiga, Reine de Pologne

Quant la lignée des Piast vint à s’interrompre,
Et que le sceptre revint de droit à Jadwiga,
Elle seule héritière de ce sang aimé
Les regards des Polonais sur elle étaient tournés ;

Pas étonnant que, touchés par sa vertu et ses grâces,
De nombreux prétendants, princes et chevaliers,
Voulurent bénéficier du privilège d’avoir la main
D’une belle fiancée et d’un Etat puissant.

Jan III Sobieski

Przed kim osmana ulegla potega,
Kto swiezym laurem czolo swe ozdobil,
Ten po najwysza godnosc smiele siega,
Wart berla, kto sie mieczem berla dobil.

Trapil bezbronna Polske Turczyn dzili,
Polnely miasta pozarem i dymem,
Kiedy Sobieski z nielicznymi szyki
Zniosl bisurmanskie hufce pod Chocimem.

Jean Sobieski

Celui devant lequel le puissant Osman se rendit
A mérité sur son front de frais lauriers
Celui-là peut hardiment prétendre à l’honneur suprême
Il mérite le sceptre, celui qui l’a gagné par l’épée.

Les Turcs sauvagement attaquaient la Pologne,
Les villes se couvraient de feu et de fumée.
Quand Sobieski avec une vaillance démesurée
Vainquit les hordes près de Chocim.

3. Adam MICKIEWICZ (1798-1855)

Avec le 19ème siècle et son romantisme, les poètes ne manquèrent pas en Pologne, mettant leur fougue et leur lyrisme pour crier au monde les malheurs de leur patrie dépecée et pour chanter son passé glorieux dans des œuvres toutes empreintes de mysticisme. Il y eut Slowacki, (avec Balladyna) Krasinski, Wyspianski (avec sa pièce fantastique « Wesele » : la noce). Et il y eut celui qui est resté dans les annales comme le plus grand poète polonais : Adam MICKIEWICZ.
Exilé en France, son génie littéraire, largement reconnu par les romantiques français de son époque, n’eut d’égal que son activisme patriotique. Ne reculant devant rien, souhaitant participer, autant par ses actes, par ses voyages que par ses écrits, à la lutte pour la résurrection de la Pologne, il créa une légion polonaise en Italie et mourut à Istanbul où, désireux d’agir encore pour les troupes polonaises, il fut emporté par la maladie.
Son œuvre est immense. Ses deux plus célèbres ouvrages sont « Dziady » et « Pan Tadeusz ».
Cependant, innombrables sont ses sonnets inspirés par la nature, le patriotisme, l’amour, etc..
Voici un petit exemple de son talent :

D’abord quelques vers inspirés par le patriotisme, extrait de son œuvre « les Aieux »
(ce fragment a reçu la traduction ci-dessous faite par George Sand) :
Teraz dusza jam w moje ojczyzne wcielony,
Cialem polknalem jej dusze,
Ja i ojczyzna to jedno.
Nazywam sie Milijon – bo za milijony
Kocham i cierpie katusze.
Patrze na ojczyzne biedna,
Jak syn na ojca wplecionego w kolo ;
Czuje calego cierpienia narodu,
Jak matka czuje w lonie bole swego plodu.
Cierpie, szaleje – a Ty madrze i weselo
Zawsze rzadzisz,
Zawsze sadzisz,
I mowia, ze Ty nie bladzisz !

Mon âme est incarnée dans ma patrie :..
J’ai englouti dans mon corps toute l’âme de ma patrie !
Moi, la patrie, ce n’est qu’un.
Je m’appelle Million – car j’aime et je souffre
Pour des millions d’hommes.
Je regarde ma patrie infortunée
Comme un fils regarde son père livré au supplice de la roue ;
Je sens les tourments de toute une nation,
Comme la mère ressent dans son sein les souffrances
De son enfant. Je souffre ! Je délire !.. ; Et toi,
Gai, sage, tu gouvernes toujours,
Tu juges toujours,
Et l’on dit que tu n’erres pas ! …

Un autre poème de jeunesse sur l’amour et l’amitié (écrit à St-Petersbourg en 1825) .

