La Littérature Polonaise (en prose)

Ayant évoqué précédemment la poésie polonaise, tournons-nous vers la littérature polonaise en prose – romans , récits, œuvres de théâtre.

C’était un vrai casse-tête, il y a tant et tant d’écrivains polonais remarquables, tant d’œuvres de qualité, que vouloir en présenter une douzaine est évidemment frustrant.
Il a fallu faire un choix draconien. D’abord en limitant la période présentée :
Nous avions évoqué les poètes polonais depuis la Renaissance, en revanche, nous ne présenterons la littérature en prose que depuis une période assez récente – la fin du 18ème siècle jusqu’à nos jours.

Comme pour les poètes, la plupart de ces écrivains ont été fort appréciés – avant de tomber, pour certains, dans un certain oubli inexplicable ; certains ont reçu le Prix Nobel de Littérature et autres distinctions internationales prestigieuses, d’autres en ont passé tout près, d’autres encore ne se sont pas souciés de distinctions particulières, ce qui n’enlève rien à leur mérite.

Le premier par ordre chronologique est un personnage à multiples facettes qui fut – en plus d’être écrivain – diplomate, archéologue, voyageur et…homme du monde, puisqu’il s’agit d’un descendant de la noble famille Potocki, l’une des plus puissantes familles de magnats.

1. Jean POTOCKI (1761-1815)

Jean Potocki commence, après une période d’oubli, à être redécouvert et à être considéré comme l’un des plus remarquables écrivains européens de cette période de la fin du 18ème siècle.
Homme des lumières, il le fut brillamment ; c’était un esprit au génie multiforme qui a laissé une œuvre littéraire presque entièrement écrite en français – langue de prédilection à cette époque des aristocrates d’un bout à l’autre de l’Europe. Cependant, il a écrit aussi des œuvres en langue polonaise.
Polyglotte, citoyen universel, Jean Potocki le fut dès son enfance, ayant étudié en Suisse autant qu’en Pologne.
Dans sa jeunesse aventureuse, il s’engagea même dans des expéditions maritimes de l’Ordre de Malte contre les pirates barbaresques.
Il séjourna ensuite en Espagne, en Tunisie et en Italie, accompagné de son richissime cousin Stanislas Potocki. Puis il alla jusqu’en Egypte et en Turquie ce qui lui donnera l’inspiration pour ses contes orientaux.
Cet infatigable voyageur a écrit des ouvrages ethnologiques, historiques et linguistiques et des récits de voyages en Europe, en Afrique du Nord et en Asie. Il avait notamment entrepris une longue équipée pour tenter de vérifier la véracité des racines Sarmates des Polonais (le mouvement Sarmatiste étant fort important en Pologne depuis le 16ème siècle).
Il fonda à Varsovie une salle de lecture publique ainsi qu’un club politique.
Il se fit remarquer en 1790 en survolant Varsovie en ballon avec l’aéronaute Blanchard.
Politiquement, ses positions subirent les aléas de l’histoire mouvementée de la Pologne.
Après avoir un moment combattu les Russes en 1792, il fut déçu par l’abdication ( plus ou moins forcée) du roi Poniatowski, il reprit cependant un rôle de diplomate en assistant au couronnement du nouveau tsar Paul 1er – beaucoup plus bienveillant que sa mère envers la Pologne puisqu’il avait fait libérer de nombreux Polonais emprisonnés par sa mère Catherine de Russie. Potocki devient ensuite ambassadeur du tsar suivant, Alexandre 1er. Cependant, il finit par se retirer de la vie politique pour se consacrer exclusivement à l’écriture, dans le magnifique château de Lancut que la famille Potocki possèdait dans le sud-est de la Pologne.

C’est ainsi qu’il produit ce chef-d’œuvre de la littérature universelle :

« MANUSCRIT TROUVE A SARRAGOSSE » (Rekopis znalezony w Sarragosie ».

Le récit relate le périple chaotique du jeune Wallon Alphonse van Worden. Arrivé en Espagne pour devenir capitaine des Gardes wallonnes, le jeune homme est entraîné dans une étrange aventure, qui prendra l’allure d’une épreuve initiatique.
Après avoir découvert un mystérieux manuscrit, il rencontre des personnages fort étranges.
Malgré la sinistre réputation de la chaîne de la Sierra Morena, qui passe pour hantée, il s’y aventure : Dans cet endroit désert, il est séduit par deux belles Mauresques, filles du sheik, qui se révèlent être ses cousines. Après chaque nuit, il se réveille sous un gibet entre deux cadavres qui reprendront vie pour lui raconter à leur tour leur histoire.

Mais « le Manuscrit trouvé à Saragosse » n’est pas seulement l’exemple classique du « roman à tiroirs », véritable labyrinthe où les histoires et les destinées se reflètent les unes dans les autres : c’est aussi une somme romanesque de tous les genres : roman picaresque, histoire de brigands, roman noir, conte fantastique, roman libertin, conte philosophique, histoire d’amour, toutes ces formes s’entrelacent en un ballet féérique : le texte devient le miroir d’un univers à perspectives multiples, où coexistent des systèmes de valeurs, des conceptions religieuses et philosophiques.

Cette œuvre a été adaptée au cinéma dans les années 1960 par Wojciech HAS qui, fidèle à l’œuvre de Potocki, nous transporte dans un monde toujours à la lisière du rêve, du cauchemar et de la réalité.

Par cet ouvrage, Jean Potocki se classe comme un précurseur du roman dit « gothique » qui bénéficia d’un grand engouement au 19ème siècle, notamment en Angleterre.

Cependant, Jean Potocki, âme aussi torturée que géniale, se suicidera d’une manière spectaculaire dans son manoir : il se tira une balle dans la tête – balle façonnée à partir d’une théière offerte par sa mère, qu’il avait préalablement fait bénir.

2. Josef-Ignacy KRASZEWSKI (1812-1887)

Josef KRASZEWSKI, né à Varsovie le 28 Juillet 1812 dans une famille aristocratique, est un romancier et éditeur polonais qui montra un talent précoce pour la littérature, commençant sa carrière littéraire par une étude des mœurs de la société polonaise.

Lors de l’insurrection polonaise de 1831, il échappe de peu à l’envoi en Sibérie.

Il travaille avec assiduité dans sa propriété près de Grodno, produisant une centaine de volumes qui lui valent une grande popularité en Pologne.

Il devient éditeur de la « Gazeta Warszawska » en 1859 puis de « Tydzien » (la semaine).
Il reçoit le titre de docteur honoris causa de l’Université Jagellon de Cracovie en 1879.

Outre ses activités littéraires, il fut également le restaurateur de l’archéologie en Pologne.

Provisoirement installé à Dresde, il y écrivit quelques œuvres jugées subversives.
De nouveau accusé d’activisme politique en 1883 cette fois contre le gouvernement allemand qui le suspecte de collaboration avec l’armée française, il est condamné à quatre ans d’emprisonnement dans la forteresse de Magdeburg.
A sa libération, il se retire à Genève où il meurt en 1887.

Malgré cette vie parsemée d’épreuves, il a écrit plus de 200 romans et nouvelles.
Il est connu pour son épopée relatant l’histoire de la Pologne.

Kraszewski, par ses nombreux romans, nous fait connaître particulièrement bien le 18ème siècle qu’il s’est plu à décrire en détails. Sur la centaine de romans historiques qu’il a écrits, la moitié se situent au 18ème siècle – dont son roman « LE FILS PRODIGUE ».

