GDANSK, la «Perle de la Baltique»

J’avais évoqué en quelques lignes notre passage dans la ville de Gdansk, dans un précédent compte-rendu de séjour en Pologne du Nord. Cependant, il m’est apparu que ce serait vraiment manquer de respect à cette splendide ville que de ne lui consacrer qu’un bref paragraphe. Les beautés de son architecture, la richesse de son passé justifieraient des pages de narration. Aussi, permettez-moi de vous présenter, après Varsovie chantée par Neruda, après Cracovie- la- Royale, la ville de Gdansk surnommée depuis fort longtemps « La Perle de la Baltique ». ..
Gdansk (de son ancien nom Dantzig), la plus grande ville portuaire de Pologne, a un passé particulièrement tumultueux en même temps que prestigieux.

C’est une ville d’histoire millénaire. Dans l’Antiquité, Ptolémée parlait déjà de la Baie de Gdansk comme le lieu d’exploitation de l’ambre, que les navires romains atteignaient pour faire du commerce. Les bateaux pouvaient accéder à la baie de Gdansk aussi bien par la mer Baltique que par l’intérieur, descendant le fleuve jusqu’à l’embouchure de la Vistule.

L’ambre de la Baltique serait chargé de légendes et de mystères car il contient la « lumière du monde », cet ambre que les riverains de la Mer baltique surnomment encore aujourd’hui « les larmes des oiseaux de mer ». Les hommes ont toujours été fascinés par l’ambre auquel ils ont très tôt, attribué des pouvoirs magiques et quasi divins.
Située au carrefour des voies commerciales importantes, la ville est devenue un lieu de rencontre des cultures, des nationalités et des religions différentes. Des fouilles archéologiques ont permis de retrouver près de Gdansk des pièces de monnaie arabe datant des 8ème et 9ème siècles. C’est que la « route de l’ambre » traversait toute l’Europe pour atteindre la Baltique et partait également vers l’Asie.

Un peu avant l’an mille, lorsque Mieszko 1er, chef de la tribu des Polanes, et son fils Boleslaw fondèrent un Etat de Pologne dont ils furent les premiers rois, cette région de Poméranie habitée par la tribu slave des Cachoubes fut placée sous la souveraineté des rois de Pologne. Ces premiers rois eurent recours, pour christianiser les habitants de cette contrée, aux bons soins de celui qui deviendra le premier saint-patron de la Pologne, Saint Wojciech (appelé aussi St-Adalbert), l’évêque de Prague.
Au 12ème siècle, la division féodale du pays donna son indépendance à la dynastie locale qui se donna Gdansk pour capitale. L’ordre cistercien s’installa dans la ville voisine d’Oliwa, tandis que les moines dominicains vinrent s’installer à Gdansk. Le bourg s’étendit, devenant une principauté sous l’autorité de la dynastie slave des ducs de Poméranie.

Ces premiers épisodes illustrent déjà la destinée chaotique de Gdansk qui fut par la suite à plusieurs reprises « ville libre », entre les périodes où elle devenait tantôt polonaise, tantôt prussienne.

Mais une longue période de conflits s’installa au 13ème siècle avec les invasions des belliqueux  chevaliers teutoniques, venus d’Allemagne, à la recherche de nouveaux territoires vers l’Est. Ces moines-soldats causèrent des massacres après leur entrée en Poméranie en 1252. Leur occupation de la région dura environ 150 ans, s’achevant seulement au 15ème siècle après la retentissante bataille de Grunwald remportée par les Polonais sur les chevaliers teutoniques.

En rejoignant la Ligue Hanséatique en 1361, Gdansk faisait du commerce sa principale source de richesse. La Hanse, cette puissante Union commerciale des pays riverains de la Baltique, contribuait fortement au développement du pays. L’architecture de la Cité, depuis, trahit l’influence flamande et témoigne des liens étroits de cette région avec la Hollande.

On peut parler alors « d’âge d’or » de Gdansk. Le port accueillait des bateaux qui alimentaient toute l’Europe en blé polonais et ukrainien, en pins lituaniens qui partaient vers l’Angleterre et la Hollande. L’ambiance de tolérance et la richesse résultant du commerce ont déclenché le développement des sciences et des arts. La ville s’embellissait et abritait nombre de savants et d’artistes. L’astronome Jan Heweliusz travaillait à Gdansk, ainsi que Fahrenheit, l’inventeur du thermomètre.