Niepewnosc

Gdy cie nie widze, nie wzycham, nie placze,
Nie trace zmyslow, kiedy cie zobacze,
Jednakze gdy cie dlugo nie ogladam,
Czegos mi braknie, kogos widziec zadam ;
I teskniac sobie zadaje pytanie :
Czy to jest przyjazn ? Czy to jest kochanie ?

Gdy z oczu znikniesz, nie moge ni razu
W mysli twojego odnowic obrazu ?
Jednakze nieraz czuje mimo checi,
Ze on jest zawsze blisko mej pamieci.
I znowu sobie powtarzam pytanie :
Czy to jest przejazn ? Czy to jest kochanie ?

Kiedy polozysz reke na me dlonie,
Luba mie jakas spokojnosc owionie,
Zda sie, ze lekkim snem zakoncze zycie,
Lecz mnie przebudza zywsze serca bicie,
Ktore mi glosno zadaje pytanie :
Czy to jest przyazn ? Czy tez kochanie ?

Kiedym dla ciebie te piosenke skladal
Wieszczy duch mymi ustami nie wladal ;
Pelen zdiwienia, sam sie nie postrzeglem,
Skad wzialem mysli jak na rymy wbieglem ;
I zapisalem na koncy pytanie :
Co mie natchneto ? Przyjazn czy kochanie ?

Incertitude

Quand je ne te vois pas, je ne soupire pas, je ne pleure pas.
Je ne perds pas mes esprits quand je t’aperçois ;
Pourtant, quand je ne t’ai pas regardée depuis un moment,
Quelque chose me manque, quelqu’un m’est nécessaire ;
Et me languissant, je me pose la question :
Est-ce de l’affection ? Est-ce de l’amour ?

Quand tu disparais de ma vue, je ne peux pas
Dans mon esprit faire surgir ton image.
Pourtant, je ressens plus d’une fois malgré moi,
Qu’elle est tout près de ma mémoire.
Et à nouveau je me répète la question :
Est-ce de l’amitié ? Est-ce de l’amour ?

Quand tu poses ta main sur ma main,
Quelque part une paix m’envahit.
Il se peut que par un rêve léger je finisse ma vie,
Ou me ramènent à la vie les battements de mon cœur,
Qui me posent bien fort cette question :
Est-ce de l’amitié ? Est-ce aussi de l’amour ?

Quand j’ai composé cette chansonnette pour toi,
L’esprit poétique n’a pas guidé mes lèvres :
Plein d’étonnement, je n’ai pas moi-même réalisé
D’où sont venues les pensées pour ces rimes ;
Et j’ai écrit à la fin cette question :
Qu’est-ce qui m’a inspiré ? L’amitié ou l’amour ?

Autre aspect de son inspiration : le mysticisme qui apparaît dans cette ballade :

Maryla

Bije raz, dwa, trzy… juz polnocna pora,
Gluche wokolo zacisze,
Wiatr tylko szumi po murach klasztora
I psow szczekanie gdzies slysze.

Straszno ! – nie byla straszna ta godzina,
Gdy byly nieba laskawsze :
Ilez mi slodkich chwilek przypomina !
Precz…to juz zniklo na zawsze.

Czasem, gdy slodkie zludzi zachwycenie,
Kochake widze lub braci ;
Zrywam sie, patrze, az tylko po scienie
Biega cien wlasnej postaci.

Maryla

Sonnent un, deux, trois coups.. déjà il est minuit
Tout autour un silence sourd
Seul le vent gronde contre les murs du cloître
Et j’entends les aboiements des chiens.

Effroi ! Elle n’était pas effrayante cette heure
Quand les cieux étaient plus cléments ;
Que de doux moments elle me rappelle !
Assez !… tout cela a disparu pour toujours.

Parfois, quand de douces illusions m’envahissent,
Je vois ma bien-aimée ou bien mes frères ;
Je sursaute, je regarde, seule sur le mur
Court l’ombre de ma propre silhouette.