On peut revivre grâce à lui les particularités de cette époque dite « Stanislawienne », au temps où gouvernait le dernier roi de Pologne, Stanislas-August Poniatowski, quand la Pologne était sur le point d’être partagée et ne s’en doutait pas encore, Poniatowski – souverain éclairé – s’efforçant de préserver un semblant de « normalité » de la vie en Pologne, malgré les menaces des états voisins, et notamment en protégeant les Arts et la Littérature polonaise, aussi longtemps que possible.

L’un de ces récits m’a tant plu que je vais essayer de vous en faire goûter le sel :

« SYN MARNOTRAWNY »(LE FILS PRODIGUE), écrit en 1879.

Il flotte dans cette description de l’Art de vivre dans les villes de Pologne, un charme très aristocratique que Kraszewski a su faire resurgir par des dialogues entre gens du monde, s’exprimant avec un grand raffinement, parsemant leurs propos de fréquentes phrases en français – la langue utilisée par les Européens cultivés à cette époque.

Le style est délicieusement enjoué, apparenté au marivaudage ; même lorsque les personnages bouillonnent de colère, ils savent garder leur vernis de noble courtoisie.
Si l’on apprend beaucoup de choses sur les mœurs et les évènements de cette époque – le roi Poniatowski lui-même intervient un moment dans l’intrigue – c’est tout naturellement, en entrant dans le monde des deux héros et partageant leurs aventures tumultueuses.

L’intrigue se déroule en grande partie à Lublin, dans le milieu de la noblesse (la fameuse szlachta) et, épisodiquement, à Varsovie.

Le « fils prodigue » est le fils d’un riche voïvode. Ce dernier vient de se remarier avec une jeune intrigante, qui, aussi vénale que manipulatrice, a tout fait pour brouiller le père avec son fils.
Le fils, alors, renié injustement par son père, laissé sans le sou, amer, tombe dans une vie dissolue parsemée de bagarres et de duels au cours desquels il est gravement blessé par des voyous.
Heureusement, il est sauvé in-extremis par un vieux médecin d’origine italienne vivant à Lublin, le docteur Merlini, qui le trouve dans la rue à demi-mort et l’emmène dans sa propre demeure pour le soigner. Commence alors une histoire mouvementée, mélodramatique mais où l’humour est constamment présent.
Car le pauvre docteur Merlini – qui habite avec sa ravissante nièce, Pépi, n’est pas au bout de ses peines en amenant chez eux ce séduisant jeune blessé à la réputation sulfureuse.
Lui qui s’est fixé pour devoir de veiller consciencieusement sur la vertu de sa trop jolie nièce, aura toutes les peines du monde à la protéger du danger apparu avec le blessé.
Après maintes péripéties où le jeune héros frôle encore et encore la déchéance et la mort, tout se terminera bien entre les deux amoureux que tout séparait. Le jeune homme retrouvera également – in extremis – son vieux père repenti, après avoir confondu sa coriace marâtre chassée enfin du domaine.

Ce roman de Kraszewski – initialement publié en épisodes mensuels dans un journal polonais – obtint très vite un grand succès en Pologne comme à l’étranger.
Dès 1879, la « Nowosti Gazeta », journal russe de Saint-Petersbourg, le traduisit et reprit ses épisodes ; il fut traduit peu après en allemand.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici un très petit extrait – faisant intervenir notre « wojewodzic » (fils du voïvode) venu plaider sa cause auprès du roi Poniatowski lui-même, pour tenter de sortir son père des griffes de la terrible belle-mère, sans savoir que le roi a un préjugé positif envers cette dernière. Lui ouvrir les yeux dans ces conditions est voué à l’échec :

« – Najjasniejszy Panie – odezwal sie wojewodzic – ojciec moj sczcycil sie kiedys laska Waszej krolowskiej Mosci.
– I nie postradal jej, nie, odparl krol sucho.
– Jezeli Wasza Krolewska Mosc raczysz opieke swa rozciagnac nad wojewoda – rzekl, klaniajac sie, glosem poruszonym wojewodzic.
– On opiek nie potrzebuje – odparl krol surowo – ma ja w przywiazanej i zacnej malczonce, ktorej wacpan ocenic nie umiales.
– Najjasnijsze Panie ! – rzekl zburzony wojewoczic – moglem ja lepiej ocenic niz ktokolwiek badz, bo nim zostala moja macocha – znalismy sie bardzo z bliska.
Uslyszawszy to, krol noga uderzyl w podloge.
Mosci panie ! Zawolal – Ce n’est pas d’un galant homme podbone mowic rzeczy, ktorych ja sluchac nie chce i nie moge. »

– Votre altesse sérénissime – dit le wojewodzic – mon père jadis eut l’honneur de bénéficier de votre bienveillance royale.
– Et il ne l’a pas perdue, répondit sèchement le roi.
– Si votre bienveillance royale daignait accorder sa protection sur le voïvode, continua le wojewodzic, en s’inclinant, la voix tremblante.
– Il n’a aucun besoin de protection – répliqua sévèrement le roi,- il la trouve dans son épouse dévouée que vous n’avez pas su apprécier.
– Lumineux Roi ! – objecta le wojewodzic courroucé – j’ai pu l’apprécier bien mieux que quiconque, car avant qu’elle ne devienne ma marâtre – nous nous sommes connus très intimement.

Entendant cela, le roi tapa du pied contre le sol :
– Monsieur ! s’écria-t-il. Ce n’est pas d’un galant homme de dire de pareilles choses, que je ne veux et ne saurais entendre ! »

Ce petit extrait vous donne un léger aperçu du style du récit. A vous de découvrir le restant si le cœur vous en dit. Vous ne vous ennuierez pas…

Les deux écrivains que nous évoquons maintenant successivement ont reçu le Prix Nobel de Littérature.

3. Henryk SIENKIEWICZ, PRIX NOBEL DE LITTERATURE EN 1905 (1846-1916)

Henryk SIENKIEWICZ est né en 1846 à Wola Okrzejska à l’Est de Varsovie. Cette partie de la Pologne était sous domination russe puisque la Pologne était rayée de la carte depuis la fin du XVIIIème siècle et partagée entre la Prusse, la Russie et l’Autriche. Mais si elle n’existait plus, l’esprit polonais continuait de vivre intensément, notamment grâce aux romantiques du début du XIXème siècle qui avait exalté le nationalisme polonais, en musique par Frédéric Chopin, en littérature par Adam Mickiewicz. S’écartant du romantisme, le nouveau mouvement « positivisme » est brillamment illustré par le grand écrivain Sienkiewicz.
Sienkiewicz passe son enfance à la campagne dans une belle demeure, ses parents étaient des nobles peu fortunés, petite noblesse qu’on appelait « la szlachta ». Cependant, ils tenaient à donner à Henryk une éducation de prince dans un esprit voué principalement au culte de l’honneur, de l’amour de la patrie et de la religion. Les grandes traditions médiévales se perpétuaient dans cette famille à tel point qu’une cérémonie, semblable à l’adoubement de chevalier du Moyen-Age, se déroulait lors de la majorité du fils.
C’est dans cet esprit que grandit Henryk Sienkiewicz et il en sera marqué pour la vie et dans toute son œuvre.
Après une scolarité écourtée par le manque de ressources de ses parents, il commence à écrire des articles de revues et des nouvelles puis s’interrompt pour faire un grand voyage dans différents pays d’Europe et aux Etats-Unis pour satisfaire sa soif de connaissance du monde.
Il en fait trois grandes nouvelles, dans lesquelles il décrit en termes émouvants les espoirs et les déceptions d’émigrants polonais venus chercher fortune dans les forêts du Nouveau Monde. « Za chlebem « (pour du pain).