Malgré son esprit d’indépendance, la ville restait fidèle à la couronne polonaise, face aux menaces extérieures. Ainsi en 1733, elle soutint vaillamment le roi légitime Stanislas Leszczynski, chassé de son trône par les Russes qui imposèrent par la violence un roi Saxon.

Le partage de la Pologne, à la fin du 18ème siècle, entraîna une période de décadence pour Gdansk, (même si Napoléon lui accorda de façon éphémère le statut de ville libre). Toute la Poméranie tomba sous l’occupation de la Prusse, elle fut fortement germanisée.

Puis à nouveau « ville libre » en 1919, lorsque la Pologne redevint un Etat indépendant, elle fut menacée dès qu’Hitler vint au pouvoir. Elle fut en effet la première victime de l’invasion allemande le 1er septembre 1939. La terrible seconde guerre mondiale commença ici par l’attaque de la citadelle de Westerplatte. Vision apocalyptique s’il en est : pendant que la propagande de guerre allemande diffusa des images de la magnifique cavalerie polonaise  écrasée  par les chars d’assaut allemands, la citadelle  se défendit longtemps et ne se rendit que  le 10 octobre 1939…

A l’issue de cette guerre, le magnifique quartier historique fut détruit à presque 90 % comme celui de Varsovie.

On a du mal à le croire lorsqu’on se promène aujourd’hui dans la vieille ville ressuscitée. En effet, aussitôt après la guerre, tandis que les survivants allemands s’enfuyaient, la reconstruction commença dès 1949 et dura 20 ans.

Il n’existe pas d’autre lieu en Europe où une zone historique aussi grande fut reconstruite, pierre après pierre, avec une telle fidélité. Et c’est une bien belle promenade que Gdansk nous invite à faire dans ses rues et ruelles.

La ville historique a gardé son plan du 14ème siècle, organisé autour du Rynek médiéval et d’une artère centrale, la Rue Longue (Ulica Dluga) appelée aussi « Voie Royale » car tous les cortèges royaux l’empruntaient dès que le souverain séjournait dans la Cité.

Nous entrerons donc nous aussi par la Porte d’Or (Zlota Brama), datant de 1612.

C’est une sorte d’Arc de Triomphe surmonté de huit statues allégoriques (la Paix, la Liberté, la Richesse et la Gloire, la Sagesse, la Piété, la Justice et la Concorde).

Le beffroi de l’hôtel de ville, haut de 82 m, domine la ville, orné d’une statue dorée du roi Zygmunt-August, grandeur nature.  Gdansk séduit par le charme de ses ruelles, comme la pittoresque rue Mariacka.

L’hôtel de ville mêle l’architecture gothique et Renaissance. Il abrite le musée de l’histoire de Gdansk. On y entre par un portail baroque décoré de deux lions qui regardent la Porte d’Or comme s’ils attendaient l’arrivée du roi.
A l’intérieur, les salles d’apparat ont retrouvé leur décor d’origine. La salle rouge, où se réunissait autrefois le Conseil des échevins, conçue au 16ème siècle dans le goût maniériste hollandais, contient  un tableau représentant « le rattachement de Gdansk à la Pologne », œuvre d’Isaac van den Block, peintre de la dynastie d’artistes flamands.

Vous vous demandez – considérant les destructions de la guerre – si ce décor est authentique ? Absolument : grâce à des habitants avisés qui l’avaient démonté en 1942 et mis à l’abri hors de la ville, il a pu retrouver son ancienne place, intact !
(Ces initiatives prévoyantes des habitants de Gdansk furent fréquentes, comme à Varsovie, et ont permis de sauver des œuvres d’Art les plus précieuses ou bien de reconstruire en incorporant beaucoup de fragments authentiques.)

Et nous voici arrivés devant l’un des plus vieux monuments civils de Pologne, particulièrement charmant du reste :

La Fontaine de Neptune, élevée entre 1606 et 1613. La statue du dieu au trident est un bronze de Peter Husen, autre artiste flamand.

Selon la légende, par une nuit enchantée, c’est de la wodka qui se mit à jaillir du trident de Neptune (la fameuse wodka de Gdansk qui porte le nom de Goldwasser, naturellement).

Derrière la fontaine se dresse la Maison d’Artus où l’élite des marchands tenait ses réunions et banquets au 15ème siècle, sur le modèle de la légendaire Table Ronde des Chevaliers du Roi Arthur.  Ce fut pendant des siècles, le cœur du négoce de la cité. A l’intérieur, avec de nombreuses œuvres d’art rassemblées par les confréries marchandes et des maquettes de bateau,  se  trouve un gigantesque poêle de faïence de la Renaissance, haut de 10 m et particulièrement somptueux, avec ses ornements représentant des dirigeants et des figures allégoriques.
Lui aussi fut soigneusement démonté en 1943 par des habitants dévoués qui le cachèrent jusqu’à la fin de la guerre.