4. Cyprian-Kamil NORWID (1821- 1883)

Le poète qui fait suite ici au grand Mickiewicz est peut-être son égal par son talent littéraire, (bien que moins vénéré par les Polonais) : Cyprian-Kamil NORWID

D’origine noble, né près de Cracovie en 1821, il voyagea beaucoup dans sa jeunesse, après avoir quitté la Pologne occupée. Après un séjour aux Etats-Unis, il s’installa ensuite durablement à Paris où il consacra toute sa vie à la poésie, sans être hélas réellement reconnu.
Commençant par la poésie romantique, son style évolua tant au fil des années que beaucoup voient en lui maintenant un précurseur de la poésie moderne.
Il mourut endetté et malade à l’hospice Saint-Casimir de Paris. Ce n’est qu’après sa mort que les éloges se firent entendre.
Henri Bergson disait de lui : « Il est difficile de ne pas l’aimer ; il fut doublement artiste. Par-dessus tout, il fut, âme ardente et pure, un grand Polonais ;
Quant à André Gide, il déclare que les rapports entre Norwid et Chopin – pour lequel son admiration n’a fait que croître – l’ont particulièrement touché et qu’il sent profondément les rapports de cette étrange et belle littérature et de cette précieuse musique.
Norwid a en effet connu Chopin durant la dernière année de la vie du musicien.
Il écrivit son poème célèbre : « le piano de Chopin » à la suite d’une nouvelle venant de Varsovie : Lors de l’insurrection de 1863, à titre de représailles, les soldats russes pillèrent et détruisirent de nombreux vestiges de la culture polonaise. Du troisième étage de l’appartement de la sœur de Chopin, le piano de jeunesse du compositeur fut défenestré et brûlé.

Fortepian Szopena

Bylem u Ciebie w te dni przedostatnie
Nie docieczonego watku,
Pelke, jak Mit,
Blade, jak swit…
Gdy zycia koniec szepce do poczatku :
« Nie stargam Cie ja – nie ! Ja, u-wydatnie ! »

Bylem u Ciebie w dni te, przedostatnie,
Gdy podobniales – co chwila, co chwila –
Do upuszczonej przez Orfeja liry,
W ktorej sie rzutu-moc z piesna przesila,
I rozmawiaja z soba struny cztery,
Tracajac sie,
Po dwie – po dwie –
I szemrzac z cicha :
« Zaczalze on
uderzac w ton ? …
Czy taki Mistrz ! … ze gra… choc – odpycha ? .. ;

Bylem u Ciebie w te dni, Frederyku !
Ktorego reka… dla swojej blialosci
Alabastrowej – i wziecia – i szyku –
I chwiejnych dotkniec jak strusiowe pioro –
Mieszala mi sie w oczach z klawiatura
Z sloniowej kosci…

I byles jako owa postac, ktora
Z marmurow lona,
Nizli je kuto,
Odejma dluto
Geniuszu – wiecznego Pigmaliona !

Oto – patrz, Frederyku ! … to Warszawa :
Pod rozplomieniona gwiazda ;
Dziwnie jaskrawa –
– Patrz, organy u Fary ; patrz : Twoje gniazdo :
Owdzie – patricjalne domy stare
Jak Pospolita-rzecz,
Bruki placow bluche i szare
I Zygmuntowy w chmurze miecz.

– Gmach zajal sie ogniem, przygasl znow,
Zaplonal znow – i oto – pod sciane
Widze czola ozalobionych wdow
Kolbami pchane
I znow widze, acz dymem oslepian,
Jak przez ganku kolumny
Sprzet podobny do trumny
Wydzwigaja – runal.. ; runal – Twoj Fortepian !