Revenu en Pologne, le jeune homme se marie et il a deux enfants. Son épouse meurt peu après et c’est dans le travail qu’il se réfugie. Ses nouvelles d’alors, comme « Janko le musicien » (où il raconte l’histoire d’un petit garçon qui aime tant la musique qu’il vole un violon et sera condamné à la prison et roué de coups jusqu’à la mort) traduisent la compassion pour les défavorisés et son rêve de rapprocher les classes sociales.

Cependant, de plus en plus, ses œuvres se tournent vers l’histoire de la nation polonaise. Il relate avec exaltation les grands moments de gloire de la Pologne des 16ème et 17ème siècles, quand la Pologne était le plus grand pays de l’Europe par sa superficie et remportait de brillantes victoires notamment sous le règne du roi Jan Sobieski.
Sa célèbre trilogie : « Ogniem i mieczem » (Par le fer et par le feu), écrit en 1884, « Potop » (le Déluge) et « Messire Wolodyowski » soulève alors ses lecteurs par la puissance dramatique du récit, par les vibrantes descriptions que l’amour de la patrie suggère à l’écrivain. Car l’historien minutieux devient polémiste ardent quand il s’agit de la patrie.
Cet amour sans faille pour son pays est payé de retour par l’affectueuse admiration du peuple polonais pour Sienkiewicz, qui se manifestera en 1900 à l’occasion du 25ème anniversaire de sa carrière littéraire, lorsque des délégations de multiples villes de Pologne vinrent lui remettre le titre de propriété du château et du domaine d’Oblengorek, que son public lui offrait afin qu’il puisse y chasser, y pêcher et y méditer en paix. Ce geste collectif si touchant témoigne de la solidité des liens qui unissaient l’écrivain à ses compatriotes.

QUO VADIS ?

Mais voici que Henryk Sienkiewicz, par un nouveau chef-d’œuvre, va accéder comme par un coup de théâtre, au rang de vedette internationale. Son roman « Quo Vadis », récit historique qui se passe dans la Rome de l’Antiquité relate les persécutions contre les premiers chrétiens
par l’empereur Néron. Grâce à ses connaissances sur les origines de l’Eglise et après une étude historique et archéologique, Sienkiewicz peut réaliser son œuvre et le publier en Pologne en 1895. Aussitôt, 22 pays s’emparent de « Quo Vadis », avant que la France à son tour le découvre et en 1900, selon un journaliste, « son succès éclata comme une fanfare au milieu de l’Exposition Universelle ». Tous les records de librairie furent battus, les éloges fusent de toute l’Europe et d’ailleurs, on salue ce roman épique qui analyse le conflit sanglant entre la civilisation païenne et l’aube du christianisme.
Quo Vadis devient presque un phénomène de société, puisqu’un cheval de course fut baptisé à ce moment « Quo Vadis » et qu’il remporta un grand prix à Longchamp et qu’un chroniqueur écrit « La France est atteinte de sienkiewite aigüe ». Un opéra fut tiré du roman et un film dont les diverses versions furent toutes des succès.
Dans ce roman, les deux héros principaux sont personnages de fiction (la jeune chrétienne Lygia et son amoureux romain) tandis que sont décrites en même temps les actions de deux personnages historiques, Néron et Saint-Pierre. Le bien finit par y triompher du mal, comme souvent dans les œuvres de Sienkiewicz qui considère que « le rôle d’un écrivain est de donner du réconfort à son lecteur ». Il est le « bon médecin qui panse les plaies ».

C’est souvent ce réconfort qu’il a voulu donner à ses compatriotes et, bien sûr, beaucoup se sont posé la question : « Quo Vadis », cette épopée de l’époque romaine est-elle, dans l’esprit de son auteur, une transposition de l’histoire de la Pologne ? Il ne fait guère de doute que le cruel Néron ait quelque rapport avec le tsar Nicolas 1er qui avait succédé à Alexandre en se révèlant un véritable tyran pour la nation polonaise, menant une répression sanglante en déportant des étudiants en Sibérie, brimant de plus en plus la religion catholique (ce point sera le sujet principal de l’œuvre de l’autre écrivain Prix Nobel polonais, Ladislas Reymont un peu plus tard (en 1924) sous le titre « l’Apostolat du knout »).

Sienkiewicz reçoit donc le Prix Nobel en 1905.
Il écrit encore une œuvre magistrale : « Les Chevaliers Teutoniques » (Kryzacy) qui se situe au 13ème siècle et qui raconte la lutte des Polonais et Lituaniens contre le péril des chevaliers Teutoniques qui commettent des exactions en Pologne sous le prétexte de christianiser un pays qui l’est déjà depuis longtemps. Les chevaliers Teutoniques seront finalement battus par les Polonais lors de la retentissante bataille de Grunwald.

Quand la guerre de 1914 éclate, Sienkiewicz part pour la Suisse afin d’appeler sans relâche les pays occidentaux à ne pas oublier la Pologne. Il sent que cette guerre où l’Autriche va perdre sa puissance, sera l’occasion pour la Pologne de retrouver enfin son indépendance. C’est en effet ce qui se produit en 1918, la Pologne renaît de ses cendres, avec un grand territoire, et probablement l’action de Sienkiewicz, sa notoriété, y sont pour beaucoup.
Mais hélas il n’a pas pu voir ce jour tant attendu. Il est mort en 1916 à Vevey en Suisse, âgé de 70 ans, après une vie toute consacrée à faire ressusciter son pays.
A sa disparition, de nombreux pays lui rendirent hommage, notamment la France par un discours à la Sorbonne qui rendait hommage en même temps « à ce peuple polonais que jamais les guerres ni la prison ni le knout n’avaient pu contraindre au reniement de son idéal national. »

Toutefois, lorsqu’on lui annonça qu’il avait reçu le prix Nobel, Sienkiewicz déclara : « la nouvelle que vous m’annoncez me rend bien heureux, d’autant plus que je la rapporte à mon pays, à notre littérature si ancienne, si riche et si brillante, et cependant tellement ignorée, que souvent même ses représentants sont considérés et même cités comme russes »…
Que dirait-il aujourd’hui, en constatant que lui-même si célèbre à son époque, qui avait été préféré à Tolstoï, son concurrent, pour l’attribution du Prix Nobel, est tombé dans l’oubli ?
De même que son compatriote Mickiewicz, dont la poésie était au 19ème siècle plus connue en France que celle de Pouchkine…