Nous atteignons à présent la Maison Dorée (Zlota Kamienica) œuvre de Johan Voigt réalisée en 1618, demeure la plus richement décorée de la ville. La Porte Verte ‘Zielona Brama » termine la Voie royale.

Derrière, coula la Motlawa. Jadis, des centaines de voiliers venaient charger et décharger leurs marchandises, entreposées dans les caves des maisons bourgeoises et dans les greniers. Maintenant, c’est une promenade bordée de cafés pittoresques, de galeries d’Art et de boutiques d’ambre. En suivant le quai vers le Nord, on atteint la Porte du Saint-Esprit puis la fameuse Grue de Gdansk (Zuraw Gdanski), la plus grande grue de l’Europe médiévale, construite au 15ème siècle, pour le chargement de lourdes cargaisons. Les roues « à écureuil » étaient actionnées par des hommes qui marchaient sur la circonférence interne des roues.
Ce mécanisme pouvait soulever des charges de 2 tonnes.

Au centre de la ville, l’Eglise Notre-Dame, avec ses 105 m de long sur 66 m de large, est la plus grande église en brique au monde. Elle peut accueillir facilement 25.000 personnes. Commencée en 1343, elle fut agrandie en 1502. Là aussi, la prévoyance des habitants de la ville ayant mis en lieu sûr les objets les plus précieux, nous pouvons les admirer encore aujourd’hui. L’intérieur de l’église est étonnamment bien éclairé naturellement.
On y trouve un extraordinaire orgue baroque.

Et dans l’une des chapelles une réplique (l’original est soigneusement conservé au Musée) du « Jugement dernier » de Memling.
(Légende ou non, il paraît que même le tsar Pierre le Grand , invité une fois à Gdansk et subjugué par ce tableau magnifique, aurait rêvé de se l’approprier).

Célèbre aussi, l’horloge astronomique se distingue par sa taille et sa rareté. Cette œuvre, réalisée par Hans Düringer vers 1460, était à sa construction la plus haute horloge du monde (14 m). Après quelques réparations, l’horloge affiche à nouveau l’heure et anime son théâtre d’automates lorsqu’elle sonne.

Le Grand Arsenal, joyau architectural du début du 17ème siècle, traduit, comme bien des bâtiments de Gdansk, la forte influence des Pays-Bas.

La statue équestre de Jan Sobieski, roi de Pologne au 17ème siècle, vainqueur sur les Turcs à Vienne, témoigne de l’attachement des habitants de Gdansk à l’Histoire de la Pologne tout au long de ses tumultueux évènements.
Enfin, en arrivant devant l’église Sainte-Brigitte, c’est le passé très récent de Gdansk et de la Pologne qui  réapparait : Cette église contient la tombe du prêtre Popieluszko, assassiné au moment de l’épisode Solidarnosc. Ce prêtre engagé dans la lutte du syndicat fut assassiné et son cadavre torturé fut retrouvé dans une rivière. La barrière en fer forgé qui entoure l’autel décrit l’histoire de l’emblème national polonais, l’Aigle Blanc, des origines à nos jours.

Sur les traces des évènements Solidarnosc, on s’arrêtera aussi devant le  monument aux ouvriers des chantiers navals tombés lors des émeutes et des grèves qui secouèrent la Pologne pendant l’été 1980. Rappelons-le, c’est ici que s’illustra un petit électricien syndicaliste, Lech Walesa, devenu célèbre en combattant contre le pouvoir en place : il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1983 puis fut élu Président de la République  quelques années plus tard. Situé à l’entrée du chantier naval de Gdansk se dressent trois croix métalliques. L’une des plaques porte un extrait d’un poème de Czeslaw Milosz (écrivain polonais Prix Nobel de Littérature en 1980) :


« Toi qui as trompé un homme simple
Eclatant de rire devant ses souffrances
Ne t’imagine pas en sécurité
Le poète se souvient
Tu peux le tuer, un autre entrera
Paroles et actes seront consignées par écrit ».

Nous ne quitterons pas Gdansk sans aller découvrir la cathédrale d’Oliwa dans le faubourg Nord-Ouest de Gdansk, à quelques kilomètres du Centre Historique.