Ten !… co Polske glosil, od zenitu
Wszechdoskonalosci Dziejow
Wzieta, hymnem zachwytu,
Polske – przemienionych kolodziejow :
Ten sam – runal – na bruki z granitu !
I oto : jak zacna mysl czlowieka,
Poterany jest gniewami ludzi,
Lub jak – od wieka
Wiekow – wszystko, co zbudzi !
I oto – jak cialo Orfeja,
Tysiac Pasyj rozdziera go w czesci ;
A kazda wyje : « Nie ja !.. ;
Nie ja » – zebami chrzesci –
Lecz Ty – lecz ja ? uderzmy w sadne pienie,
Nawolujac : « Ciesz sie, pozny wnuku !…
Jekly – gluche kamienie :
Ideal – siegnal bruku ; «

Le Piano de Chopin

J’étais chez toi ces jours avant-derniers
De la trame non dénouée,
Pleins comme le Mythe,
Pâles comme l’aurore…
Quand la fin de la vie parle au commencement et murmure
« Je ne te briserai pas – non ! Je te donnerai l’essor !

J’étais chez toi, ces jours avant-derniers,
Quand – d’instant en instant – tu t’apparentais
A la lyre tombée des mains d’Orphée
Où la vigueur de la chute combat avec le chant :
Quatre cordes se parlent
En vibrant tout bas
Deux à deux – deux à deux –
Murmurant :
« – Est-ce lui qui commence,
Qui fait jaillir les notes ?…
« Si grand Maître ! … qu’il joue…
Lors même qu’il nous repousse ?.. »
J’étais chez toi, ces jours-là, Frédéric !
Toi dont la main… par sa blancheur
D’albâtre – et sa grâce – et son élégance –
Et son toucher impalpable comme une plume d’autruche
Se confondait sous mes yeux avec le clavier
D’ivoire…

Et tu étais pareil à cette forme que,
Du sein des marbres,
Avant de les tailler,
Fait surgir le ciseau
Du génie – l’éternel Pygmalion !

Voici, regarde, Frédéric ! voici Varsovie :
Sous un astre embrasé
En étincelles étranges –
Regarde les orgues de la Cathédrale
Regarde, ton nid ; La-bas, les demeures
Patriciennes de la Res Publica,
Les pavés sourds et gris des places,
Et le glaive de Sigismond dans les nues.

L’édifice a pris feu, le feu
Couve et s’étend – voici, le long du mur,
Je vois les fronts en deuil des veuves
Refoulés sous les crosses –
Je vois encore, malgré la fumée aveuglante,
Entre les colonnes du balcon,
Une sorte de cercueil
Que l’on hisse. il tombe il tombeTon piano !

Lui qui a proclamé la Pologne, au zénith
De la Toute-Perfection des Temps,
Saisie par un hymne d’extase –
La Pologne .. ; des charrons transfigurés,
Il tombe… sur les pavés de granit !
Et voici, telle une juste pensée d’homme,
Il est bafoué par la fureur des hommes,
Ou comme – depuis les siècles
Des siècles – tout ce qui éveille !
Et voici, tel le corps d’Orphée
Mille Furies le déchirent,
Et toutes hurlent : « Moi, non !
Moi, non ! » Toutes grincent et hurlent –
Mais toi ? – Mais moi ? Faisons jaillir
Le chant du Jugement, clamons :
« Réjouis-toi, lointain héritier !
Les pierres sourdes ont gémi,
L’Idéal… a touché le pavé »

L’œuvre-maîtresse de Norwid qu’il nomma « VADE MECUM » est aujourd’hui considéré comme un joyau de la poésie, une sorte de voyage intérieur du poète. En voici deux courts extraits :

Przeszlosc

Nie Bog stworzyl przeszlosc, i smierc, i cierpienia,
Lecz ow, co prawa rwie ;
Wiec – nieznosne mu dnie ;
Wiec, czujac zle, chcial odepchnac spomnienia !

Acz nie bylze jak dziecko, co wozem leci,
Powiadajac : O, dab
Ucieka ! … w lasu glab…
– Gdy dab stoi, woz z soba unosi dzieci.

Preszlosc – jest to dzis, tylko cokolwiek dalej :
Za kolami to wies,
Nie jakies tam cos, gdzies,
Gdzie nigdy ludzie nie bywali !…

Le Passé

Passé, mort, douleur, ne sont pas don de Dieu
Mais œuvre du briseur des lois ;
Ainsi – haïssait-il chaque jour ;
Ainsi, attiré par le mal, voulait-il chasser les
Réminiscences !
Mais n’était-il pas l’enfant qui file en voiture
Et s’écrie : « Oh : le chêne…
Dans la forêt … il fuit ! »
– Si l’arbre est immobile, la voiture emporte l’enfant.