4. Ladislas REYMONT (1867-1925), PRIX NOBEL DE LITTERATURE EN 1924

Ladislas Reymont (de son vrai nom Wladyslaw-Stanislaw Rejment) est un autodidacte.
Il est né près de Lodz. Son père, organiste du village, n’avait qu’un maigre revenu pour élever leur famille de neuf enfants.
Quittant très jeune l’école, Ladislas Reymont commença à travailler comme ouvrier dans une usine. Il ne cessa pas de lire et de s’intéresser au théâtre. Cependant, l’occupant russe le soupçonnant d’avoir participé à une grève à Lodz, il sera expulsé de son travail et commence, à 17 ans, une vie d’errance, entrant très provisoirement dans un monastère puis travaillant pour les chemins de fer. De ces expériences, il se met à écrire des histoires, utilisant ses aventures pour décrire la vie de ses compatriotes.
Témoin de l’urbanisation brutale de la ville où il a été élevé, Lodz, il a écrit un roman poignant « Ziemia obiecana » (qui a été dans les années 1970 adapté au cinéma par Andrzej Wajda, chef d’œuvre connu comme « La Terre de la Grande promesse »).
Ce roman réaliste lui a valu d’être comparé à Emile Zola, par les descriptions « naturalistes » de la misère ouvrière.
L’action se passe au 19ème siècle à Lodz, ville nouvellement industrialisée, devenue centre de production du textile. Dans cette cité cosmopolite où les rêves de richesse se concentrent – tout comme la misère des ouvriers accourant de la campagne- , trois amis (un aristocrate polonais, un ami Juif et un jeune Allemand) font le pari de réussir ensemble à devenir de puissants industriels et fondent à leur tour une usine de filature. Leur réussite matérielle et sociale ne va pas sans la destruction des valeurs familiales, des traditions de leur enfance, des sentiments ; dépassés par ce monde capitaliste, dévorés d’ambitions sans fin, ils y perdront leur âme.
Par la déception des gens trahis par ces trois héros habités par leur quête de réussite (le père du jeune aristocrate, horrifié par le cynisme de son fils, sa jeune fiancée idéaliste délaissée), c’est aussi la fin d’un monde traditionnel que Reymont a dépeint.»

C’est par ses œuvres relatant la vie paysanne, ses coutumes, son travail, qu’il s’est fait particulièrement connaître. Son épopée « Les paysans » est son ouvrage le plus apprécié de ses compatriotes. Reymont y chante, en une langue simple et poignante une ode à la Nature et à l’Homme.
Il a su décrire la vie paysanne dans son charme comme dans sa dureté.
Son autre œuvre « l’Apostolat du Knout », également roman de mœurs décrivant les couches défavorisées de la société, lui vaudra l’attribution du Prix Nobel en 1924.
Il a résidé à Paris en 1902.
Revenu en Pologne, Ladislas Reymont est décédé à Varsovie en décembre 1925, un an après avoir reçu son Prix Nobel. Malade, il n’a pu aller à la cérémonie de remise de son Prix.

5. Stefan ZEROMSKI (1864-1925).

Stefan ZEROMSKI est né en 1864 près de Kielce.

Contemporain de Ladislas Reymont, il était si populaire auprès des Polonais que ceux-ci, paraît-il, furent déçus que le prix Nobel soit décerné à Reymont et non à lui.

Véritable conscience et mémoire de la Pologne, Zeromski a écrit des œuvres très érudites sur le passé comme sur l’actualité de son pays.
Dans son livre « Wiatr od Morza » (Vent de la mer), il décrit avec une exceptionnelle minutie tous les évènements jalonnant l’histoire des territoires polonais liés à la Baltique et également à la Vistule, explorant jusqu’à la mythologie slave et scandinave et faisant ressortir l’imbrication des destinées des différentes contrées européennes à partir des évènements survenus au bord de la Baltique : Depuis l’arrivée de Saint-Wojciech, évêque venu de Prague pour christianiser les peuples païens de la Prusse orientale et qui deviendra le premier patron de la Pologne, en s’arrêtant sur la longue épopée des chevaliers teutoniques, jusqu’aux conflits précédents la première guerre mondiale entre populations germaniques et polonaises. Autant qu’aux faits politiques, il s’intéresse dans cette oeuvre aux réalités sociales et techniques, préconisant notamment la création d’un grand port de béton à Gdynia – vision qui sera concrétisée quelques mois après par décision de la Diète de Pologne.
Pour cette implication très forte dans les affaires de son pays, ses compatriotes réservèrent au livre « Wiatr od Morza » publiée en 1922, un accueil particulièrement enthousiaste.

Il fut gratifié du Prix littéraire d’Etat.

Cependant, Zeromski écrivit une autre œuvre monumentale « PIOPIOL » (CENDRES) en 1904.
Ce récit fut connu ensuite par l’adaptation cinématographique qu’en fit le metteur en scène Andrzej Wajda.
Une grande partie du récit relate l’engagement des troupes polonaises dans les armées napoléoniennes. Zeromski fait revivre cette épopée tragique – notamment la bataille de Samosierra en Espagne à laquelle les troupes Polonaises, par fidélité pour l’empereur français, avaient participé – non sans se poser des questions sur le bien-fondé de cet engagement si loin de leur patrie et de ses aspirations.

Mais « CENDRES » n’est pas – comme on le retient souvent – que le récit de la guerre napoléonienne ; la première moitié du livre de Zeromski est consacré à la vie d’un jeune homme de la campagne, Raphaël, avec ses émotions, ses amours, ses joies et ses peines. Certains des passages de ce livre sont tellement passionnants que je vous en propose quelques extraits.
Tout d’abord, un extrait relatant l’attaque par les loups subie par le héros Raphaël.
Le jeune garçon est tombé amoureux de la gracieuse Helena à peine aperçue et, ne pensant qu’à la revoir, il n’hésite pas, une nuit d’hiver glaciale, à s’aventurer, sur sa jument Basia, jusqu’à la demeure où habite sa bien-aimée.
Il parvient à la voir, déjouant la surveillance de ses parents et du gardien du domaine, elle le rejoint subrepticement et lui accorde même un baiser, avant de s’esquiver. Raphaël est si heureux en reprenant le chemin du retour qu’il ne s’inquiète ni du froid intense de la nuit, ni de la neige qui rend le trajet très incertain pour sa jument.
Il ne tarde pas à se perdre. Tandis qu’il essaie de s’orienter à travers les bourrasques de neige, des hurlements se font entendre derrière eux.
« Wilki za mna » – wyszeptal. Wlosy mu sie jezyly na glowie. Wtedy cichym i ostrym flosem, przychylajac glowe do szyi kobyly, przez scianete zeby mowil jej nad uchem :
« Basia, ratuj, Basia ! »

Klacz jakby rozumiala, co mowi. Nie byl to juz galop, leciala nad ziemia wa frywajacych pianach sniegu z chyzywi wilkami w przegony. Gdy do jej uszu dolecial osluch wilczego cmokania, gnala znowu ze zdwojena sila, smigala jak ptak. Rafal utracil rozumienie czasu. Chwilami zdawalo mu sie, ze leci juz przez cala noc.

« Les loups derrière moi », murmura-t-il. Ses cheveux se dressèrent sur sa tête. D’une voix basse et ferme, penchant sa tête vers le cou de la jument, à travers ses dents serrées, il lui dit à l’oreille : « Basia, sauve-nous, Basia ! »

La jument sembla avoir compris ses paroles. Ce n’était plus un galop, elle volait au-dessus du sol dans une écume de neige, poursuivie par les loups. Quand leurs hurlements arrivaient à ses oreilles, elle s’élançait de plus belle, avec une force décuplée, filait comme un oiseau. Raphaël perdit la notion du temps. Par moments, il lui semblait qu’ils galopaient ainsi la nuit entière.