Oliwa entre dans l’histoire il y a huit siècles quand les ducs de Poméranie invitèrent les Cisterciens à s’y installer en 1186. La ville tient son nom d’une légende qui relate qu’un prince eut un accident de chasse dans la forêt. Un ermite le trouva et le soigna. Pendant son sommeil, il vit un ange qui lui tendait une branche d’olivier. Une fois guéri, le prince décida de donner le nom d’Oliwa à ce lieu et fit construire une église à l’emplacement de la cabane de l’ermite.  L’originalité de la cathédrale tient d’abord à ses proportions surprenantes et à son autel Renaissance en chêne sculpté. La stèle de marbre de 1613 marque l’endroit où ont été ensevelis les ducs de Poméranie.

Cependant, le joyau du lieu est l’orgue de 8000 tuyaux, commencé en 1763, réputé pour sa sonorité et ses anges mécaniques qui jouent de la trompette.

Après toutes ces nourritures spirituelles, nous avons besoin de nous restaurer et reposer nos pieds épuisés. Les endroits charmants ne manquent pas, tant dans les vieux quartiers ou à proximité de la mer, pour tous les budgets.  Le restaurant « Pod Lososiem » (Au Saumon) est réputé pour sa cuisine. D’autres offrent de superbes ambiances gothiques ou Renaissance où, l’espace d’un repas, vous ne saurez plus si vous n’êtes pas par hasard revenus quelques siècles en arrière et si vous n’allez pas voir s’engouffrer un groupe cosmopolite de marchands de la Hanse en vêtements pittoresques.

S’il nous reste encore une journée, nous pouvons changer d’ambiance en nous rendant dans la station balnéaire toute proche de Sopot. Sopot fut depuis le 19ème siècle fréquentée par la haute société. Elle en garde de belles villas et une atmosphère particulière de lieu privilégié au charme suranné et nonchalant qui flotte au milieu des flots de touristes, particulièrement nombreux au moment du festival de la musique et de la chanson.

Un peu plus loin, complétant l’ensemble des trois-villes, Gdynia, est une ville portuaire récente. On s’y arrêtera pour admirer les deux bateaux-musées amarrés le long de la jetée : la frégate trois-mats « Dar Pomorza », construit à Hambourg en 1909, et le destroyer « Blyskawica »(l’éclair).

Au Sud de Gdansk s’étend la Cachoubie, parsemée de lacs post-glaciaires.

Tout aussi pittoresques en sont les habitants, lointains descendants d’une tribu slave. A travers les siècles, ils ont conservé tranquillement leur identité ethnique qui s’exprime dans leur Culture, leur artisanat, leur architecture et leur langue (sensiblement différente du polonais, surtout à l’écrit).

Dans un  charmant petit restaurant du bord de mer, n’avons-nous pas découvert cette inscription malicieuse :   « Pas de Cachoubie sans Pologne   et pas de Pologne sans Cachoubie. »

La devise pourrait s’appliquer tout autant à Gdansk elle-même, tant il apparaît que cette cité si originale par son architecture, si différente en apparence de Cracovie et des autres villes polonaises, a vécu cependant tous les évènements historiques de la Pologne, souvent en première ligne (et nombreux sont les habitants de Gdansk qui sont morts héroïquement pour que vive la Pologne).

Nous pourrions visiter encore longtemps les richesses de cette cité millénaire mais je vous laisse reprendre souffle dans l’un de ces accueillants cafés, face à la mer, respirant l’air du large, tandis que le soleil se couche et que la pénombre commence à recouvrir les monuments, les palais hanséatiques et les tours de la vieille cité de l’ambre.

En définitive, la « Perle de la Baltique » ne vous semble-t-elle pas digne d’être découverte ?

Si je vous pose cette question à brûle-pourpoint, c’est que j’ai eu tout récemment la surprise de voir par hasard le programme d’une croisière dite « hanséatique » organisée par un bon vieux journal français. Cette croisière faisait escale dans TOUS les pays entourant la Baltique et faisant partie de l’ancienne Hanse, (pays  soigneusement cités dans l’article jouxtant la carte du circuit). Tous… sauf  la Pologne. Pas la moindre escale à Gdansk…

Fort étonnée, j’osai demander – le plus ingénument du monde – au respectable journal si la Pologne avait été, à nouveau, rayée de la carte, sans que je l’eusse appris. Le bon vieux journal me répondit que, s’agissant d’une croisière « littéraire », les organisateurs avaient forcément fait une sélection.

Je ne compris pas davantage : La Pologne mériterait donc moins que tous ses voisins de figurer dans une croisière « littéraire » ?