Le passé, ce n’est qu’aujourd’hui et à peine plus loin :
Derrière les roues la campagne,
Non une chose ou un lieu
Où jamais homme ne fut !…

Niebo i Ziemia

« Rzeczywistym badz ! Co ? Ci sie wciaz o niebie troi,
Podczas gdy grob, pradami nieustannemi,
Kosci twoich, prochow twych pozada !
– Och ! Tak, wszelako, gdziekolwiek czlowiek stoi,
O wielekroc wiecej niebos oglada,
Nizeli ziemi… «

Le Ciel et la Terre

« Sois réel ! – Tu rêves toujours le ciel,
Imminente la tombe par des influx incessants
Elle convoite tes os et tes cendres !
– Oh oui ! Pourtant où qu’il soit
L’homme voit plus de ciel
Que de terre…

5. KAROL WOJTYLA (1920 – 2005)

Au 20ème siècle arriva un poète qui fut un fervent admirateur de Norwid.
La poésie polonaise regorgeant décidément d’originalité, après un militaire-poète, voilà que survient un pape-poète : KAROL WOJTYLA, plus connu sous le nom de Jean-Paul II.

Vous le connaissez tous, il fut pendant vingt-six ans un pape très populaire.
On sait de lui qu’avant de commencer sa brillante carrière d’ecclésiastique, il avait eu maintes activités : il fut dans sa jeunesse acteur de théâtre amateur, il dut – pendant les années noires de la seconde guerre mondiale en Pologne – casser les pierres dans une carrière sous la surveillance des nazis, il fut un athlète accompli.
Mais c’est durant toute sa vie qu’il s’adonna à sa passion de la poésie. Ses tristes moments à casser les pierres lui inspirèrent un poignant poème dédié à ses compagnons d’infortune : « Les mains sont le paysage du cœur » (extrait ci-dessous).
Il eut quantité de sources d’inspiration diverses : Sa patrie qu’il aima profondément, l’amitié, l’Histoire, la mort, la nature, etc…
Voici trois extraits de ses poèmes :
Dlonie sa krajobrazem serca. Dlonie pekaja nieraz
Jak wawozy, ktorymi sie toczy nieokreslony zywiol.
Te same dlonie, ktore czlowiek wowczas dopiero otwiera,
Gdy nasycone sa trudem –
I widzi, ze przez niego jednego inni ludzie spokojni juz ida.

Les mains sont le paysage du cœur. Elles se crevassent parfois,
Comme des ravins, dans lesquels se coule une indéfinissable force.
Ces mêmes mains, l’homme les a seulement ouvertes,
Quand ses paumes n’en peuvent plus de ce labeur.
Et il voit que par lui, d’autres hommes peuvent aller paisiblement.

Niewidomi

Stukajac bialymi laskami w bruk
Stwarzamy dystans nieodzowny.
Kosztuje kazdy krok.
W pustych zrenicach wciaz umiera swiat
Do siebie samego niepodobny.

Swiat zlozony nie z barw, lecz z loskotow
(kontury, linie szmerow).
Pomysl, z jakim trudem dojrzew sie do calosci,
Gdy zawsze tylko czesc zostaje
– i te czesc musimy wybierac.

O jakze chetnie kazdy z nas wzialby calu ciezar
Czlowieka, ktory bez laski bialej obejmuje od razu przestrzen !
Czy zdolasz nas nauczyc, ze sa krzywcy inne procz naszej ?
Czy potrafisz przekonac, ze w slepocie moze byc szczescie ?

Les Aveugles

Frappant le trottoir de notre canne blanche
Nous créons une nécessaire distance.
Chaque pas nous coûte.
Dans nos pupilles vides le monde meurt
Sans ressembler à lui-même.

Le monde fait non de couleurs, mais de bruits
(que des contours, lignes murmurantes)
Imagine comme c’est difficile d’accéder à un tout,
Alors qu’une partie échappe toujours
– et cette part nous devons la choisir.