Mais la course tourne mal. La jument trébuche et s’écroule dans la neige. Les loups les rattrapent aussitôt et se jettent sur Raphaël et sa monture au sol.

Lsniace widzenie przerasliwych oczy wilka ozionelo go mrozem smierci. Slyczal, gdzies obok siebie, smiertelne rzenie Baski. Slyszal w samej glebi serca jeki jej ostatnie, jakoby wolanie o pomoc.

La vision des épouvantables yeux étincelants du loup le parcourut du frisson de la mort. Il entendait, quelque part près de lui, la mise en pièces de Basia. Il entendait jusqu’au plus profond de son cœur ses dernières plaintes, comme un appel à l’aide.

La poitrine lacérée, Raphaël est néanmoins sauvé in-extremis par un paysan. La jument cependant est dépecée par les loups. Soigné par l’homme qui l’a ramené dans sa chaumière, Raphaël apprend, une fois remis sur pieds, que son père l’a renié, ne lui pardonnant pas d’avoir, par son imprudente escapade nocturne, entraîné la mort de leur cheval.
Il apprend également que sa bien-aimée Helena a été éloignée de son domaine par ses parents à cause de la visite nocturne que Raphaël a osé lui faire.
Des années plus tard, à l’occasion d’une cérémonie d’intronisation dans la franc-maçonnerie, Raphaël reverra cependant Helena, mariée à un homme influent. Possédés à nouveau par leur passion, les deux jeunes gens quittent tout pour partir ensemble assouvir leur amour, Helena abandonnant son mari sans un mot. Cependant, leur moment d’euphorie ne dure guère. Dans la maisonnette perdue dans la montagne où ils se sont réfugiés, ils sont surpris une nuit par une bande de brigands. Helena voulant échapper à la sauvagerie de ces hommes, se jettera dans le torrent et se noiera.
Dans les errances qui suivent, le hasard remet Raphaël en présence d’un camarade d’enfance, Krzysztof. Ce dernier s’est engagé dans les troupes polonaises de l’armée napoléonienne. Et c’est donc l’épopée napoléonienne que le dernier tome du roman « Cendres » nous décrit à travers les aventures de Krzysztof.
Les troupes polonaises, envoyées en Espagne, participent avec les Français à la bataille de Samosierra où ils sont victorieux. Suivront cependant des exactions par les militaires sur les populations civiles espagnoles. L’épisode de viols par les soldats des jeunes novices d’un couvent rebute profondément l’innocent jeune Krzysztof. Malgré cela, il ne songe pas un instant à douter du bien-fondé de cette campagne napoléonienne, à laquelle ils participent. Aussi, est-il étonné par les confidences soudaines que lui fait son supérieur, le capitaine Wyganowski, admiré pour sa bravoure et ses faits d’armes :

« Mowie jak zolnierz solnierzowi, ze smierc by mi byla milsza.
– Dlaczego ? – Nie moge witrzymac tej sluzby. Ja nie po to do wojska poszedl, zeby hyszpanskich chlopow sywczem palic, wsie cale z babami i dziecmi do nogi wytracac, miasta usmierzac ogniem i mieczem. Szczerze ci muwie, ze dusza jestem po ich stronie. Cesarz wojuje w Austrii, siedzi w Paryzu, tymtaszem musze przeciw sumieniu, sluzyc. Bije sie z samym soba. Teraz juz dluzej nie moge !
– Czy Kapitan chcesz wracac do kraju ?
– Tak, ja… do kraju… »

« – Je te parle comme un soldat à un autre soldat ; la mort me serait plus douce.
– Pourquoi ? – Je ne peux pas supporter cette fonction. Je ne suis pas entré dans l’armée pour brûler vif des paysans espagnols, réduire à néant des villages avec les femmes et les enfants, mettre les villes à feu et à sang. Je te dis franchement qu’au fond de mon âme, je suis de leur côté. L’empereur fait la guerre en Autriche, séjourne à Paris, et moi pendant ce temps je dois agir contre ma conscience. Je me bats contre moi-même. Maintenant je ne peux plus !
– Vous voulez rentrer au pays, Capitaine ? – Oui… au pays… »

Des années plus tard, on retrouve Raphaël, lui aussi désabusé, asséché par les épreuves ; il repense à Helena, son ancien amour :

« – Co mnie i tobie, niewiasto ? Tys juz jest popiol, nie tylko jako cialo i krew, nie tylko jako pieknosc, ale popiol jako uczucie. Nic nie trwa wiecznie. Ostatni jeszcze przyjdzie wiatr i ostania garstka popiolu uczuc w nicosc rozwieje. »

– Que sommes-nous devenus, bien-aimée? Toi, tu es déjà cendres, pas seulement par ta chair et par ton sang, pas seulement par ta beauté, mais cendres en tant que sentiments. Rien ne dure éternellement. Un dernier souffle de vent viendra, qui éparpillera la dernière poignée de cendres de sentiment dans le néant. »

6. Gabriela ZAPOLSKA (1857-1921)

Et voici une femmes de lettres. Et quelle femme ! Elle a tout fait dans sa vie tumultueuse : Auteur dramatique, romancière, actrice, reporter, elle créa aussi des pièces de théâtre satyriques.
Représentante du naturalisme polonais, elle fut connue pour ses écrits raillant la morale étroite de la bourgeoisie d’alors.
Fille d’un propriétaire terrien et d’une ex-danseuse de ballet, Gabriela reçut une bonne instruction.
Elle se maria en 1876 mais se sépara très vite de son mari.
Femme libre, moderne, elle fut vite attirée par une vie indépendante. Commençant par être actrice de théâtre à Cracovie, elle se dirigea ensuite vers le journalisme, correspondante de journaux de Varsovie.
En 1889, elle arriva à Paris dans le but de continuer sa carrière d’actrice ; elle y resta 5 années, travaillant au sein du réputé « Théâtre Saint-Antoine » puis du « Théâtre de l’œuvre ».

Si ces années à Paris ne furent pas couronnées du succès qu’elle espèrait, elles lui apportèrent cependant une solide expérience de la vie. Elle retourna à Cracovie, continuant sa carrière d’actrice de théâtre.
Bientôt, elle se dirige vers l’écriture, publiant ses premiers romans et nouvelles, dont « Jeden dzien zycia rozy » (Un jour de la vie d’une rose).
Influencée par les œuvres de Zola, elle se définit, après avoir été de mouvance romantique, comme une représentante du naturalisme, ayant à cœur de décrire la vie quotidienne des gens du peuple.
Son roman le plus abouti fut « Moralnosc pani Dulskiej » (la moralité de Mme Dulska).

Elle se remaria avec un peintre, Stanislaw Ja,nowki, et fonda une troupe de théâtre faisant des tournées dans toute la Galicie.

Elle mourut en 1921, laissant une œuvre qui mérite d’être beaucoup plus connue. En tant que femme, elle apparaît comme une personnalité moderne très en avance sur son temps.

Avec Gabriela ZAPOLSKA et les six autres écrivains qui suivent cette présentation, la littérature polonaise est résolument entrée dans la modernité.