Je crus bon de combler l’apparente ignorance des organisateurs en leur livrant un léger aperçu de la littérature polonaise : Plusieurs Prix Nobel de littérature comme Sienkiewicz l’auteur de « Quo Vadis », Ladislas Reymont l’auteur de « l’apostolat du knout », Milosz l’auteur de « la pensée captive », la poétesse Wislawa Szymborska.
Je complétai la liste par quelques menus écrivains d’hier et d’aujourd’hui comme Witold Gombrowicz, Kantor, Jean Potocki le précurseur de la littérature fantastique avec son « Manuscrit retrouvé à Saragosse », le poète romantique Mickiewicz, Josef Konrad, Cyprian Norwid,  Slawomir Mrozek avec sa célèbre pièce « Tango », Stanislas Lem l’auteur de « Solaris », etc…(pour ne citer pêle-mêle que les mondialement connus).
(En ce qui concerne Gdansk en particulier, le célèbre Gunter Grass qui y est né d’un père allemand et d’une mère cachoube, a beaucoup évoqué sa ville natale dans son roman « le Tambour »).

Le bon vieux journal a dû trouver que mon audace dépassait les bornes car il ne me gratifia plus de la moindre réponse…

Bah ! me direz-vous. Ce n’est pas la première ni la dernière fois que la Pologne est ainsi ignorée. Avez-vous vu la récente série télévisée historique « Apocalypse », qui relatait les faits militaires de la dernière guerre ? Je ne l’ai pas regardée mais de nombreux amis ont été choqués de constater que ce documentaire ne comportait pas la moindre allusion à la présence et au courage des Polonais qui combattaient et mouraient aux côtés des alliés. Oubliés… disparus de la grande Histoire…

Surtout n’allez pas croire que j’ai un quelconque goût pour la polémique, bien au contraire. Simplement, il y a des « oublis » si surprenants qu’ils méritent d’être notés.

Nous n’allons pas nous quitter sur une note acide. Séparons-nous plutôt sur une charmante légende de Gdansk. Vos yeux brillaient à chaque fois que nous longions les innombrables bijouteries d’ambre de la ville, ne protestez pas. Vous avez fait d’ailleurs provision de bagues, pendentifs, boucles d’oreilles, jeux d’échecs, talismans divers pour vous et pour offrir à vos proches (car l’ambre porte bonheur).
Et il y en aura pour tous les goûts, les tons de l’ambre variant depuis la teinte très pâle du miel, jusqu’aux bruns plus profonds et parfois verdâtres.

Depuis au moins 12.000 ans, dit-on, l’ambre, poli et taillé, est mêlé à l’argent pour en confectionner les bijoux. Par ailleurs, l’ambre aurait des vertus médicinales et elle est même vendue à Gdansk comme ingrédient de crèmes de beauté. L’ambre est la « pierre précieuse » de la Baltique (même si ce n’est pas une pierre mais de la résine fossilisée qui s’est formée il y a environ 50 millions d’années).

Voici donc l’une des légendes (la plus courte) se rapportant à l’ambre :

Phaéton, fils du Dieu du Soleil, Hélios, rêvait de conduire le char solaire mais encore jeune, il manquait d’expérience. Un matin, il se leva très tôt, avant son père, bondit sur le char et fila dans les cieux. Il voulait mener l’engin d’est en ouest, comme il l’avait appris. Les chevaux sentirent cependant très vite son manque d’assurance.
Soit il se rapprochait trop de la terre, soit il s’éloignait profondément dans les cieux. Hélios, en se réveillant, prit conscience que la terre était en danger. Ivre de rage, il tua son fils en le frappant par la foudre. Le cadavre de Phaéton tomba dans un fleuve mystérieux appelé Eridan. Les sœurs de Phaéton pleurèrent beaucoup, désespérées d’avoir perdu leur frère bien-aimé. Leurs larmes donnèrent alors naissance à l’ambre…

Des légendes autour de Gdansk, il y en a de fort belles. Aussi, dans la rubrique de ce site « Légendes de la Pologne », vous pourrez lire bientôt, si le cœur vous en dit, à côté des légendes de Cracovie, les légendes de la Baltique, et celles de Silésie.

A bientôt, si vous le voulez bien.

Hermine

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Catégories : 3 - Récits de Voyage | Un commentaire

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Une réflexion sur “GDANSK, la «Perle de la Baltique»

  1. Monika

    Superbe article! Hâte de découvrir les autres! Merci

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