Oh ! Comme chacun de nous prendrait volontiers la charge
De l’homme qui remplit l’espace sans canne blanche
Nous apprendras-tu qu’il existe d’autres peines que
Les nôtres ? Arriveras-tu à nous convaincre que
L’on peut être heureux en étant aveugle ?

Myslac Ojczyzna

Ojczyzna – kiedy mysle – wowczas wyrazam siebie i zakorzeniam,
Mowi mi o tym serce, jakby ukryta granica, ktora ze mnie przebiega ku innym,
Aby wszystkich organiac w przeszlosc dawniejsza niz kazdy z nas :
Z niej sie wylaniam… gdy mysle Ojczyzna – by zamknac ja w sobie jak skarb.
Pytam wciaz, jak go pomnozyc, jak poszerzyc te przesten, ktora wypelnia.

Pensant ma Patrie

Quand je pense à mon pays – alors j’exprime ce que je suis, jetant l’ancre sur mes racines.
Et c’est mon cœur qui me le dit, comme si une frontière cachée courait de moi vers les autres,
Afin de nous enlacer tous, dans un passé plus ancien que chacun de nous.
Et de ce passé j’émerge… quand je pense à ma patrie, pour la capturer à l’intérieur de moi comme un trésor,
Constamment je demande comment élargir, multiplier cet espace qui me remplit alors.

6. Czeslaw MILOSZ (1911-2004)

Viennent maintenant deux poètes polonais contemporains qui reçurent le Prix Nobel de Littérature. Le premier est Czeslaw MILOSZ.
Ecrivain et poète, surtout connu pour son essai « La Pensée Captive », il est né en Lituanie, étudia et vécut à Varsovie, puis émigra pendant la période du communisme aux Etats-Unis puis à Paris. Il enseigna à l’Université de Berkeley. En 1990, à la chute du communisme, il retourna en Pologne où il mourut à Cracovie en 2004 à l’âge de 93 ans.

Il reçut le prix Nobel de Littérature en 1980.
Voici un extrait d’un de ses recueils « Enfants d’Europe ».

Statue d’un couple (poème composé en 1935).

Ta main, ma merveille, est glacée maintenant.
La lumière la plus pure du dôme céleste
M’a consumé. Et maintenant nous sommes
Comme deux calmes plaines allongées dans le noir,
Comme deux berges sombres d’une rivière gelée
Dans le gouffre du monde.

Où es-tu, dans quelles profondeurs du temps,
Amour, dans quelles eaux t’avances-tu,
Maintenant que le givre de nos lèvres muettes
Ne barre plus l’accès aux feux divins ?

Mon amour, ta poitrine tranchée par un burin
Ne sait plus rien de ce qu’il y avait.
Des nuages à l’aube, des colères au crépuscule,
Des ombres au printemps, elle n’a pas souvenance.

Dans un étonnant poème composé en 1982, Milosz, cet artiste qui exprima si souvent sa rebellion contre toute l’injustice du monde, exprime finalement une acceptation physique inattendue de l’ordre du monde, une paix intérieure…

Dar z Hymnu o Perle (1982)

O piekno, blogoslawienstwo : Was tylko zebralem
Z zycia ktore bylo gorzkie i pomylone,
Takie w ktorym poznaje sie swoje i cudze zlo.
Zachwyt porazal mnie i tylko zachwyt pamietam.
Wschody slonca w nieobjetym listowiu,
Kwiaty otwarte po nocy, trawy bezbrzezne,
Niebieski zarys gor dla krzyku hosanna.
Ile razy mowilem : nie to jest prawda ziemi.
Od przeklenstw i zawodzen skad tutaj do hymnow !
Dlaczego chce udawac, kiedy wiem tak duzo ?
Ale usta same wychwalaly, nogi same biegly,
Serce mocno bilo i jezyk roglaszal wielbienie.