7. Jaroslaw IWASZKIEWICZ (1894-1980)

Jaroslaw Iwaszkiewicz est considéré comme l’un des plus importants écrivains polonais du 20ème siècle.
En 1919, il fut le co-fondateur du groupe de poètes d’avant-garde « Skamander », avec Julian Tuwin et Antoni Slonimski, mouvement qui marquera grandement leur époque.
A la fois poète et romancier, son œuvre est considérable.
Cependant, deux de ses romans sont particulièrement connus car ils furent adaptés au cinéma par Andrzej Wajda :« les bois de bouleaux » et les Demoiselles de Wilko »qu’Iwaszkiewicz a écrit en 1933.

Si vous ne pouvez pas lire Iwaszkiewicz en langue polonaise, il y a une autre alternative pour découvrir son oeuvre : Voir – en DVD – le film réalisé par Wajda « les Demoiselles de Wilko ». un chef d’œuvre. Non seulement Wajda n’a pas trahi l’oeuvre d’Iwaszkiewicz mais il l’a transcendée.
C’est un récit poétique tout empreint de nostalgie autant que de poésie, une réflexion sur la fuite du temps. Le film qui allie aux sentiments la beauté de la nature, est inoubliable.
Wiktor, un célibataire de quarante ans, revient dans le domaine de son oncle, où il a passé sa jeunesse mais où il n’a as remis les pieds depuis quinze ans. Sa vie a été bouleversée par les années de la première guerre mondiale et par tous ces morts. Il vient de perdre aussi son meilleur ami, mort de maladie. Près du domaine de son oncle, il retrouve dans la demeure voisine, Wilko, les cinq demoiselles qui jadis avaient été amoureuses de lui. Elles ont changé, elles ont fait leur vie, ont des enfants. L’une d’elle, Feda, est morte depuis des années et Wiktor est obstinément attiré vers sa tombe. Viktor se raccroche au passé ; pourtant, rien n’est plus comme avant…

Iwaszkiawicz a écrit aussi une biographie de Chopin. Il est également co-auteur, en 1924, avec le compositeur Karol Szymanowski, du livret de l’opéra de ce dernier « le Roi Roger ».

Iwaszkiewicz a reçu le Prix Lénine pour la paix en 1970 puis le titre de Docteur Honoris causa de l’Université Jagellon de Cracovie en 1979.

8. Tadeusz KANTOR, auteur de théâtre (1915-1990)

Kantor, né dans un village de Galicie, fut un metteur en scène polonais, en même temps que peintre, écrivain, acteur, professeur. Un artiste complet.

Il a étudié la peinture et la scénographie à l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie. Il commence sa carrière par du théâtre expérimental « Grupa Krakowska ».
Pendant les années de l’occupation de la seconde guerre mondiale, il fonde à Cracovie le Théâtre indépendant. En 1947, il séjourne à Paris où il se fait le relais en Pologne de la vie culturelle française.
Il fut d’abord influencé par le constructivisme, le dadaïsme et le surréalisme.
En Pologne, il monte ses premières productions : « L’Orphée » de Cocteau, « Balladyna » de Juliusz Slowacki et « Le retour d’Odysseus » de Wyspianski.

En 1970, il se rend à New-York, où il découvre le pop-art et le happening. Sous cette influence, il monte « la poule d’eau » de Stanislaw Witkiewicz. De Witkiewicz également, il conçoit la mise en scène des « Cordonniers », présentée en français en 1972. Toujours de ce même auteur, il avait déjà mis en scène en 1963 « Wariat i Zakonnica » (le fou et la religieuse).

Sa seconde période de production appelée « Circus » incluait la technique de l’emballage. Les acteurs étaient étroitement emballés dans des sacs noirs. Ces emballages avaient pour but de dépouiller les acteurs et les objets de leur forme traditionnelle, les transformant en substance indistincte.

Sa renommée internationale commence avec sa pièce de théâtre « Umarla Klasa » (la CLASSE MORTE) en 1975, présentée au festival mondial de Théâtre de Nancy.
Puis « Qu’ils crèvent les artistes » en 1985 achève de faire connaître son talent original.

En 1990, il crée le spectacle « O douce nuit » dans le cadre du festival d’Avignon.
Il meurt peu après à Cracovie.

C’est peu dire que Kantor fut un artiste exceptionnel pour la Pologne et pour la scène internationale. On dit de lui qu’il fut en Europe ce que fut Andy Warhol pour le pop-art Américain. Il créa une atmosphère inimitable pour le théâtre moderne.

9. Slawomir MROZEK (né en 1930)

Après Kantor, voici un auteur de théâtre tout aussi exceptionnel.
Slawomir Mrozek, écrivain et dramaturge polonais, est né à Borzecin. Son œuvre dramatique est souvent associé au « théâtre de l’absurde ». C’est probablement le dramaturge polonais contemporain le plus interprété en Pologne et à l’étranger, (et l’un des auteurs nationaux les plus lus, avec Stanislaw Lem). Son œuvre est traduite dans de nombreuses langues.

Fils d’un employé de la poste, Slawomir Mrozek ébute en 1950 comme dessinateur satirique.
Grâce à ses dessins et nouvelles humoristiques, il devient très populaire en Pologne.

Il a vécu à Paris, aux Etats-Unis, en Allemagne, au Mexique.
Il est retourné vivre à Cracovie en 1996.

L’auteur, en utilisant aussi bien la parodie que le pastiche, essayait de définir les principes du fonctionnement de l’homme dans son milieu social ou dans la société. Dans ses pièces de théâtre, le public captait vite toutes les allusions politiques.
Mrozek relève les contradictions dans le comportement de l’homme conditionnée par des circonstances sociales et culturelles. Chez lui, le concret se gonfle jusqu’aux dimensions absurdes.
Il fait partie de l’avant-garde polonaise comme Witkacy et Gombrowicz.

Parmi les plus grands succès de Mrozek figure la pièce de théâtre « TANGO » .
D’où vient le succès mondial de « Tango » ?
Dans cette pièce, il présente, à travers le modèle universel de la lutte entre les générations, les risques de la civilisation contemporaine. La famille que présente « Tango » est en fait une image de la société dans laquelle les liens principaux se désintègrent, les valeurs chutent. Les parents – épris de modernisme – affrontent leur fils Arthur qui a décidé de revenir à des valeurs traditionnelles. Il veut de l’ordre.
Voici un extrait de la pièce, où Arthur reproche à ses parents leur modernisme :
Arthur(le fils) :
Et tout cà pour arriver à ce gigantesque bordel où plus rien n’a de sens puisque tout est permis ! A quoi bon jouer, puisqu’il n’y a plus de règles du jeu.
Stomil (le père) :
Il n’y a qu’une seule règle : faire ce qu’on veut, la liberté totale. Chacun a droit au bonheur.
Arthur (le fils) :
Ce n’est plus de la liberté. C’est de la contrainte morale à l’immoralité.
Stomil (le père) :
Tu as vraiment des idées d’un autre âge ! Nous, quand nous avions vingt ans, tous les conformismes nous semblaient également condamnables. La révolte ! Seule la révolte avait une valeur à nos yeux.

10. Stanislaw LEM, (1921-2006)

Il fallait un écrivain de science-fiction dans cette palette d’écrivains modernes. Et quel écrivain ! Par ses œuvres, il est maintenant connu dans le monde entier.

Stanislas LEM est né en 1921 à Lwow, ville qui faisait alors partie de la Pologne.
Fils d’un médecin, Stanislas a dû interrompre ses études de médecine qu’il avait commencées à l’Université de Lwow, en raison de la seconde guerre mondiale.
Il a dû alors travailler comme mécanicien et soudeur, en même temps qu’il entre en résistance contre les Allemands. Pour son premier roman réaliste, il situe l’action dans un hôpital psychiatrique.