O beauté, splendeur : vous seules j’ai retenues
De la vie qui fut amère et erronnée,
Dans laquelle je me reconnais ainsi que les autres.
Le ravissement qui me prenait me revient seul en mémoire :
Les levers de soleil dans le fin branchage,
Les fleurs ouvertes après la nuit, les herbes douces
La ligne bleue des montagnes pour crier Hosanna.
Combien de fois ai-je dit : Ce n’est pas la vérité de la terre
Des jurons et déceptions, arriver aux hymnes !
Pourquoi faire semblant, alors que je sais tant de choses ?
Mais mes lèvres glorifiaient, mes jambes couraient d’elles-mêmes
Mon cœur battait fort et ma langue clamait des louanges.

Et, pour finir, un petit quatrain de Milosz, montrant qu’il avait le sens de l’auto-dérision :
« Czy dalej mowisz sobie : non omnis moriar ?
O tak, niecaly zgine, zostanie po mnie
Wzmianka w czternastym tomie encyklopedii
W poblizu setki Millerow i Mickey Mouse.. »

« Continues-tu à te dire : « Non omnis moriar ?
Certes, je ne disparaitrai pas totalement, il restera après moi
Une rubrique dans le treizième tome de l’Encyclopédie,
Au voisinage des nombreux Miller et de Mickey Mouse »

7. WYSLAWA SZYMBORSKA (née en 1923)

Le second Prix Nobel de Littérature présenté ici est une poètesse : WYSLAWA SZYMBORSKA.
Cette Cracovienne reçut le Prix Nobel en 1996, principalement pour son magnifique recueil de poèmes intitulé « Widok z ziarnkiem piasku » (Vue avec un grain de sable), où elle cherche des questions dans les petites choses de l’existence . En voici quelques poèmes.

Pochwala Snow

We snie
Maluje jak Vermeer van Delft.

Rozmawiam biegle po grecku
I nie tylko z zywymi.

Jestem zdolna,
Pisze wielkie poematy.

Slysze glosy
Nie gorzej niz powazni swieci.

Bylibyscie zdumieni
Swietnoscia mojej gry na fortepianie.

Spadajac z dachu
Umiem spasc miekko w zielone.

Nie jest mi trudno
Oddychac pod woda.

Nie narzekam :
Udalo mi sie odkryc Atlantyde.

Hommage aux Rêves

Dans les rêves

Je peins comme Vermeer van Delft.

Je parle couramment le Grec
Et pas seulement avec les vivants.

Je suis douée,
J’écris de grands poèmes.

J’entends des voix
Pas plus mal que des saints sérieux.

Vous seriez stupéfaits
De ma perfection à jouer du piano.

En tombant du toit
Je sais tomber doucement dans la verdure.

Il ne m’est pas difficile
De respirer sous l’eau.

Je ne me plains pas :
J’ai réussi à découvrir l’Atlantide.

Album

Nikt w rodzinie nie umarl z milosci.
Co tam bylo, to bylo, ale nic dla mitu.
Romeowie gruzlicy ? Julie dyfterytu ?
Niektorzy wrecz dozyli zgrzybialej starosci.
Zadnej ofiary braku odpowiedzi
Na list pokropiony lzami !
Zawsze w koncu zjawiali sie jacys sasiedzi
Z rozami i binoklami.
Zadnego zaduszenia sie w stylowej szafie,
Kiedy to raptem wraca maz kochanki !
Moze ktos, dawniej, przed dagerotypem –
Ale z tych, ci w albumie, nikt, o ile wiem.
Rozsmieszaly sie smutki, lecial dzien za dniem,
A oni, pocieszeni, znikali na grype.

L’Album de Famille

Personne dans la famille n’est mort d’amour.
C’était comme c’était, rien de mythique.
Des Romeo et des Juliette de la dyphtérie ?
Certains ont atteint un âge canonique.
Aucune victime par absence de réponse
A une lettre parsemée de larmes !
Toujours il se trouvait quelque voisin
Avec des roses et des binocles.
Aucun étouffé dans une armoire d’époque,
Surpris par le mari d’une maitresse !
Peut-être quelqu’un, jadis, avant le daguérotype
Mais parmi ceux de l’album, personne, que je sache.
Les tristesses se dissipaient, les jours se suivaient,
Et eux, consolés, mouraient de la grippe.