Il va reprendre ses études de médecine en 1946 à l’Université Jagellon de Cracovie.
Il commence à écrire ses premières nouvelles alors qu’il est assistant de recherche d’une institution scientifique.
En 1981, il reçoit un diplôme honoraire de l’école polytechnique de Wroclaw.
Il recevra par la suite un diplôme de l’Université d’Opole et de Cracovie.

Les récits de Stanislas Lem portent sur les civilisations extraterrestres et sur le futur technologique de l’humanité. Il a imaginé des utopies technologiques dans « Pokoj na Ziemi (Paix sur la terre) et dans « la Cyberiade ». Ses nouvelles sont des petits bijoux d’humour (souvent pour dissimuler une forte réflexion philosophique et mystique) comme « la tragédie des machines à laver ».

C’est son roman « SOLARIS » qui l’a rendu célèbre dans le monde entier. C’est une des œuvres les plus remarquables sur le thème de l’incommunicabilité des êtres :

Une équipe scientifique débarque sur Solaris, un monde inhabité tournant autour de deux soleils. L’immense océan protoplasmique qui recouvre entièrement la planète reste depuis des siècles un mystère. Dès son arrivée, le docteur Kelvin est intrigué par le comportement du physicien Sartorius et du cybernéticien Snaut, qui semblent terrorisés par la visite d’une femme, Harey ; une femme que Kelvin a autrefois aimée et qui s’est suicidée plusieurs années auparavant. Ils sont amenés à croire à une entité intelligente essayant d’entrer en contact avec eux en matérialisant leurs fantasmes les plus secrets et c’est dans l’océan lui-même réside la clé de cette énigme aux dimensions d’un monde.
« Solaris » est une magistrale interrogation sur les possibilités de communication avec des intelligences différentes. C’est un livre à la fois angoissant et poétique qui n’a pas vieilli depuis sa parution en 1961.

Stanislas Lem est décédé à Cracovie d’une crise cardiaque en 2006.

11. Ryszard KAPUSCINSKI (1932-2007)

Encore un autre genre de littérature, fort bien représentée par un Polonais, Ryszard Kapuscinski : Le reportage.

Né en Pologne en 1932, Ryszard Kapuscinski se retrouve reporter un peu par hasard comme il le raconte savoureusement dans son livre célèbre « Mes voyages avec Hérodote ».
Il n’empêche qu’il remplit ce métier avec tant de talent et de cœur, sillonnant le monde pour en parler avec tant de finesse et d’humanité, qu’il a été reconnu comme journaliste et narrateur dans le monde entier.

En France, on a découvert Kapuscinski tardivement, les traductions se suivant régulièrement à partir de 1986. On a traduit surtout les reportages sur l’Afrique qu’il a parcourue de long en large à partir de 1960, pendant la période où l’Afrique, à peine délivrée de la colonisation, sombrait dans les conflits ethniques et les guerres civiles.

Il a écrit sur l’Afrique de nombreux récits : « Le Negus » en 1978, « Ebène », publié en 1998.
Son livre « Ebène » a été élu meilleur Livre de l’année par la rédaction de « Lire », couronné par le prix italien « Viareggio » et par le prix « Tropiques » attribué par le Sénat Français.
Ayant sillonné l’Afrique pendant près de quarante ans à partir de 1958, Kapuscinski est un extraordinaire témoin de l’évolution de l’Afrique post-coloniale. La perspicacité de son regard tient certainement à son identité polonaise, qui a fait de lui un observateur d’autant plus lucide qu’il n’est pas impliqué dans la relation ambiguë qui lie les peuples colonisés aux peuples colonisateurs.

Dans son livre « mes Voyages avec Hérodote » il raconte ses pérégrinations vers l’Asie où il fut envoyé en reportage, lui qui, débutant timide, ne demandait qu’à faire un tout petit voyage à Prague !
Il était si néophyte qu’il s’était accroché à la lecture des Voyages d’Hérodote afin d’affronter l’épreuve, volume qu’il avait mis dans sa valise avant de partir car il voit dans cet auteur le père du reportage de voyages en des terres lointaines.

En voici un petit extrait, relatant ses tout-débuts, lui qui n’avait jamais quitté son pays.

« Je m’imprégnais de sensations que l’on doit éprouver en franchissant une frontière. Que ressent-on ? Que pense-t-on ? Cela doit être un instant émouvant, troublant, excitant. De quoi a l’air l’autre côté ? Tout y est sûrement différent. Mais en quoi consiste cette différence ?
Ce désir obsessionnel, cette fascination demeuraient néanmoins modestes car je n’aspirais qu’à vivre le moment où je franchirais la frontière, la franchir pour revenir aussitôt. Je croyais que, à lui seul, l’acte suffirait à assouvir ma faim psychologique que je ne parvenais pas à m’expliquer.
Comment m’y prendre ? Parmi mes camarades d’école et de faculté, personne n’avait jamais quitté la Pologne.
Un beau jour, je croisai dans un couloir du journal ma rédactrice en chef. Je me risquai à lui glisser : « Un jour, j’aimerais bien aller à l’étranger ; » – Où, pourquoi ? » demanda-t-elle.
Je pensais à la Tchécoslovaquie », répliquai-je. Je n’avais à l’esprit ni Paris ni Londres. Jamais je n’aurais osé imaginer des destinations aussi audacieuses. Je voulais seulement franchir une frontière, n’importe laquelle.
Une année s’écoula après cette conversation. Un beau jour, notre directrice me convoqua : « Figure-toi que nous allons t’envoyer en Inde » me déclara-t-elle.
A l’issue de l’entretien, elle me remit un volume. Je lus le nom de l’auteur et le titre de l’ouvrage imprimés en lettres dorées : Hérodote. Histoires.

Grâce à son expérience et à sa sagesse, Hérodote m’a servi de guide. Nous avons voyagé ensemble pendant des années.
L’homme qui cesse de s’étonner est un être creux, son cœur est calciné. L’homme qui considère qu’il est arrivé au bout du chemin, que plus rien ne peut le surprendre, a perdu le joyau de la vie, sa beauté. Hérodote est l’antithèse de cet homme-là. Nomade actif, passionné, inlassable, bourré de projets, d’idées, il arpente sans cesse les chemins. ».

Je ne saurais trop vous recommander de lire ce livre et tout autant « Ebène ». Que vous soyez jusqu’ici attiré ou non attiré par l’Afrique, vous entrerez en lisant « Ebène » dans le monde magique du continent africain, à travers les découvertes de Kapuscinski. Fascinés, nous vivons à travers ses aventures les complexités, le charme, les traditions et l’histoire de l’Afrique.
Ce qu’il a vécu de dangers, – en particulier l’épisode de l’attaque par un cobra –de maladies, de régimes politiques en pleine effervescence, est inouï. Avec si peu de moyens matériels, il est parvenu à s’acquitter jusqu’au bout du rôle de reporter qu’il avait choisi.
Chapeau bas, M. Kapuscinski !

12. Zbigniew HERBERT (1924-1998)

On ne sait s’il convient de classer cet homme de lettres dans la poésie ou dans les écrivains philosophes, tant il laisse un travail remarquable dans l’un et l’autre domaine.