Jak ja sie czuje

Kiedy ktos zapyta, jak ja sie dzis czuje,
Grzecznie mu odpowiem, ze « dobrze, dziekuje »
To, ze mam artretyzm, to jeszcze nie wzsystko,
Astma, serce mi dokucza i mowie z dasyszka,
Puls slaby, krew moja w cholestorol bogata.
Lecz dobrze sie czuje jak na moje lata.
Bez laseczki teras chodzic juz nie moge,
Choc zawsze wybieram najlatwiejsza droge.
W nocy przez bezsennosc bardzo sie morduje,
Ale przyjdzie ranek… znow sie dobrze czuje.
Mam zawroty glowy, pamiec figle plata,
Lecz dobrze sie czuje, jak na swoje lata !
Z wierszyka mojego ten sens sie wywodzi,
Za kiedy starosc i niemoc przychodzi,
To najlepiej sie zgodzic ze strzykaniem kosci
I nie opowiadac o swojej starosci.
Zaciskajac zeby z tym losem sie pogodz
I wszystkich wokolo chorobami nie nudz !
Dobra rada dla tych, ktorzy sie starzeja :
Niech zacisna zeby i z zycia sie smieja.
Kiedy wstana rano, « czesci posbieraja
Niech rubrike zgonow w prasie przeczytaja.
Jesli ich nazwiska tam nie figuruja,
To znaczy, ze ZDROWI I DOBRZE SIE CZUJA.

Comment je vais

Quand quelqu’un me demande comment je vais,
Je réponds poliment « Bien, merci. »
J’ai de l’arthrose, et ce n’est pas tout,
De l’asthme, le cœur aussi me tracasse.
Mon pouls est faible, mon sang riche en cholestérol.
Mais je vais bien ; Bien pour mon âge.
Dans les bosquets je ne peux plus me promener ;
Même si je choisis toujours le chemin le plus facile.
La nuit mes insomnies me fatiguent beaucoup,
Mais vient le petit matin… A nouveau je vais bien.
La tête me tourne, ma mémoire me joue des tours,
Mais je vais bien, bien pour mon âge !
De mon petit poème on peut tirer un sens,
C’est que quand la vieillesse et le handicap arrivent,
Le mieux est d’accepter l’usure de ses os.
Et ne pas parler de sa vieillesse,
Serrant les dents, afin de se résigner à ce sort
N’ennuie pas ton entourage avec tes maladies !
Un bon conseil pour ceux qui prennent de l’âge :
Qu’ils serrent les dents et se rient de la vie.
Quand ils se lèvent au matin, ils rassemblent leurs parties.
Qu’ils lisent dans la presse la rubrique nécrologique :
Si leur nom n’y figurent pas, cela signifie
Qu’ils sont en bonne santé, qu’ils vont bien !

Voilà un petit aperçu pour ceux qui ne connaissaient pas du tout la poésie polonaise.
Ce n’est, évidemment, qu’un léger hors-d’œuvre (pardonnez l’expression). Il y a tant et tant de poètes polonais. Et si l’on aborde la littérature en prose, alors là, il y a eu tant d’écrivains que ce sera pour une autre fois, si vous le voulez bien.
En attendant, ces poèmes, reflets de l’âme d’un peuple, vous ont peut-être touchés.

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Catégories : 4 - Littérature | 4 Commentaires

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4 réflexions sur “la Poésie polonaise, 7 grands poètes

  1. Wisława Szymborska est décédée le 2 février dernier… la ville de Cracovie lui a rendu hommage lors de ses obsèques civiles le 10, voir ici => http://agatheb2k.wordpress.com/2012/02/10/ladieu/

  2. Il est si vrai que la poésie polonaise est si méconnue… Les « grands » pays de l’Europe de l’Ouest ne se concentrent que sur leurs propres poésies !

    • EYRAUD Patrice

      Bonjour,
      le 15 décembre à Meudon, près de Paris, la poésie polonaise est à la fête avec Chopin;
      Patrice, 0618063204
      eyraudpa@yahoo.fr

  3. Pingback: La poésie | Accordéon et dentelles au jardin

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