Zbigniew HERBERT est né en 1924 en Pologne.
Il a étudié durant la seconde guerre mondiale, dans une université secrète à Lwow, en même temps qu’il effectuait son service militaire dans l’armée nationale clandestine (Armia Krajowa). Après la guerre, c’est à l’Université Jagiellon de Cracovie qu’il fait des études d’économie, puis il termine par des études de droit à Torun.
Commençant en 1956 à écrire des poèmes, il sera vite reconnu comme l’un des poètes les plus brillants d’Europe. Ses œuvres prennent leurs sources dans la poésie antique.
Cependant, il fut également un brillant essayiste, auteur d’une trilogie méridionale, méditerranéenne et moderne. « Un barbare dans le jardin », Nature morte » et « Le labyrinthe près de la mer ».

Zbigniew Herbert a été fait chevalier de l’Ordre de l’Aigle blanc. Ajoutons qu’il a été proposé de son vivant pour le Prix Nobel de Littérature.
En 2008, le gouvernement polonais a décidé de commémorer le dixième anniversaire de la mort de ce brillant écrivain par une « année Zbigniew Herbert ».

Voici un petit extrait de son essai « Un barbare dans le jardin ». Il ne s’agit pas de n’importe quel barbare. C’est lui-même qu’il appelle ainsi (car il a le sens de l’auto-dérision), « barbare » venant d’autres contrées, citoyen venu des pays de l’Est dans les années 1960 pour découvrir puis faire partager sa fascination envers le jardin de la civilisation méditerranéenne, « barbare » raffiné s’il en est puisque son œuvre montre –en même temps qu’un humour exquis – une grande érudition dans le domaine de l’art, l’histoire et la culture des villes du sud français et de l’Italie pour lesquelles il se passionne. Il débute ainsi son chapitre consacré aux Albigeois :
« Quand on voyage dans le midi de la France, on tombe à chaque pas sur des traces des Albigeois. Des traces insignifiantes, des ruines, des ossements, une légende.
J’ai assisté à une discussion entre des professeurs érudits qui se prenaient aux cheveux – à leurs cheveux d’érudits – à propos des Albigeois justement. La question des Albigeois est certainement l’un des points les plus controversés des études médiévales contemporaines. Aussi vaut-il sans doute la peine d’examiner de plus près cette hérésie, qui fut extirpée au milieu du XIIIème siècle. Ce fait a un lien direct avec l’établissement du royaume de France sur les ruines du comté de Toulouse. Le jour où les bûchers de Montségur s’éteignirent marqua l’affermissement de la grande puissance des Francs. Au cœur de l’Europe chrétienne se vit détruire une civilisation florissante au sein de laquelle s’accomplissait une synthèse importante d’éléments venus d’Orient et d’Occident… »

Autre aperçu de son talent littéraire : la poésie.
Zbigniew Herbert a écrit un recueil de poèmes appelé « Pan Cogito » (M. Cogito).
C’est le grand poète Czeslaw Milosz, prix Nobel, qui a traduit quelques-uns de ses poèmes en anglais – dont le poème suivant : « Kamyk »

KAMYK

Kamyk jest stworzeniem
Doskonalym
Rowny samemu sobie
Pilnujacy swych granic
Wyperlniony dokladnie
Kamiennym sensem
O zapachu ktory niczego nie przypomina
Niczego nie ploszy nie budzi pozadania
Jego zapal i chlod
Sa sluszne i pelne godnosci
Czuje ciezki wyrzut
Kiedy go trzymam w dloni
I cialo jego szlachetne
Przenika falszywe cieplo

PEBBLE

The pebble
Is a perfect creature
Equal to itself
Mindful of its limits
Filled exactly
With a pebbly meaning
With a scent which does not
remind one of anything
Does not frighten anything away
does not arouse desire
Its ardour and coldness
Are just and full of dignity
I feel a heavy remorse
When I hold it in my hand
And its noble body
Is permeated by false warmth.
– Pebbles cannot be tamed
to the end they will look at us
with a calm and very clear eye.

LE CAILLOU
Le caillou
Est une créature parfaite
Egale à elle-même
Consciente de ses limites
Remplie exactement
D’une signification de caillou
Sa senteur ne nous rappelle
Pas quelque chose d’autre
Ne nous cause aucun effroi
N’éveille aucun désir
Son ardeur et sa froideur
Sont pleines de justesse et dignité.
Je ressens un lourd remords
Quand je le tiens dans ma main
Et que son noble corps
Est traversé d’une trompeuse chaleur.
– Les cailloux ne peuvent pas être apprivoisés
Jusqu’au bout ils vont nous regarder
D’un œil calme et si clair.

Chers lecteurs, ce bref aperçu de la littérature polonaise se termine. Evidemment, il y en aurait des centaines à rajouter.
Mais très probablement, cette modeste présentation n’a fait que vous confirmer que la Pologne possède une littérature « ancienne, si riche et si brillante – et pourtant si méconnue » comme le déclarait Sienkiewicz, car vous le saviez déjà, n’est-ce pas ?

Nous tous, innombrables Français qui avons des racines ou autres liens avec la Pologne, pourquoi ne donnons-nous pas la place qu’elle mérite à la Culture polonaise ? Lisons les écrivains polonais et faisons-les connaître autour de nous ; parlons de ses peintres, ses cinéastes, ses musiciens, ses héros et ses savants ; ne laissons pas la Culture polonaise être si dépréciée, ignorée en France.

Quittons-nous sur une note légère.De même que la présentation des peintres polonais se terminait par quelques dessinateurs de bandes dessinées, pourquoi ne pas terminer la littérature polonaise par un scénariste humoriste de B.D. cette fois.
Et quelle B.D. : le fameux Astérix !
Vous saviez sans doute que ce personnage est dessiné par Uderzo, dessinateur d’origine italienne. Et que celui qui écrivait le texte était René Goscinny.
Ce dernier, né à Paris, était fils de Polonais émigrés en Amérique du Sud.
(le mot « goscinny » en polonais veut dire « accueillant », de Gosc : l’invité).

N’est-ce pas charmant de voir que c’est l’association de deux fils d’émigrés qui a donné naissance à ce fameux ancêtre gaulois ? C’est cela l’Europe.

HERMINE

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Catégories : 4 - Littérature | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “La Littérature Polonaise (en prose)

  1. Fossurier

    Bonjour !

    Merci pour votre précieux site. Je vous contacte à tout hasard, même si je sais que cet article date de 2012. Je suis actuellement étudiant en Master d’Histoire à l’Université Paris Sorbonne et j’effectue des recherches sur les légions polonaises de Napoléon. Pour cette raison, je suis désespérément à la recherche d’une version si possible française des Cendres de Stefan Zeromsky que vous évoquez dans cet article. Auriez-vous, par hasard, une idée de la façon avec laquelle je pourrais me la procurer ?

    Merci beaucoup,

    Bien cordialement,

    Roman Fossurier.

    • Bonjour,
      S’il existe une version française (et je le souhaite car « Cendres » de Stefan Zeromski est un pur chef-d’oeuvre et il apporte un éclairage exceptionnel sur les troupes polonaises combattant avec Napoléon), vous devriez le trouver à la Librairie Polonaise de Paris, boulevard Saint-Germain. Je me renseigne de mon côté et vous recontacte. Cordialement.
      Hermine.

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